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24 February 2017 @ 07:05 am

Le Lupa Capitolina, précédé de son escorte, perdait rapidement de son altitude dans l'atmosphère raréfiée de Mars. Le gubernator Marcus Quintillius Severus avait pris le flanc de Pavonis Mons en ligne de mire ; d'une manœuvre experte, il obliqua sur sa droite à moins de dix stades, suivant les consignes du consul. Le convoi décéléra à moins d'un arpent d'altitude, rasant la plaine de basalte poussiéreux, puis se posa à l'abri d'un fossé d'effondrement, protégée par l'essaim de ses chasseurs. Bien qu'aucun signe de l'ennemi ne se fut manifesté, les mains des balistaires restaient crispées sur les poignées de leurs canons à plasma, prêts à faire feu. Sur la passerelle, après avoir reçu les rapports de ses officiers, le magister Octavien Pulcher s'empara de l'intercom.
" Honoré consul, tout est net, le terrain est dégagé. "
Dans les entrailles du grand astronef de guerre, le vieux conquérant, une nouvelle fois, se retourna vers ses hommes. Certains étaient des vétérans de ses anciennes campagnes, certains l'avaient connu du temps où son crâne, encore, s'ornait de cheveux drus et noirs.
" Le temps est venu, maintenant, de porter le fer de nos gladii dans les entrailles de nos ennemis. La vengeance aura le goût du sang, ces êtes immondes regretteront d'avoir jamais foulé le sol sacré de notre Terre, et sur cette planète où ils ont imprudemment établi leur base, sur cette planète qui porte le nom du dieu de la guerre, nous leur montrerons aujourd'hui que nous, fils de la louve, savons ce qu'est la guerre ! Au nom du Sénat et du peuple de Rome, messieurs, à vos casques !
- Ave, Caesar ! Ave, Caesar ! "
Le vieux général joignit le geste à la parole et verrouilla son heaume à son exosquelette TB-38J, et lorsqu'il fut sûr que tous ses trois-cent grognards étaient harnachés de la sorte, il donna l'ordre qu'on ouvrit le sas. Le sol brun du plateau de Tarsis apparut, puis l'horizon dantesque, dominé par les volcans géants endormis depuis des éons. Serrant contre lui sa lance à protons, Caius Julius Caesar, le plus glorieux fils de la cité éternelle, prit la tête du détachement et descendit la large rampe.
" Première centurie, prenez position le long du fossé, deuxième centurie, couvrez vos camarades, troisième centurie, restez en retrait. Déployez-vous rapidement, le camp retranché doit être monté avant la nuit. "
Soudain, alors que tout semblait se dérouler comme prévu, le sable se souleva à quelques pas du grand commandant. Toujours alerte malgré son âge, il déchargea son arme contre ce qui sembla, de prime abord, être un tuyau large comme une cuisse d'homme. Un tuyau au bout duquel , furieuse, crachait une tête hideuse, reptilienne, garnie de trois rangées de dents aiguës. A moitié carbonisée, la bête semblait mourante. Mais aussitôt, un autre mouvement se dessina sous la poussière, puis un autre juste à côté, et deux têtes jumelles jaillirent du sol. Les tirs de la garde rapprochée de César les fauchèrent tout aussi vite, mais partout autour du vaisseau, de nouvelles têtes apparaissaient, parfois suivies d'un corps serpentin et fuselé, rassemblant plusieurs cous, plusieurs têtes... Et bientôt, ce fut au tour de ces monstres, dont certains dépassaient les vingt pas de long, de moissonner les vies des premiers légionnaires. Certains, imprudents, s'étaient éloignés de leur manipule, d'autres, impressionnables, avaient tenté de fuir, d'autres enfin avaient succombé au nombre, et à l'infernale thermie que crachaient les gueules répugnantes. Il en venait maintenant de partout. Il avait semblé un temps à César qu'il aurait pu triompher une nouvelle fois, mais il comprit vite que tout espoir était perdu, et qu'il lui fallait d'urgence rembarquer ses troupes. Il était tombé dans un guet-apens ! Il s'apprêta à donner l'ordre de repli, assignant à certains hommes la tâche de se sacrifier pour assurer la survie des autres. Il n'en eut pas le temps ; la tête d'une créature, particulièrement massive, surgit derrière lui. Dans l'air ténu de Mars, il ne l'entendit pas. Le grand conquérant ne se sentit pas mourir, son corps tomba sur le régolithe, décapité d'un coup de dent. C'était pas faute de le prévenir, il aurait dû se méfier des hydres de Mars.




Bon, alors tout d'abord, gardons à l'esprit >> la présomption d'innocence <<, cependant, on ne peut pas s'empêcher de considérer la remarquable continuité d'un quinquennat, depuis de pompes de la chancelière Allemande jusqu'au léchage de cul du garde du corps d'un dealer de banlieue.

Néanmoins, en prenant un peu de hauteur, on peut quand même trouver matière à se réjouir de cette histoire. Car elle prouve que non, il n'y a pas de fatalité sociale. Non, la jeunesse des banlieues n'est pas condamnée à "tenir les murs", à la violence gratuite, aux petits larcins et au trafic de cannabis. Oui, il est possible de s'en sortir, pour finir par commettre des crimes de blanc, comme le détournement de fonds publics. Bravo Théo, tu es un exemple !
 
 
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23 February 2017 @ 06:48 am
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Fashionaliste. Parce qu'on peut avoir des idées bien arrêtées et une pochette bien assortie.
 
 
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22 February 2017 @ 07:10 am

" Nous recevons donc ce soir Francis Micron, candidat du Mouvement pour une Démocratie Républicaine de Progrès, qui va nous exposer brièvement son programme.
- Merci, Jean-Nyogtha. Pourquoi ma candidature, me demanderez-vous. Eh bien, depuis trop longtemps, j'entends monter du pays, du pays profond, du pays vrai, une aspiration à une autre parole, une aspiration à un autre destin. Et par-delà les formules à l'emporte-pièce des autres candidats, par-delà la langue de bois et les phrases convenues, je pense qu'il est temps d'apporter enfin à la politique française un peu de parler vrai. Il est temps de rejeter les recettes du passé, les fausses solutions, les faux problèmes, et c'est pour cette raison que je l'affirme sans détour : oui, je suis le candidat du système. Mon programme s'articu...
- Excusez-moi, vous voulez dire, le candidat anti-système ?
- Non, le candidat du système. Mon programme s'articule autour de cinq points. Premièrement, le retour au plein...
- Attendez, attendez, je crois qu'il y a une confusion. Vous êtes le candidat de quoi ?
- Du système.
- Vous êtes sûr ? Vous n'êtes pas le candidat "qui lutte contre le système" ?
- Absolument. Attendez, j'ai fait normale sup et l'ENA, j'ai bossé huit ans chez Massfrey, Lazars and Associates, je suis député-maire, j'ai tenu trois ministères dans deux gouvernements, j'aurais l'air un peu con de me présenter comme un candidat anti-système non ?
- Ben...
- Donc, en cinq points, numéro un, le plein emploi. Non parce que bon, déjà, ça va bien de dire que mon ennemi c'est la finance, mais c'est pas facile à tenir quand on sort d'une famille de banquiers. Et puis surtout, vous avez vu les caisses de L’État ? On est en faillite mon petit père, il nous faut du fric pour assurer les fins de mois, et qui c'est qui l'a, le fric ? Hein ? Eh oui, c'est la finance, donc du coup, non, je ne vais sûrement pas installer des taxes à la con sur les transactions financières, ni chasser le fraudeur fiscal, je ne suis pas complètement irresponsable. L'argent, je veux le faire rentrer, je ne veux pas le faire fuir.
- Euh...
- Et puis les écologistes c'est pareil. Ah, c'est vrai que l'air est pur une fois que les usines ont fermé et que plus personne n'a les moyens de se payer une voiture. Mais bon, j'ai quand même du mal à croire que le retour au XIXe siècle pré-industriel, avec papa qui trime dans les champs à la force des bras 12h par jour pendant que maman soigne la tuberculose de ces 8 gosses, c'est pas ma conception du progrès social. Mais allez expliquer ça à un con de gauchiste.
- Buh...
- Et puis la mondialisation, c'est horrible, c'est l'ennemi, ça détruit tout, mais bon, ceux qui disent ça, s'ils débarrassaient leurs baraques de tout ce qui vient de l'étranger, ils n'auraient plus ni télé, ni tablette, ni téléphone, du coup on les entendrait moins, ça serait pas dommage d'ailleurs. Bien, et donc pour en revenir à mon programme, le point numéro deux...
- Pompiers ! Pompiers ! Vite, je crois que monsieur Micron fait un AVC... "




Superbe reportage sur un phénomène rarement observé
par les naturalistes : l'éclosion d'une portée de chatons
 
 
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21 February 2017 @ 06:44 am
Et voici qu'après une vie de labeur servile, Anatole le canard décide soudainement de donner congé à son maître, et de repartir à tire d'aile vers le grand large, vers sa destinée de canard, vers la liberté, enfin, seule condition digne d'un noble oiseau tel que lui. Finie la vaisselle, fini le service, finies les heures à attendre, à l'office, le bon vouloir de tel ou tel, il repart vers le sud, Anatole, en chantant à tue-tête ! Et que chante-t-il au juste ? ♣♣♣♣


" Alors pour cette année, j'avais pensé à faire évoluer les costumes assez drastiquement. J'ai pris soin de faire réaliser une petite vidéo de présentation, alors vous voyez, c'est plus aéré, plus pratique pour les festivals en été...
- Nope.
- Non mais je vous demande de garder l'esprit ouvert...
- Yui, appelle les flics.
- OK OK OK, les sacs plastique, OK... "




Eh oui, vous l'aviez pas deviné, ce que chante ce canard enfin affranchi de la condition servile, c'est :
" Libéréééé
Des livrées... "
 
 
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20 February 2017 @ 06:30 am



Qu'est-ce qui touche des gages, qui porte une livrée, et qui fait coin-coin ? ♣♣


Eh oui, c'était un canard laquais. A demain pour la suite de la DTP.
 
 
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19 February 2017 @ 11:01 am
Y'a les pros. Y'a les semi-pros. Et puis y'a les amateurs.

Et puis y'a ton cousin Roger qui a un appareil photo.

>> Mais c'est pas une raison <<
 
 
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" ... Alors tout d'abord, permettez moi de vous remercier pour avoir pris cette commande, et surtout pour l'avoir honorée aussi rapidement.
- Mais c'était un honneur, monsieur le Gouverneur ! Vous imaginez, pour quelqu'un comme moi, un tel travail, c'est l'aboutissement d'une carrière ! L'assurance d'une postérité artistique. J'ai travaillé d'arrache-pied, sans prendre de repos depuis une semaine, et bien sûr, dans la plus totale discrétion.
- Et je vous en remercie, monsieur Laboustine-Chabrière. Avez-vous les épreuves ?
- Tout à fait, dans ce carton. Il s'agit de reproduction agrandies cinq fois, évidemment, les résultats finaux mesureront entre douze centimètres pour la cinq francs...
- Tut tut tut...
- Oui pardon, douze centimètres pour la plus petite de ces six "lithographies de poche à vocation didactique et commémorative éditées par la Banque de France dans un but tout à fait innocent", à dix-sept centimètres environ pour la plus grande.
- Exactement.
- Alors donc, j'ai choisi comme sujet une série de personnages historiques en situation, afin d'illustrer la longue histoire de notre beau pays.
- Quelle riche idée !
- Pour commencer, du plus petit au plus grand, on va dire comme ça, voici Louis IX. Symbole de justice, d'honnêteté et de continuité de l'idée nationale, j'ai jugé qu'en outre, politiquement, ce serait intéressant, dans le contexte actuel, de donner quelques motifs de satisfaction à la fraction traditionnelle de la population, qui n'a guère reçu, ces dernières années, beaucoup de gages de considération de la part de l’État.
- Délicate attention. Mais dites, votre Saint Louis, il n'est pas sous son chêne ?
- J'y ai pensé, mais ça faisait trop image d'Epinal. J'ai préféré le représenter à la tête de ses chevaliers, prenant Damiette lors de la 7e croisade. C'est plus original.
- Si vous le dites.
- Pour le dix, enfin, je veux dire, le suivant, j'ai pensé à Lyautey, figure plus moderne bien sûr, et emblématique de l'ouverture de la France sur le monde au XIXe siècle. Vous le voyez ici mener ses troupes à l'assaut de l'ouadi El-Zigouigoui, juché sur un dromadaire, sabre au clair. Ça plaira aux enfants.
- Moui...
- Ici nous avons l'illustration de l'esprit de sacrifice, avec l'image ô combien évocatrice de Rolland sonnant de l'olifant à Roncevaux. Et celle-ci, je l'aime particulièrement, c'est Bonaparte donnant la charge aux mamelouks à la bataille des Pyramides. Exotisme, exaltation de l'épopée napoléonienne...
- Je vois...
- Pour le cent, j'ai pensé à une figure contemporaine évoquant tout à la fois l'esprit d'aventure et la fidélité indéfectible à la République, le général Bigeard, ici patrouillant dans les Aurès avec son couvre-chef si typique des paras de l'époque.
- Ah oui, quand même... Dites-moi, ça me revient, vous n'étiez pas au Front National il y a quelques années ?
- Moi ? Mais jamais de la vie !
- Ah bon, vous me rassurez.
- Je n'ai rien à foutre avec ces pédales gauchistes. Et donc pour finir...
- Ah. Mais, c'est quoi ça ?
- Eh bien vous voyez, c'est Charles Martel à Poitiers. Regardez comme j'ai bien rendu l'impression du turban qui vole et du crâne qui éclate sous les coups de marteau.
- Et c'est supposé évoquer quoi ?
- L'envie de faire chier les arabes.
- Ah. Bon. C'est pas tout à fait ce que j'espérais mais on n'a pas le temps. Vous porterez ça vite fait à Chamallières, allez, vite vite vite... "

 
 
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17 February 2017 @ 06:51 am

" Alors tout d'abord John McWinnigs, merci de nous recevoir dans votre home studio.
- Merci à vous d'être venus, c'est toujours un plaisir.
- Mais vous en êtes un autre. Alors donc, John McWinnigis, leader des Suicide Criminals, vous vous préparez à sortir votre cinquième album déjà, comme le temps passe.
- Oui, c'est un album où j'ai mis beaucoup de moi, beaucoup de vécu, beaucoup de passion.
- Un album donc intitulé "I'll be happy when you die", contenant les titres "Phat bitch", "Liar", "The ballad of the dumb whore who slept with all the town", "Hate", "9mm", "Get the plague", "No mercy", "You won't get a cent" et l'instrumental de 14 minutes "Buried alive". Alors j'ai envie de vous demander, John McWinnigis, est-ce que pour la composition de cet album, vous avez été inspiré l'épreuve de votre récent divorce ?
- Pas du tout. "


Un réalisateur au chômage ? ♣♣♣


Bon, je dois faire amende honorable, l'affaire du petit Théo, c'était bien un cas scandaleux de violence policière, et pas du tout un coup monté comme je l'avais inféré un peu hardiment lors d'un précédent post. Oui, c'est innocemment que le petit Théo, 13 ans, s'en allait sur le chemin de l'école en galoches et en culottes courtes, quand soudain, il tombe dans le traquenard tenu par l'adjudant-chef Adolf von Hackenkreuz, assisté de son sbire le brigadier Benito de Torquemada-Sotomayor. La suite de ce récit révoltant dans >> Le Point <<


La réponse à la nullinette était : Roman Polemploi.
 
 
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16 February 2017 @ 07:00 am


Also :
 
 
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15 February 2017 @ 06:47 am
L'autre jour, afin de m'élever un peu au-dessus des diverses sottises qui hantent mon esprit, j'ai décidé de me cultiver un peu en allant voir la passionnante exposition consacrée à Hideyoshi Terasawa, le maître japonais de l'estampe du XVIIIe siècle. Explorant le monde flottant d'Edo sur les traces de Hokusai...


Oh, et merde...