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aspexplorer
17 mai 2008 @ 12:03
Je suis riche !  
Yoohoo ! J'ai trouvé 4 bons numéros à l'euromillions ! Champagne !

 
 
aspexplorer
17 mai 2008 @ 09:14
Al Quaida : le bêtisier  
Un bombardier, ça sert à bombarder, mais la
méthode, ici, comment dire... c'est freestyle...

 
 
aspexplorer
16 mai 2008 @ 07:20
Petite histoire débile  
Il était une fois un jardinier qui avait un beau jardin. Il était très fier de son jardin, de sa pelouse immaculée, des ses fleurs bien arrangées, de ses arbres aux solides racines.

Mais un jour apparut au milieu de son jardin une taupinière.

Puis une autre.

Et encore une autre.

Et bientôt, le jardin du jardinier se transforma en champ de cratères. Il devait agir avec énergie !

Mais comme il était un peu écolo, pas question d'aller chez le quincailler acheter de la mort-aux-rats. Au lieu de ça, il alla à la SPA pour trouver un prédateur des taupes. Son choix se porta sur un jeune furet teigneux appelé "Professionnel", parce que c'était, paraît-il, un vrai pro de la chasse. Il rentra chez lui, sa bête sous le bras, et lâcha le carnivore dans la nature.

Le lendemain matin, il retrouva la dépouille du pauvre animal, horriblement mordu et mutilé, sur son paillasson.

Glacé d'effroi, il retourna illico à la SPA afin de trouver plus robuste. Il jeta son dévolu sur un fox-terrier à poil dur du nom de "Semi-pro", un costaud, un vieux briscard. Il le lâcha le soir dans son jardinet, et alla se coucher.

Une heure plus tard, il fut tiré du lit par de pitoyables jappements. Sortant alors à toute vitesse, il retrouva son molosse tout tremblant dans un coin, griffé, mordu, et ayant vraisemblablement subi les derniers outrages.

Désemparé, notre jardinier retourna à la SPA et, avisant un vétérinaire, lui confia son désarroi.

" Ah, c'est extraordinaire ce que vous me dites ! Elles sont couillues, vos taupes.
- Je suis au désespoir...
- Soyez sans crainte, je crois que je peux vous aider. "

L'homme court dans l'arrière-boutique, et revient avec une toute petite boîte contenant un minuscule chaton.

" Ce petit bonhomme s'appelle Amateur, c'est la solution à vos problèmes.
- Quoi, c'est une plaisanterie ?
- Bon, c'est vrai que comme ça, il ne paie pas de mine, mais c'est un dur de dur, une vraie terreur, une brute, l'ange de la mort ! Essayez-le, vous allez voir, vous serez surpris. "

Le jardinier accepte. Avec quelque scrupule, le soir même, il libère le pauvre chaton tout mignon dans son terrible jardin. Toute la nuit, il est tenu éveillé par des bruits de lutte. Au matin, il sort dans son jardin, et là, devant ses yeux ébahis, s'offre un spectacle cauchemardesque.

Une pile de taupes ! Des taupes énormes, musculeuses, certaines vêtues de morceaux d'écorce en guise d'armure, d'autres armées des tessons de verre. Et toutes étaient mortes, portant des traces de griffure et de morsure. Et au pied du jardinier, le chaton tout mignon se léchait le derrière des oreilles, satisfait, avant de miauler doucement. Inutile de dire que le valeureux félin eut droit à une bonne gamelle de lait.

Moralité :

Amateur hardcore pussy taupeless.
 
 
aspexplorer
15 mai 2008 @ 23:29
La catin en RTF zippé  
J'ai enfin fini de relire tout ça (c'est long ce truc...), et donc maintenant, j'ai mis Morgoth en RTF zippé sur SLC/orange. Par contre, j'ai pas changé les HTML, j'ai juste uploadé le fichier.

C'est un peu technique, mais c'est là :

http://pagesperso-orange.fr/aspexplorer/catbae02.zip

 
 
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15 mai 2008 @ 07:02
En bref  
victime de l'anode

tel est son nom de code
 
 
aspexplorer
14 mai 2008 @ 07:21
Considération boursicole  
C'est étonnant comme en bourse, il y a des entreprises maudites. Par exemple, il y a Eurodisney, qui depuis quinze ans n'a jamais rapporté que des seaux de larmes à ses actionnaires (il est passé d'un maximum de 2360 euros à moins de 9 euros aujourd'hui, via un regroupement par 100). On peut aussi citer Bull, la honte de l'informatique Française, ou Alcatel, mieux connue sous le nom de "la daubasse", qui a trouvé le salut en s'alliant avec l'américain Lucent "la luciole infernale". A votre avis, est-ce qu'en attachant ensemble deux unijambistes, on fabrique un champion de course ?

Des fois, ce sont des secteurs entiers qui sont à éviter. Votre serviteur, par exemple, se garde depuis toujours, et avec succès, de mettre le moindre centime dans les éditeurs de jeux vidéo. La raison est la suivante : développer un jeu vidéo, ça demande des sommes invraisemblables. Le vendre, obtenir une bonne position dans le linéaire, est encore plus cher. Par ailleurs, dans le cas des consoles, il faut savoir que, aussi surprenant que ça puisse paraître, les éditeurs de jeu paient une redevance aux fabricants de console pour avoir le droit de développer dessus. Bien sûr, la redevance est fixe, c'est l'éditeur qui supporte le risque financier. Si jamais le jeu ne se vend pas, c'est beaucoup d'argent sorti, et rien qui rentre. Même un éditeur aux reins solides ne survit pas à trois ou quatre méventes de ce genre. Alors c'est vrai que des fois, une petite boite - appelons-la Blizzard pour fixer les esprits - fait un best-seller, son cours explose et ses actionnaires sont très contents. Mais le phénomène étant parfaitement aléatoire, il est illusoire de chercher à l'anticiper.

Les pharmaceutiques sont un peu dans le même cas. Imaginez que le laboratoire Tartempioz ai consacré 3 milliards de dollars à concevoir, à étudier et à commercialiser le Globuzal. Par bonheur, c'est un succès, ça se vend, les millions commencent à rentrer... et patatras, voilà qu'au fin fond du Wyoming, une obscure rombière se met à crever d'un anévrisme aortique qui peut être vaguement causé par un effet secondaire du Globuzal. Le lendemain, l'action Tartempioz se mange 40% dans la gueule. Ce genre de choses arrive tous les ans, même aux plus grosse pharmaceutiques. Comment l'anticiper ? Vous êtes biochimiste, vous ? Moi non, alors qu'ils se les gardent, leurs pilules de merde.

Voilà, faites-en ce que vous voulez.
 
 
aspexplorer
13 mai 2008 @ 07:17
Pour fêter avec faste la Sainte Rolande...  
la patronne des croupiers effeverescents, des papetiers carnivores et des vidéos connes, voici :

Une vidéo trop de geek :



Et dans le même genre, la lolvidéo la plus pourrie que je connaisse :

 
 
aspexplorer
12 mai 2008 @ 00:03
Zoologie  
Animal rare, farouche et mystérieux, le fennec rouge à queue annelée (fennechus aspexplorus billevesae) se rencontre principalement dans son habitat. Dernier représentant du sous-groupe des microbalanidés, cet animal se caractérise par sa mauvaise vue, son ouie déplorable et l'odeur de putréfaction dégagée par ses glandes anales, qui devient insupportable en période d'oestrus.


Jadis endémique à l'archipel de Mayotte-et-Futuna, le fennec rouge à queue annelée est aujourd'hui répandu dans l'essentiel de la Micronésie, dans les zones montagneuse du Cambodge et du Laos, sur le pourtour méridional du Golfe du Mexique et dans le Bas-Rhin. D'une agressivité légendaire, cet animal n'hésite pas à s'en prendre à l'homme, particulièrement en périphérie des agglomérations. En témoigne la surprenante mésaventure de cet employé du Muséum National d'Histoire Naturelle qui, voici trois ans, a été sauvagement agressé par un spécimen, pourtant naturalisé.


Depuis 2003, l'UNESCO a classé le fennec rouge à queue annelée au grade ME : espèce à éteindre.
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aspexplorer
11 mai 2008 @ 00:02
Au fait, Lucien Jeunesse est mort  
- Bonjour, et bienvenue au jeu des mille francs, aujourd'hui à Kaa'Jahr, riante petite cité au bord du Styx. Notre première candidate est Bernadette, que faites-vous dans la vie Bernadette ?


- Bonjoureu, je m'appelle Bernadette, j'ai 460 ans et je suis assistante dentaireu à la polyclinique de Kaa'Jahr.
- Que joli métier Bernadette. Vous allez affronter ce soir Jeannine, bonjour Jeannine.
- Bonjour Lucien.
- Présentez-vous Jeannine...


- Alors je m'appelle Jeannine Xl'plotchli, j'ai 823 ans et je suis caissière à la coop.
- Merci Jeannine, et nous allons commencer par une question bleue...
 
 
aspexplorer
10 mai 2008 @ 10:33
Mes couilles, le sujet !  


Bref, pour en revenir à l'immobilier (cf. post d'hier et discussion attenante), je vous soumets un petit texte auquel je souscris tout à fait.
 
 
aspexplorer
09 mai 2008 @ 09:02
Tiens, ce soir, c'est euromillions  
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir acheter avec mes 40 millions ?

 
 
aspexplorer
08 mai 2008 @ 00:15
Rions un peu avec Noos  
Pour pas vous emmerder, clic droit et
ouvrir dans une nouvelle fenêtre



Enfin, maintenant, on dit Numéricable, c'est comme l'UMP, c'est comme le RPR, avec les mêmes politiciens que le RPR, le même appareil que le RPR, les mêmes amis que le RPR, les mêmes locaux, le même financement... c'est juste qu'en changeant de nom, ils espèrent améliorer l'image (mais déjà à la base, noos, c'était pour effacer l'image déplorable de cybercâble).

Bref, les nooséeux m'envoient cette bafouille du dernier comique :

  1. Non, connard, je viens de résilier le téléphone qui n'a jamais marché et internet qui marche quand il veut.
  2. Ah, donc c'est du comique assumé ! D'accord, funny, bravo les gars, on se tient les côtes !
  3. Oui, vous avez bien lu, Numéricable a souhaité appliquer la loi. Yihaa...
  4. Il s'agit d'un fascicule de 11 pages écrites en pattes de drosophiles naines, avec que du blabla légal dedans.
  5. Ce n'est pas du luxe, le temps d'attente moyen constaté par moi est de 10 minutes. Mais je n'ai pas eu le loisir d'en profiter, puisque précisément, leur putain de téléphone n'a jamais marché. Résultat, 22 euros de communications (plus deux recommandés à 4 euros et des brouettes).
  6. Cherchez l'intrus parmi les mots suivants : confiance, excellents moments, numéricable.
  7. Et en plus, il a le front de signer de son nom, l'autiste-en-chef !
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aspexplorer
07 mai 2008 @ 10:08
TGM  
Ne trouvez-vous pas que les TGM semblent s'affranchir d'une contrainte formelle pour devenir, en quelque sorte, un art autonome ?





 
 
aspexplorer
06 mai 2008 @ 00:22
Une série à redécouvrir...  
Le caméléon !


Il s'appelle Jarod. C'est un génie. Evadé d'une base secrète du gouvernement Américain, c'est un fugitif qui nargue depuis des années les limiers lancés à ses trousses. S'il leur échappe encore et toujours, c'est grâce à son intelligence surhumaine, qui le rend capable de prendre n'importe quelle identité, de faire n'importe quel métier. Un jour médecin, le lendemain avocat, il excelle tant à son ouvrage que personne ne soupçonne sa véritable identité. The master of disguise ! C'est pour ça qu'il a reçu pour sunom "le caméléon".

D'un autre côté, Jarod, c'est un génie qui a ses limites. Par exemple, tant qu'à prendre une autre identité, pourquoi garder partout ce prénom débile de Jarod ? Encore, ce serait John, ou Jimbo, ou Thomas, on comprendrait, c'est banal, mais JAROD ? Bravo l'espion, chapeau l'infitré ! Dire que les services secrets voulaient en faire un super-agent... Super golio oui ! En plus une gueule de con pareil, on ne l'oublie pas.
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aspexplorer
05 mai 2008 @ 09:07
Pour en finir avec l'ilétrisme  


Hier j'ai manger des nouilles.

Méthode pédagogique explicative 1 : J'ai mangé, c'est le passé composé, manger doit donc être... au participe passé.

Méthode pédagogique explicative 2 : Remplace manger par un verbe du troisième groupe, comme boire. Tu n'écrirais pas "j'ai boire" non ? Alors tu n'écris pas non plus "j'ai manger".

Méthode pédagogique du chienchien 1 : Jean-Kevin, va écrire ta phrase au tableau pour montrer à tout le monde la faute énorme que tu as faite.

Méthode pédagogique du chienchien 2 : Mattéo, j'aimerais bien savoir comment vous avez bien pu arriver en licence de lettres modernes sans maîtriser ne seraient-ce que les rudiments de la grammaire et de l'orthographe. Vous avez triché au bac ou quoi ?

Méthode coercitive 1 : Vous me copierez cent fois "Je suis un âne qui ne sait pas la différence entre infinitif et participe passé." Passé prend un "é", bougre d'âne !

Méthode coercitive 2 : Montrez-moi vois doigts. Montrez-moi vos doigts ! Et voilà, vous l'avez bien cherché. Et arrêtez de pleurnicher.

Méthode école libre : Si tu refais cette faute, le petit Jesus viendra te punir ce soir. Tu n'aimes pas quand le petit Jesus vient te punir, n'est-ce pas ?

Méthode spartiate : Votre camarade n'a eu que ce qu'il méritait. Il n'y a pas de place dans la Cité pour ceux qui confondent infinitif et participe passé. Et maintenant, faites-moi dix séries de vingt pompes, cinq sur chaque bras.
 
 
aspexplorer
04 mai 2008 @ 09:11
Le nouvel ami des enfants  

click to... enlarge...


Le pire, c'est que j'ai fait aucune retouche ! C'est affiché tel quel dans le métro. Quand même, il est fort...
 
 
aspexplorer
03 mai 2008 @ 08:29
Une pube rigoulotte  
Special dédicace à mon pote Riton

 
 
aspexplorer
02 mai 2008 @ 07:21
Ĉefpaĝo  
Comment s'appelle la page d'accueil de wikipedia en anglais ?

http://en.wikipedia.org/wiki/Main_Page

Comment s'appelle la page d'accueil de wikipedia en allemand ?

http://de.wikipedia.org/wiki/Hauptseite

Comment s'appelle la page d'accueil de wikipedia en français ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil

Comment s'appelle la page d'accueil de wikipedia en espéranto ?

http://eo.wikipedia.org/wiki/%C4%88efpa%C4%9Do

Répétez après moi : "Mais non mais non, le problème des diacritiques débiles n'existe pas. Mais non mais non, le problème des diacritiques débiles n'existe pas. Mais non mais non, le problème des diacritiques débiles n'existe pas. Mais non mais non, le problème des diacritiques débiles n'existe pas. Mais non mais non, le problème des diacritiques débiles n'existe pas. Mais non mais non..."
 
 
aspexplorer
01 mai 2008 @ 09:23
Plus qu'un métier, un sacerdoce (P. Solette)  
Journaliste...

Dénonçant la corruption comme Anna Politkovskaya...



Témoignant des horreurs de la guerre comme Robert Capa...



Quel dur métier, et pourtant, quel exaltant sacerdoce ! Ténacité, perspicacité, rigueur, hauteur de vue, tenue morale, voici les qualités que le journaliste se flatte, à bon droit, de mettre à l'honneur dans l'exercice de son travail. Bien sûr, cette difficile profession est parfois stressante, voire usante pour les nerfs. C'est pourquoi un certain nombre de d'entreprises citoyennes, dans la discrétion qui accompagne la sincère charité, mettent parfois à disposition de la presse des prestations spécialement étudiées.

Encore merci à ces bienfaiteurs de la liberté d'expression.
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aspexplorer
30 avril 2008 @ 07:23
La catin II - livre IV - Chapitre 15  

Chapitre 15. Et au commencement...



« Ah ah, vil faraud ! Bélître ! Bradype ! Monocéphale ! Toi qui te rengorgeais de l’apparat de ta propre puissance, tu... fais moins l’malin, pas vrai... Ah ah ah ! La vengeance est un plat !
- Ouah, mais ça fait un mal de chien !
- Quoi ? Tu es encore vivant ? Je croyais que cette épée...
- Me tuerait ? C’est exactement ce qu’elle fait. Mais pas en deux secondes tout de même. Je te rappelle que je suis Chuck Norris, des points de vie, j’en à plus savoir qu’en foutre.
- Alors tu vas mourir, c’est vrai ?
- Dans quelques minutes.
- Ah, bien. Je n’ai pas fait tout ça pour rien.
- Ah ça, tu peux le dire. Tu n’imagines même pas la portée de ce que tu as fait.
- La portée ?
- Parce que je te rappelle ce que j’ai essayé de t’expliquer cent fois : je ne fais pas que détruire l’univers. Je le crée aussi. Alors maintenant que tu m’as tué, et vu que la destruction de l’univers est en marche, tu vas m’expliquer comment je vais faire pour le recréer après.
- Euh...
- Voilà, monsieur Malinasse. C’est intelligent de tuer le dieu suprême de l’univers, hein ? Si tu avais réfléchi deux secondes, tu m’aurais, je sais pas moi, tu m’aurais menacé de me tuer si je ne remettais pas tout comme c’était avant.
- Ah oui, maintenant que tu me...
- Seigneur, comment j’ai pu trouver un ahuri pareil pour ce boulot...
- Ce boulot ?
- Ouais. Bon, écoute, on n’a pas le temps alors tais-toi. Ce que tu viens de faire était écrit. C’est un acte d’une portée cosmique incalculable, j’espère que tu en as bien conscience.
- D’accord.
- Une portée telle qu’elle transcende la nature de l’espace et du temps. Car ce n’est pas moi qui ai détruit l’univers, Dizuiteurtrente Percemouche, c’est toi. Les conséquences de ton acte se propagent maintenant à la trame même de la réalité.
- Je ne comprends pas, je croyais ?
- Vertu, Condeezza et leur jouets magiques ? Elles ne sont que les manifestations de cet instant. Le règne de terreur de Skelos ne fut qu’une préparation à ce qui est en train d’arriver. Toute l’histoire du monde n’a eu lieu que pour justifier cet instant. Je meurs. Ma substance me quitte et se dilue. Et l’univers que j’ai créé, qui m’est lié intimement, se désintègre lui aussi. Sais-tu ce qu’est la constante cosmologique, Dizuiteurtrente ?
- Non, répondit-il, accablé.
- C’est un paramètre physique. On appelle ça une constante, mais en fait, c’est pas constant du tout. Là, en ce moment, du fait que je suis en train de mourir et que donc je ne peux plus la tenir tranquille, elle est en train d’augmenter à toute vitesse. Vois, ça commence à faire son effet. Tu vois la nébuleuse du Gynopède, par là ?
- Oui, je la distingue vaguement...
- Tu ne vois pas qu’elle a l’air de disparaître ?
- Ah oui, c’est vrai, elle faiblit.
- C’est parce qu’elle s’éloigne de nous, repoussée au loin par la constante cosmologique. Et bientôt, ce seront les étoiles lointaines qui se mettront à nous fuir, et puis les proches. Et les planètes quitteront leurs orbites, la Lune quittera la Terre. Puis, la gravité qui lie les êtres à leur monde cessera progressivement d’exister, et les planètes voleront en éclats. Enfin, les composants intimes de la matière se sépareront, avant de se désintégrer en minuscules particules qui à leur tour, seront écartelées par la constante cosmologique. Et alors, il n’y aura plus dans l’univers, démesurément enflé, que des rayons de lumière infiniment faibles, naviguant solitaires au milieu du néant, séparés les uns des autres par des distances inconcevables.
- Tu dis vrai ! Les étoiles déjà s’effacent du ciel. Ne peut-on rien faire ? Ne peut-on te... soigner ?
- Bien sûr que non. J’ai conçu Avogadro comme une arme mortelle.
- Mais... mais alors, que va-t-il se passer quand tout sera consumé ?
- Eh bien, je disparaîtrai, et seul restera cet observatoire.
- Et moi ?
- Eh bien, toi, tu resteras aussi.
- Tout seul ?
- Y’a pas plus seul.
- Et... et puis... c’est tout ? Je vais mourir ici ?
- La Chambre pourvoira à tes besoins physiques. Ah c’est sûr, c’est pas très grand. Mais je suis sûr que tu trouveras à t’occuper. Tu pourrais faire des travaux.
- Des travaux ? Je ne comprends pas !
- Tais-toi et regarde. Voici ce dont je te parlais. »
Et effectivement, comme Chuck l’avait prédit, après que toutes les étoiles se furent éteintes, le Soleil lui-même sembla s’éloigner peu à peu, puis s’effacer au loin, éclairant de ses derniers feux une Lune elle aussi fuyant vers le néant. Un instant, la Terre martyrisée, à la surface broyée et portée à incandescence par la lutte des deux catins folles, parut seule dans l’univers. Et puis, son atmosphère s’évapora, et en un surprenant ensemble, lorsque la gravité fut vaincue, elle se désagrégea en poussière. Un grand nuage de poussière qui s’étendit, s’étendit, se diluant toujours plus vite dans le néant toujours plus enflé, jusqu’à ce que les liaisons atomiques se rompent, libérant des flots de photons. Les électrons des atomes sortirent de leurs orbitales, couche après couche, en un kaléidoscope étourdissant de lumière, neutrons et protons se séparèrent à grands renforts de rayons X, et puis, et puis en un instant, les quarks se vaporisèrent. Et l’univers fut achevé. Tout était terminé. Vraiment tout.
« Voilà, nous sommes seuls. Et bientôt, j’aurai à mon tour disparu. Tu pourras parler tout seul et te gratter les couilles, y’a plus personne pour te regarder. Accessoirement, ta volonté sera alors unique raison au milieu du néant.
- C’est de la folie. Pourquoi ça me tombe dessus ? Pourquoi n’ai-je pas eu le droit de mourir avec les autres ? Mais qu’est-ce que je t’ai fait pour que tu me condamnes à moisir en ce lieu pour l’éternité ?
- Mon dieu, que cet homme est donc sot. Quand je dis « mon dieu », c’est bien sûr une façon de parler. J’ai dit « ta volonté sera unique raison », bougre d’ahuri, tu ne comprends donc rien ? Oh, mais, ça alors !
- Quoi donc ? Eh, mais ma parole, quelque chose est resté ! Quelque chose a survécu à l’apocalypse !
- Alors là, je croyais avoir tout vu au cours de ma longue vie, mais je dois dire qu’en l’ultime minute de mon existence, quelqu’un a réussi à me surprendre. »
Car, à une distance difficilement estimable, vu que tout repère spatial avait disparu (ainsi, probablement, que la notion même d’espace), ils pouvaient encore voir des gerbes d’éclairs tourbillonnants, deux comètes orbitant frénétiquement l’une autour de l’autre, s’expédiant des amabilités cosmiques avec un joyeux entrain.
« Bon sang, dit alors Chuck, elles sont encore en train de se battre. J’ignore comment elles ont survécu au big rip, mais le fait est qu’elles y ont survécu. C’est étourdissant. Je crois que tu devras prendre ça en compte pour le prochain. Par la force des choses, la haine de Vertu et de Condeezza sera nécessairement un des éléments structurants.
- Eh ? De quoi parles-tu ?
- De l’univers que tu vas créer pour remplacer celui-là.
- MOI ?
- Qui d’autre ? Il n’y aura plus rien que toi. Le néant n’est rien, tu seras tout. Ta parole s’imposera forcément. Tu pourras faire ce que bon te semble.
- Mais j’en suis indigne !
- Il ne s’agit pas de dignité.
- Je ne sais même pas comment on s’y prend.
- Ben, t’auras qu’à regarder dans le manuel. »
Et Chuck Norris tendit à Dizuiteurtrente Percemouche un petit bouquin plein de pages. Tellement plein de pages qu’il y en avait une infinité.
« Tout est décrit là-dedans. Comment faire ci, comment faire ça, comment on se sert des quasars, pourquoi les étoiles à neutron sont poilues, c’est tout marqué là. Y’a des exemples, c’est vachement bien foutu.
- Mais...
- C’est le moment pour moi de te dire, allez, salut, maintenant. »
Et Chuck Norris, comme une vulgaire étoile, se désintégra en poussière.

Au commencement était le néant.
Puis, Dizuiteurtrente Percemouche, ci-dessous appelé « Dieu », dit : « Que La Lumière Soit », et la lumière ne fut point.
Alors, Dieu ouvrit le manuel, et découvrit qu’une étoile, ça devait être beaucoup plus gros que ça.
Alors, Dieu dit encore : « Que La Lumière Soit », et la lumière fut.
Très brièvement.
Car comme il était écrit dans le manuel, si on en met trop, ça fait une hypernova qui se transforme instantanément en trou noir, et du coup, c’est pourri. Et en plus il avait oublié de mettre des éléments lourds.
Alors, Dieu s’obstina, et dit « Que La Lumière Soit », et la lumière fut.
De nombreuses fois.
Et au bout du quarante-huitième essai, Dieu vit qu’il avait réussi à fabriquer une étoile. C’était une petite étoile toute rouge, variable et assez laide, et il vit que cela était pas bon mais oh, eh, hein, bon, on va pas y passer la journée non plus.
Puis, Dieu créa la terre, les eaux et l’air. Et tout se barra aussitôt dans tous les sens.
Alors, Dieu potassa le manuel, et vit que faire une planète à la main, c’était autrement plus compliqué qu’une étoile. Et qu’en plus, pour un univers qui aie de la gueule, il fallait en fabriquer des milliards de milliards de ces merdes. Et grand fut son désarroi. Et il y eut des gémissements et des grincements de dents.
Alors, Dieu chercha, chercha et chercha encore dans le manuel pour voir si y’avait pas moyen de truander. Et il tomba sur la procédure pour la création automatique des univers.
Alors, Dieu prit des branes, des supercordes, des champs scalaires et des inflations, et tout un tas de saloperies à plein de dimensions, comme il était écrit dans le manuel. Et il fit ce qu’il fallait. Et il vit que ça big-banguait comme il fallait. Alors, il poursuivit sa lecture, et lut :
« Laissez refroidir environ trois cent millions d’années en agitant de temps à autre pour éviter la formation de trous noirs supermassifs, et vous observerez les premières galaxies. »
Et Dieu relut à plusieurs reprises le coup des trois cent millions d’années. Et Dieu dit, « C’Est Pas Possible, C’Est Une Blague ! ». Mais c’était pas une blague.
Alors Dieu entra dans une grande ire, et il jeta le manuel à terre, et il dit : « Sacré Putain De Manuel De Merde ! »
Puis, Dieu se reprit, et nota que le manuel s’était ouvert au chapitre : « Restauration de l’univers à partir des copies de sauvegarde »
Et Dieu vit que cela était cool.

Tristement, la Compagnie allait rejoindre ses pénates lorsque la porte du Gorille des Brumes s’ouvrit discrètement. Vertu passa la tête, puis, reconnaissant ses camarades, alla les rejoindre. Elle fut saluée par une salve d’acclamations réjouies et la commande d’une nouvelle tournée au patron bougon, qui avait espéré se coucher.
« On ne t’espérait plus ! Que t’est-il donc arrivé ?
- Dizzie et moi, nous sommes tombées sur les deux gugusses de Naong. Après qu’on s’en soit débarrassées, nous nous sommes querellées sur un sujet dont j’ai un peu perdu le souvenir. Je me suis battue avec Condeezza, à ce qu’il me semble. J’ai dû prendre un mauvais coup, car je ne me souviens pas de la suite. Et lorsque j’ai repris mes esprits, j’étais en train de marcher sur le chemin, avec l’auberge en ligne de mire.
- C’est singulier !
- Oui, vraiment. En parlant de malheur, vous ne l’avez pas vue, Condeezza ?
- Pas le moins du monde. Et la clé ? Et l’épée ?
- Ah oui, c’est vrai. Mais c’est ça, on s’est disputée à cause des clés ! On s’est disputées... ah, c’est confus. En tout cas, on n’a pas retrouvé Avogadro, ça c’est sûr.
- Quel dommage.
- Quelle quête idiote, vraiment. Toute cette énergie dépensée, toutes ces souffrances, tout ça pour en retourner à Baentcher... C’est vraiment sans queue ni tête. Il y a sûrement quelqu’un quelque part qui connaît le pourquoi du comment de cette histoire absurde, mais en ce qui me concerne, je sèche. »
Et c’est ainsi que, plus riches d’expérience et de quelques breloques, nos cinq compagnons retrouvèrent Baentcher, ses doux mystères, ses paisibles intrigues et ses braves assassins.
Ange, pour une fois, tint parole et se retira de la vie d’aventure ainsi que de la Guilde. Il rentra vendit son appareillage magique et se retira dans son île natale avec son pécule, y acheta une propriété et y vécut bien vieux avec sa femme, de l’élevage des brebis et de la vente des fromages.
Son ami ayant démissionné et ayant lui-même accumulé assez de bien pour s’installer, Corbin n’avait plus de raison de risquer sa vie à faire le voleur. Il abandonna donc lui aussi la guilde et, s’étant mis en ménage avec Quenessy, partit avec elle s’installer dans la cité de Daglioli, dont il devint quelques années plus tard un des notables les plus respectés. Ils y ouvrirent, en effet, plusieurs palestres à destination de la belle société, les conseillant sur l’art et la manière d’entretenir son corps, et leur vendant de très onéreux et malodorants breuvages aux propriétés anabolisantes des plus douteuses.
Le docteur Venarius lui aussi déserta Baentcher. Ayant trouvé sa voie, il retourna à Schizietta et seconda efficacement Fabrizzio d’Areva en tant qu’administrateur de la NASO (Nazionali Aeronauticale di Schizietta Organizassion). Leurs travaux précurseurs ouvrirent la voie, bien des années plus tard, aux aventures de l’Astrocorps.
Vertu, seule, resta ceinte des pourpres murailles de Baentcher où, à son grand dépit, elle ne tarda pas à retrouver Condeezza, qui s’était mystérieusement matérialisée de l’autre côté de la ville au même moment qu’elle. Dans un premier temps, toutefois, chacune fut fort occupée à régler ses petites affaires, ce qui explique qu’elles n’entrèrent en conflit que bien plus tard.
En revanche, elle n’eut jamais de nouvelles de Toudot ni d’Aristide. Sans doute trouvèrent-ils chacun sa voie dans les lointaines nations qui étaient les leurs.
Mais revenons à ce fameux jour où le monde a été créé.

Il y eut un matin. Et du coup, le soleil fit mine de s’annoncer, et les couleurs du monde naquirent à nouveau autour du lac, à commencer par le bleu très foncé. Dizuiteurtrente descendit les trois marches et quitta le belvédère, qui disparut derrière lui. Il s’en étonna quelque peu, mais la Chambre devait rejoindre le précédent Dieu Créateur. Il foula avec satisfaction les herbes humides de rosée et contempla la splendeur de la création. Et il la contempla avec fierté, tant qu’à faire. ‘pas s’gêner.
« Ah, évidemment, si tu triches... »
Dizuiteurtrente se retourna, surpris. Il le fut encore plus en voyant que Chuck Norris lui faisait face.
« Mais... tu n’es pas mort ?
- Si, si, je te rassure. Mais tu sais, le temps, c’est quand même un truc moyennement linéaire. Y’a toujours moyen de baiser le principe de causalité... enfin bon, tu découvriras ça par toi-même un jour ou l’autre.
- Ah ?
- En tout cas, je te félicite pour ton imagination.
- Je te dispense de ton ironie. J’ai fait au mieux.
- Note, quand j’ai débuté, j’ai pas mal galéré moi aussi. Tu aimes vraiment cet univers mou et spongieux, au point de le recréer inchangé ?
- La preuve.
- Mais attends, il n’y a vraiment rien que tu aurais envie de modifier ? De rendre mieux ? Une constellation qui serait plus jolie dans le ciel Austral ? Une variété de muon que tu jugerais particulièrement méprisable ? Un trait de la nature humaine que tu souhaiterais améliorer ? Rien de rien ?
- Ben... j’ai quand même fait quelques réglages en passant, bien sûr, c’est humain.
- Ah, bon !
- Par exemple, j’ai aboli toute trace du Parløj.
- Excellent.
- J’ai éliminé du vocabulaire quelques mots assez laids, comme conquichielle, vermantousse, ophlinque ou le verbe oscanquouire.
- C’est pas plus mal en effet.
- Et tu noteras que dorénavant, l’humanité sera dépourvue de cet appendice caudal cramoisi et disgracieux qui ne servait à rien à part à se le coincer dans les portes.
- C’est très judicieux en effet. Et le petit orteil ?
- Ah merde, je l’ai oublié celui-là...
- Mais je crois comprendre que tu as aussi perdu tes pouvoirs divins.
- Ouais. Ça te défrise ?
- C’est tes affaires après tout, mais je ne comprends pas : tu avais le pouvoir suprême ! A quoi bon y renoncer ?
- A quoi bon l’avoir ? Est-on plus heureux lorsqu’on est un dieu ? Ma vie me satisfait. Je n’ai pas besoin de savoir comment fonctionne la fusion nucléaire pour jouir des rayons du soleil, et si ma mort survient d’ici cinquante ans, que m’importe que l’univers se consume dans trente milliards d’années ?
- Vraiment, j’ignore si tu es l’être le plus sage qui ai jamais existé ou la plus stupide des créatures du cosmos. »
Ils se regardèrent un moment en silence, puis furent dérangés dans leur méditation par un oiseau qui piaillait, là-haut, dans son arbre.
« Est-ce vraiment exclusif ?
- En tout cas, j’espère que tu as bien pensé à tout avant de te dépouiller ainsi.
- T’inquiète, je gère.
- D’accord, moi, ce que je dis... je suppose que tu as pensé aux nécromants ambitieux.
- Oui, j’y ai... les quoi ?
- Eh bien, mine de rien, tu es une sorte d’entité cosmique, maintenant. Je pense que ça intéresserait pas mal de cinglés de t’avoir dans son labo, pour te disséquer, pour te supplicier afin d’accéder au Savoir des Anciens, ce genre de trucs.
- Comment ils pourraient deviner ?
- Avec des sorts de divination, peut-être. Enfin bon, tu gères, hein.
- Ouais.
- Bon. Alors, amuse-toi bien, « le Roi ».
- Adieu, Chuck. Bon voyage. »
Et Chuck s’en fut. Et plus jamais il ne revint.
Et Dizuiteurtrente s’aperçut alors qu’il avait oublié un autre petit détail gênant. Il avait encore Avogadro à la main. Avec un peu de chance, elle avait perdu ses pouvoirs... Il restait encore quelques étoiles visibles à l’ouest. Parmi elles, les huit joyaux blancs que l’on appelait les Pléiades. Il en choisit une au hasard, et tendit son épée. Il y eut comme un petit « pouf ». Et les Pléiades furent sept.
Bon. Comment se débarrasser de ce machin ?
Il fallait sans doute porter l’épée jusqu’à la Forge du Destin pour la faire piétiner par le Dragon du Temps, et tous ces trucs. Il fallait faire des recherches dans les bibliothèques. Courir après des parchemins. Réunir des compagnons. Jurer fidélité, faire des bornes, trimballer des quintaux d’objets magiques, combattre la moitié du monster manual...
Ouais.
Bon.
Il regarda à droite, il regarda à gauche, il regarda derrière lui. Puis il prit un air dégagé, et jeta Avogadro au loin, très loin, là où le lac est profond. Nulle noble dame ne jaillit de l’onde pour la cueillir à la volée. Juste, Avogadro fit plouf.
Ah, une bonne chose de faite.
Et maintenant, cette histoire de nécromant. C’est vrai que c’était inquiétant, il n’avait pas envisagé les choses sous cet angle. Il connaissait peu la sorcellerie, ses arcanes et ses possibilités. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il fallait se méfier de tous ces crétins encapuchonnés marmonnant des débilités à propos de démons et déités dont ils ignoraient tout, et qui en plus, n’étaient pas si supérieures que ça (à ce qu’il lui semblait sur le coup, mais n’oublions pas que Dizuiteurtrente était quand même le Créateur de Toute Chose).
Bref, il fallait la jouer fine. Couvrir ses traces. Disparaître. Adieu, Dizuiteurtrente Percemouche. Adieu Baentcher et ses rouges murailles, où trop de gens le connaissaient, il faudrait désormais chercher fortune dans le vaste monde. Il lui faudrait se composer un personnage crédible. Qui attire peu l’attention. Qui détourne les soupçons. Qui aie peu de points communs avec un certain apprenti-voleur qui, à un certain moment, avait été l’Unique, l’Incréé, le Gars Avec Les Majuscules. Tiens, pourquoi ne pas se faire passer pour un habitant du lointain midi ? Il connaissait déjà un peu la langue de Pthath, et puis dans le nord, personne ne ferait la différence. Il n’était pas bien grand, plutôt sec et un peu basané, comme les gens de là-bas. Evidemment, il était roux, mais en se teignant régulièrement au broux de noix, ou mieux, en se rasant le crâne, il pourrait facilement passer pour un véritable voleur de Thebin exilé pour quelque sombre raison qu’il valait mieux ne pas connaître. Chacun sait que les étrangers ont leurs sombres secrets, c’est culturel, tout ça...
Bon, maintenant trouvons un nom.
Comment on dit « le Roi », en Pthaths, déjà ? Il l’avait su, jadis...
 
 
aspexplorer
29 avril 2008 @ 07:03
Jerzy Buzek  
Soulagement ! L'Europe avance. On l'ignore trop souvent, mais l'Europe n'est pas qu'une grosse machine technocratique à l'écoute des lobbys, c'est aussi et surtout une des plus grandes démocraties du monde, un exemple pour les nations moins avancées, un phare de la liberté. Et c'est pour cette raison qu'il existe un Parlement Européen, élu par les peuples d'Europe, et qui est l'expression de la nature démocratique de notre continent. Et ce Parlement a un président. Afin d'assurer que l'Europe continue à parler d'une voix forte et unie, les principaux groupes parlementaires se sont d'ores et déjà entendus sur le nom du prochain président du Parlement, en l'occurrence, il s'agira de monsieur Jerzy Buzek, l'ancien Premier-Ministre Polonais.

Il ne reste plus qu'à expédier quelques formalités, parmi lesquelles prendre connaissance du résultat des élections libres et démocratiques qui se tiendront en janvier prochain.

Vive l'Europe
 
 
aspexplorer
28 avril 2008 @ 07:30
Bookmarquez vos updates !  
Il était gros, il était gras, il
était pas en forme, mais quand la
tyrannie d'un empire maléfique s'est
abattue sur son pays, il a fait de
l'exercice et il est devenu :



SUPEROBELIX le guerrier ultime !
(et son joyeux compagnon Miloux)

Tout ça pour dire qu'il y a une
nouvelle adresse pour Sous le Catcheur :

Sous le Catcheur
 
 
aspexplorer
27 avril 2008 @ 08:20
Des images débiles  

Si ça vous fait marrer, c'est que vous êtes trop un geek


Si ça vous fait marrer, c'est que vous regardez trop la télé


Ça aussi.
 
 
aspexplorer
26 avril 2008 @ 09:22
La catin II - livre IV - Chapitre 14  

Chapitre 14. Histoire eschatologique



Le jour tomba rapidement, trop au goût de Toudot qui pressa le pas. Bien vite, des grondements sourds se mirent à résonner dans la forêt déliquescente. Qu’était-ce ? Le volcan, sans doute... Un arbre était tombé voici peu, dont la croissance végétale n’avait pas encore refermé la trouée ; il put ainsi jeter un œil au ciel, et vit que de sombres nuages tourbillonnaient au-dessus de lui à des vitesses surnaturelles. Une soudaine terreur s’empara de lui. Il savait être bien trop loin du Pic du Diable pour qu’une éruption le mit en danger, cependant, mais oubliant sa fatigue, il courut ventre aussi vite que le lui permettait la nature accidentée du terrain, et c’est ainsi qu’il parvint jusqu’à la cabane de Pikrokol, hors d’haleine. Le shaman, lui aussi intrigué par les caprices du temps, était sorti sur le seuil de son logis pour observer le phénomène. Des éclairs violets zébraient maintenant la majestueuse voûte nuageuse en un flot quasi-continu de lumière. Dans la direction de la montagne de feu, on percevait maintenant un rougeoiement intermittent, évoquant l’industrie obstinée de quelque forge infernale. Mais le plus terrible était ce bruit, ce martèlement irrégulier mais incessant qui enflait à chaque seconde.
« Qu’est-ce donc ? Demanda Pikrokol. Qu’as-tu découvert au Pic du Diable ? Qu’as-tu libéré ?
- Du diable si je le sais, homme des bois. »
Puis, médusés, les deux hommes virent s’élever au-dessus de la ligue des arbres deux formes serpentines titanesques enlacées en une mortelle étreinte, s’élançant dans les cieux, fendant les airs, la plus belle et la plus terrible chose qu’ils virent jamais de leurs yeux. Alors, Toudot comprit. Il posa la main sur l’épaule de son compagnon, et comme il n’y avait plus rien à faire, attendit que la mort les accueille.

La Chambre n’avait pas de dehors, uniquement un dedans. Elle n’apparut donc pas à Dizuiteurtrente, elle se contenta de l’aspirer, lui et son transcendant camarade. Il s’agissait d’un belvédère de l’albâtre le plus pur, d’un diamètre de douze pas environ, entourée de sept colonnes cannelées hautes chacune comme deux hommes. Elles soutenaient un cercle de pierre qui ne présentait aucune jointure. Trois marches en descendaient. Au-delà des trois marches, il n’y avait rien. Le noir le plus absolu, le silence. Au centre de la Chambre, par terre, était posée une épée.
Une épée, ou l’idée d’une épée ? Car l’arme dépassait les sens de Dizuiteurtrente. A l’instar d’un élément de rêve, il ne pouvait en donner une description précise, il n’aurait pu dire s’il s’agissait d’une élégante rapière d’argent, d’un antique glaive de bronze, d’un espadon flamboyant de sainte magie ou d’un démon enfermé dans un fer noir aux barbelures grotesques. Tout ce qu’il pouvait dire, c’est que là se trouvait une épée. De toutes les propositions jamais posées au cours de l’histoire universelle, c’était celle-ci la plus vraie : là se trouvait une épée.
« Enfin, soupira Chuck. Eh bien, on peut dire qu’elle m’a fait cavaler celle-là.
- C’est elle ? Avogadro ?
- Exactement. L’arme ultime.
- Quels sont ses pouvoirs ?
- Oh, il n’y a rien de bien compliqué. Elle n’a ni conscience, ni don de la parole, ni malédiction ancestrale, rien de tous ces gadgets débiles. C’est juste une épée longue +N.
- +N ?
- C’est ça.
- Et ça fait combien, N ?
- 6,022.1023. Au toucher et aux dégâts. Ah, et elle fait double dégâts contre les parløphones.
- C’est impressionnant.
- Je veux ! On peut fendre une étoile en deux avec ça.
- Je peux essayer ?
- Je ne pense pas que ce serait très prudent de ma part. »
En l’espace d’un battement de cil, le Dieu Suprême s’empara de son épée avant de la glisser à sa ceinture. Tout était perdu.
« Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
- Et si nous faisions une petite pause ? On va regarder ce qui se passe dehors, si tu veux bien. Comment fait-on déjà... Ah oui, c’est ici. »
Chuck caressa la cannelure d’une colonne, et aussitôt, les ombres entourant le belvédère se dissipèrent quelque peu, dévoilant comme au travers d’un verre fumé le paysage qui les environnait.
« La chambre est réellement une construction remarquable, dit alors Chuck. Je ne suis pas certain que Xÿ ai réellement pris conscience de son véritable potentiel. L’utiliser comme un vulgaire coffre-fort...
- Fascinant. A quoi sert-elle, alors ?
- C’est un observatoire. On peut, d’ici, apercevoir chaque point de l’univers, dans la plus grande sécurité. C’est aussi une inexpugnable forteresse à l’épreuve des pouvoirs des dieux – c’est sans doute pour cette raison qu’elle a rangé Avogadro ici. En tout cas, ça fait bien nos affaires, c’est en effet le meilleur poste pour observer ce qui va se passer.
- Et qu’est-ce qu’il y a à voir ?
- Le combat de tes amies. Ce pauvre Palimon croit encore que Vertu est mon élue, ma championne. Il soutient Condeezza autant qu’il le peut, pensant que la victoire de sa protégée assurera son triomphe, mais il ne s’est pas encore aperçu que notre lutte est achevée et que ma victoire est totale. Vraiment, ce pauvre garçon est irrécupérable.
- Et ton champion, c’est moi ? Mais pourquoi moi ?
- A l’origine, ma faveur est allée à Toudot, mais j’ai changé d’avis lorsque j’ai vu la manière dont tu as compris la leçon de Vertu. Tu te souviens, quand tu lui as mis ton poing dans le bide.
- Ah oui...
- Tu m’as eu l’air d’être homme résolu et à l’esprit pratique développé. Et par la suite, je n’ai eu qu’à me féliciter de mon choix. Vertu n’était qu’un paravent, un leurre pour tromper Palimon, pendant que tu faisais le boulot pour moi. Tu t’es très bien débrouillé. Merci de ton aide, tu en seras récompensé amplement.
- Je suppose que maintenant que mon office est accompli, il ne me reste plus qu’à mourir ?
- Pas du tout, voyons. Pour qui me prends-tu ? Allez, assieds-toi et observe le spectacle, ça va commencer.
- D’ici, ça m’étonnerait qu’on les voit se battre.
- Détrompe-toi. Les armes les plus puissantes de l’univers – hormis celle-ci – sont entre leurs mains. Elles sont hors de tout contrôle, elles... Oui, regarde ! Ne vois-tu pas ces météores jaillir de cette direction ? »
Et une sourde inquiétude étreignit le cœur de Dizuiteurtrente. Dans ciel étoilé montaient en effet, lentement, des points incandescents, des traînées ardentes décrivant d’élégantes paraboles. Il en savait maintenant assez sur le monde pour comprendre que ces comètes funestes se déplaçaient en fait à des vitesses prodigieuses dans les étendues de l’espace.
« La fin de l’univers est toujours le moment que je préfère. »

De chaleureuses réjouissances avaient accueilli l’arrivée de Kxwlxly’shlgo Brnbrth O’Cthulhu, plus connu sous le nom d’Aristide, dans la cité de Xhaal’Kyloïd, capitale du royaume de Ksh’pült. Ce n’était pas qu’il y ait été particulièrement connu, car même selon les critères Illithids, il était parti depuis fort longtemps et plus personne ne l’attendait. Mais le retour d’un fils prodigue déclenche toujours parmi ce peuple secret des festivités considérables. La raison en était que les Illithids, fervents adeptes de la télépathie, étaient toujours ravis de partager les expériences originales de l’un des leurs qui s’était éloigné de par le monde pour chercher fortune. Et dans ce domaine, Aristide avait pas mal de choses à raconter. Nul doute que durant les jours suivants – le terme « jour » étant ici inapproprié, les Illithids n’ayant pas l’habitude de se plier au rythme des astres – il deviendrait le centre d’intérêt de toute la communauté des mange-cerveaux. Une telle perspective comblait d’aise notre héros qui, en compagnie de quelques notabilités locales auxquelles il donnait la primeur de ses récits, se faisait une joie de conter ses aventures tout en dégustant de succulents prisonniers. Bref, c’était la belle vie.
Mais brusquement, il fut en alerte. Autour de lui, tous s’étaient tus. Il y avait eu un lointain cri mental, inarticulé. Un cri collectif, et puis le silence. Soucieux, tous les habitants de Xhaal’Kyloïd étendirent leurs sens mentaux le long du réseau neural qui couvrait tout l’Occident. Que s’était-il passé ? Un nouveau cri, plus net ! Cette fois, c’était certain, quelque chose se produisait... Rapidement, il devint évident que c’était la communauté de Thul’Wagar, située sous les cités côtières du Shegann, qui avait hurlé ainsi avant d’être réduite au silence. Silencieux, les céphalopodes se regardèrent avec consternation. Quelque chose venait de...
Non ! Cette fois, c’était la grande cité voisine de Ht’eiotil qui se mit à hurler de terreur. La terre tremblait ! Fugitivement, ils eurent les visions d’un séisme dépassant l’entendement, un séisme capable de briser net les solides piliers magiques qui protégeaient les cités Illithid contre ce genre de cataclysme. Il y eut une clameur immense, une grande perturbation dans le réseau mental, puis plus rien. Et alors, le vacarme succéda au silence. Dans tout l’Occident, la même terreur se répandit. Du dernier des parias au plus noble-né des Seigneurs Eternels, tous surent avec certitude ce qui les attendait, aucun des Maître Illithid ne parvint à contenir la terreur qui s’était emparée de leur peuple, aucun appel au calme ne fut entendu. Furieux de l’incurie de leurs gouvernants, qui n’avaient su prévoir l’imprévisible, les nations souterraines sombrèrent dans l’anarchie à mesure que tombaient les villes, l’une après l’autre, sous le coup du cataclysme.
Et puis, ce fut au tour de Xhaal’Kyloïd...

« Mais pourquoi l’univers devrait-il finir ?
- Mais voyons, parce que toute chose doit un jour finir. Pour cet univers, c’est aujourd’hui.
- N’éprouves-tu pas de tristesse à voir ainsi anéanti ton travail ? C’est pourtant toi qui l’a créé, non.
- C’est vrai. Je crée, et puis je détruis, telle est ma nature. Ce n’est pas la première fois que cela se produit, vois-tu.
- Comment cela ?
- Avant cet univers, il en exista un autre. Et avant lui, encore un autre. Et d’autres encore avant. Bien d’autres, plus qu’il n’y a d’étoiles dans le ciel. Je suis incroyablement vieux, « Le Roi », tu peux pas imaginer ce que je suis vieux.
- Ah.
- Certains de ces univers étaient si vastes et labyrinthiques que tout celui-ci constituerait une anecdote barbante en comparaison. D’autres étaient minuscules, ils tenaient tout entier sur une droite avec des petits points noirs et blancs qui s’agitaient dessus, c’était très marrant à voir. Certains se sont évaporés au bout d’une femtoseconde, d’autres ont tiré en longueur sur des éons. Et un éon, mine de rien, c’est long.
- Sens-je comme une lassitude dans ton propos.
- Ben... ça fait quand même un bail que je fais ça, et si au début c’est marrant, au bout d’un moment c’est un peu répétitif tout de même. Enfin bon...
- Et c’est pour ça que tu détruis l’univers ? Par mauvaise humeur ?
- Hein ? Non, moi je ne détruis rien. J’ai juste mis en place les choses pour que l’univers se détruise tout seul au bout d’un certain temps. J’ai mis en place Vertu et Condeezza, le trésor de Xÿixiant’h qui sont en train de briser la Terre, Skelos, ses lieutenants et ses héros, et tous ces trucs. Et même Palimon. Et jusqu’à ces imbéciles de nécromants qui m’ont emprisonné dans leur bubulle, là. C’était risible.
- Mais alors, tu pourrais arrêter ça ? »
Dans la nuit noire, on pouvait suivre des projectiles ballistiques de la taille de montagnes quittant l’atmosphère et se fragmentant en chapelets incandescents pour se perdre dans le système solaire. A l’ouest, l’horizon commençait à s’enflammer.
« Sans doute, je pourrais. J’en ai largement le pouvoir, et maintenant que je possède l’épée, je ne crains plus rien de Palimon. Mais franchement, à quoi ça servirait ?
- Plein d’innocents vont mourir !
- Oui, un peu plus que les autres jours. Et de toute façon, ils finiront par mourir plus tard, la plupart du temps après une vie de misère dont ils n’auront pas profité.
- Mais il y a sans doute encore un espoir, on peut sauver l’humanité...
- L’humanité, c’est bien de ça qu’on parle... Moi, je cause Univers. Avec une majuscule. C’est quoi l’humanité, à ton avis ? Quelques millions de singes grotesques qui occupent une mince couche à la surface d’une planète minuscule, orbitant autour d’une étoile des plus banales d’une galaxie totalement quelconque. Rien de plus. En quoi la destinée pitoyable de cette collection de primates prétentieux devrait-elle empêcher le majestueux univers d’aller au bout de son destin ?
- Nous pouvons créer de grande choses !
- Mais non. Vous pouvez créer des petites choses et y accorder une grande importance, mais rien de tout ça n’a d’influence sur le sort du monde, au final.
- Les Dieux vont empêcher cela...
- Les Dieux, ils vont empêcher rien du tout. Ils font dans leur divin froc, les Dieux. Oh oui, je sens qu’il y en a quelques uns qui tentent quelque chose... Oui, ils s’unissent pour contrer la force d’attraction qui relie Vertu et Condeezza. Oh, bravo les gars, raté à trois bornes. Vous avez plus qu’à vous inscrire au PSG ! Ah je vous jure, les comiques... Enfin, c’est pas leur faute, de toute façon, vu l’ampleur du truc, ça revenait à cracher sur un incendie de forêt.
- C’est impossible, c’est... c’est un complot ! J’ai compris, c’est un complot démoniaque ! Le sens la marque de Lilith, la Catin, elle est derrière tout ceci, j’en suis sûr !
- Lilith, à l’heure qu’il est, elle est comme tout le monde, à genoux dans une église ou un truc de ce genre, en train de prier pour qu’il existe un super-dieu au-dessus d’elle qui arrange le coup. Ce qui, en l’occurrence, n’est pas le cas.
- Tu ne vas rien faire ?
- Il est trop tard, de toute façon. »
Une onde de choc aveuglante balaya la plaine. Dizuiteurtrente se voila la face par réflexe, mais la Chambre était même à l’épreuve de ce genre de manifestation, elle ne tressaillit même pas.

« Tout de même, se plaignit la princesse Quenessy, c’est étrange que ça se finisse comme ça.
- C’est vrai, approuva le docteur Venarius en soufflant sur la mousse de sa chope (c’était un jus de pomme). J’ai moi aussi l’impression que tout ceci se termine un peu en queue de poisson. Saurons-nous jamais le fin mot de l’histoire ?
- En tout cas, moi, ce que je vois, c’est que nous sommes vivants, continua Corbin avant de s’arrêter dans sa phrase. »
Car les autres n’étaient pas rentrés. Ange se taisait et buvait plus que de raison. Certes, tous quatre étaient vivants, en bonne santé, et s’en étaient revenus de leurs lointaines aventures couverts de breloques magiques à ne plus savoir qu’en foutre. Mais il fallait se rendre à l’évidence, lorsque quatre compagnons reviennent sur neuf qui sont partis, que l’on ignore tout de ce que sont devenus les autres et que l’on n’a de toute évidence pas trouvé l’épée magique que l’on était parti conquérir, on ne se précipite pas dans les tavernes pour chanter qu’on est les plus brillants aventuriers du monde. On ne déguste pas non plus la tourte de la victoire, ni ne joue à la Boule Molverine, ni ne partage la Bouteille de l'Amitié en remettant la Faluche Aventurière, le Badge du Preux, le Parchemin du Départ, les Chaussettes du Guerrier Triomphant ou toute autre billevesée.
Ils étaient arrivés en vue des portes de Baentcher bien après qu’elles fussent fermées et, pas plus désireux que ça se taper les souterrains de l’ami de Corbin, s’étaient donc rabattus sur l’établissement où ils avaient leurs habitudes, le Gorille des Brumes. Ce soir là, c’était calme. Il faut dire qu’il était tard. Ils n’avaient pas sommeil. Le décalage horaire, sans doute, mais aussi un sentiment d’incomplétude qui les maintenait en alerte.
« Je ne pense pas que ce soit finit, dit alors Ange.
- Peut-être pourrait-on tenter de savoir ce qui s’est passé après notre départ à l’aide d’une divination, hasarda le docteur.
- Excellente idée, approuva Quenessy. Mes connaissances sont très limitées en cette matière, mais demain, nous pourrions nous rendre auprès d’une académie de magie afin de requérir les services d’un puissant thaumaturge. Après tout, nous avons les moyens. Peut-être saurons-nous ce qu’il est advenu de nos compagnons, voire même, parviendrons-nous à communiquer avec eux !
- Voici une perspective réjouissante, ma douce mie. Mais, quelle est cette lueur à la fenêtre ?
- Tiens, c’est étrange, l’aube apparaît bien tôt, ou je me trompe.
- Et un peu trop vers l’ouest à mon goût. Sortons, voyons de quoi il retourne. »
Ils furent promptement sur leurs pieds, et coururent vers la sortie parmi quelques clients étonnés. Le temps qu’ils fassent ainsi, les fantomatiques lueurs qui avaient empourpré le ciel prenaient maintenant des teintes jaunes, puis d’un blanc éclatant, qui rivalisait avec le plein jour, si bien que lorsqu’il ouvrit la porte, Corbin poussa un cri et en fut aveuglé. Puis, la température grimpa hors de toute proportion en une fraction de seconde, et à cet instant, l’onde de choc vint frapper l’auberge, la pulvérisant aisément, avec tous ses occupants.
Non loin de là, ce fut tout Baentcher, ses mages, ses voleurs, ses aventuriers et ses artisans, ses murailles pourpres et son Temple Noir qui subirent le même sort, en l’espace d’un souffle. Nul, pas même un rat, n’était plus vivant lorsque enfin, la terre elle-même se souleva en un spasme douloureux, brisant les reliefs, comblant les vallées, abolissant les lacs et engloutissant les montagnes les plus vertigineuses en un cataclysme ultime d’une violence absurde, qui ne dura que quelques secondes.

Dizuiteurtrente ne perdit rien du spectacle. Il vit le paysage s’éclairer comme en plein jour, et bien plus encore, il vit des forêts entières de pins centenaires s’embraser en un instant, il vit le lac se vaporiser, il vit les montagnes éternelles fondre sous l’effet d’une thermie indescriptible, il vit tout ce qui avait constitué jusqu’ici son univers sombrer dans la folie et le chaos. Comment un homme peut-il être préparé à assister à un tel spectacle ? Comment conserver le détachement requis à la poursuite d’une réflexion de qualité ? Eh bien, Dizuiteurtrente y parvint, à sa grande surprise.
« C’est horrible.
- Et ça s’est répété ainsi des milliers et des milliers de fois. Oui, je sais ce que tu vas me dire, c’est la fin de toute chose, plus personne ne se souviendra que nous avons vécu, que nous avons souffert, blablabla... Eh bien non. Et alors ? C’est quoi l’alternative ? Vous laisser encore un peu plus de temps pour vous développer, pour... pour quoi au juste ? Tourner en rond ? Inventer de nouvelles modes philosophiques ? Sculpter de nouveaux éphèbes ? Mettre au point le bidulotron thermique à compression de phase et ses fascinantes applications à la culture des cucurbitacées en milieu anaérobie ? Et après ? Parce qu’il y a toujours un après, ça n’en finit jamais. Et après ça, l’humanité va trouver un moyen de disparaître toute seule, et puis les étoiles vont s’éteindre les unes après les autres, elles vont se transformer en petits astres très chauds et très morts, qui vont très très lentement se transformer en petits astres très froids et encore plus morts, et puis la lumière disparaîtra, et puis... ben, voilà quoi, y’a plus qu’à recommencer. Tu crois que c’est préférable ? Moi non, et crois moi, j’ai plus d’expérience là-dedans, j’ai déjà vu ça cent fois. Non, là, c’est bien pour finir l’univers. C’est un bon moment. »
Et tandis qu’il parlait, la Chambre s’était élevée, répondant à quelque mystérieux appel, de sorte qu’ils puissent embrasser sous eux toute l’étendue de la Terre martyrisée, crevassée, portée à blanc par le duel qui n’en finissait pas entre deux énergies primordiales, unies dans une haine réciproque autant que monumentale. Elles étaient visibles, tourbillonnant l’une autour de l’autre en une danse de destruction.
« Si tu le dis, concéda alors Dizuiteurtrente d’une voix sans émotion. Après tout, c’est toi le dieu et moi le mortel, tu sais sans doute ce que tu fais.
- Sage philosophie.
- De toute façon, comme tu le dis, il est trop tard. Oh, t’as vu, ton lacet est défait.
- Où ? Hein ? »
Maîtrisant ses tremblements, Dizuiteurtrente exécuta le plus étourdissant tour de voleur de toute l’histoire des voleurs, et c’était bien dommage qu’il n’y eut pas de témoins car ses maîtres en eussent été particulièrement impressionnés. D’un seul et fluide mouvement, il s’approcha de Chuck Norris tandis qu’il se penchait bien sottement, tira Avogadro dont la poignée pointait bien obligeamment dans sa direction, puis avec rage, la plongea vivement jusqu’à la garde dans le dos du Dieu Suprême avant que celui-ci n’eut pu se rendre compte de ce qui se passait.
« Il est trop tard pour empêcher ce qui a été fait, fils de pute, mais il est toujours temps pour la vengeance ! Prends ça de la part de l’humanité entière ! »
Et le Créateur de Toute Chose tomba vers l’avant, en boule, comme un con.
 
 
aspexplorer
25 avril 2008 @ 20:04
La solution de l'énigme mystère !  
C'était pourtant facile et je m'étonne que vous n'ayassiez pas trouvé.

JE VIENS D'ACHEVER LA CATIN !

Enfin.

Après 570 jours de dur labeur.


L'érection du livre I, chapitre 3

J'en ai pondu 1 023 000 caractères, soient l'équivalent de 520 pages au format poche.


Pendant le délicat sculptage du premier combat de Condeezza contre Vertu

D'où une légitime fierté devant l'immensité de l'ouvrage accompli (surtout si l'on considère qu'à l'époque, ils ne connaissaient pas la roue).


Zahi est content, c'est l'essentiel
 
 
aspexplorer
25 avril 2008 @ 07:24
Asp the Ripper  
La

La la

La

La

La la la la la la

La la

La

La

La la la la la la

La la

La la la la la la la la la

Poï, poï, poïpoïpoïpoï

 
 
aspexplorer
24 avril 2008 @ 07:25
88-5  
Saviez-vous que la Constitution allait changer ?

Mais si. Bientôt. Début juin, si tout va bien. Vous l'ignoriez ? C'est vrai qu'en ce moment, il y a d'autres sujets bien plus urgents qui occupent les media, comme la mort-vivance de Pascal Sevran, la relégation du PSG, le plan social au "Monde", le pouvoir d'achat, l'inflation, le vrai salaire des cadres, la légalisation du Red Bull et les bons plans immo. De toute façon, c'est vrai que la réforme de la Constitution n'a rien pour passionner les foules, il s'agit d'un replâtrage, on amende quelques articles obscurs. Ce qu'il y a de plus novateur, en tout cas, ce qui a le plus marqué les journaux, c'est que dorénavant, le Président de la République pourra s'adresser à l'Assemblée Nationale directement, alors que jusqu'à présent, il n'en avait pas le droit. Pas de quoi fouetter un chat.

Qu'est-ce qui va changer pour vous et moi, citoyens Français, que Sarkozy puisse causer aux députés ? Rien du tout, évidemment. Bref, tout ça pour dire que le texte sur la "réforme des institutions" est un changement purement technique, pas polémique du tout, consensuel, et donc, il est inutile de trop informer les Français sur ce sujet.

Tiens, c'est quoi cet article 88-5 qu'ils veulent supprimer, en petit caractères, au fin fond du texte de loi ? Bah, c'est sans doute pas très intéressant. Vérifions quand même.

"Article 88-5.
Tout projet de loi autorisant la ratification d’un traité relatif à l’adhésion d’un Etat à l’Union européenne est soumis au référendum par le Président de la République."


Un peu d'histoire : cet article est récent, il avait été ajouté en 2005 à l'initiative du président Chirac, juste avant le référendum sur le TCE. Il avait pour but de rassurer les Français sur le fait que le projet grotesque et kafkaïen de faire entrer la Turquie dans l'Europe ne se ferait pas en douce, sans qu'on leur demande leur avis.

Alors là, j'ai quelques questions qui me poussent.

  1. Quel est le rapport entre le référendum sur l'adhésion de nouveaux pays et la réforme des institutions, qui est, rappelons-le, la raison de cette révision constitutionnelle ?
  2. Pourquoi la presse est-elle unanime à adopter une approche aussi furtive sur la question ?
  3. Pour quelle raison le Président Nicolas Sarkozy trouve-t-il judicieux d'ôter au peuple le pouvoir d'approuver une adhésion à l'UE, alors que le candidat Nicolas Sarkozy s'était montré particulièrement ferme et négatif sur l'adhésion de la Turquie ?
  4. Qui serait prêt à parier contre moi 10000 euros que jamais, au cours de son mandat, le Président Sarkozy ne reniera ses engagements pour accueillir nos amis outre-égéens au sein de la Grande Famille Européenne ?
  5. Eh, les UMP, vous n'avez pas comme une petite douleur rectale au moment de vous asseoir ?
  6. Est-ce que tout ça vous redonne autant qu'à moi confiance en la démocratie, l'Europe et les gens merveilleux qui nous gouvernent pour notre bien ?
 
 
aspexplorer
23 avril 2008 @ 07:22
Si c'est lui qui le dit...  
Vous vous souvenez peut-être de ce post ? Eh bien Mike Griffin, dans une interview au Parisien, vient de déclarer "l'ATV pourrait facilement être converti en véhicule pour les vols habités". Alors, j'avais pas raison ?

Oui, mais qui c'est ce Griffin qui reprend à son compte mes propos ? Et qu'est-ce qu'il y connaît d'abord ?



Eh bien, c'est le patron de la NASA. Eh, quand même, on se culture trop grave la tête sur mon glob, pas vrai ?

En outre, dans l'interview, il a exhorté Henri Masson à fermer sa gueule.
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aspexplorer
23 avril 2008 @ 07:20
Out of noos  
Ayé, a marche ma livebox.



Finalement j'ai pris orange. Niveau professionnalisme, ça change
quand même pas mal de noos/numéricable, qui sont des escrocs, des
voleurs, des bandits de grands chemins. J'ai même réussi à installer
la connexion wi-fi entre ma box et mon PC en pas 10 minutes. J'ai
quand même un regret dans l'affaire : ne pas avoir viré ces minables
de noos plus tôt.

Bref, pour fêter ça, je vais vous dévoiler mon identité secrète :


Eh oui, je peux maintenant vous le dire, je suis...
SUPER CONTENT
 
 
aspexplorer
22 avril 2008 @ 07:13
La catin II - livre IV - Chapitre 13  

Chapitre 13. La Chambre de l’Epée



L’homme s’avançait dans la nuit avec l’assurance de celui qui a déjà parcouru le chemin cent fois. A la clarté des étoiles, les yeux acérés de Dizuiteurtrente n’avaient aucune peine à détailler sa silhouette râblée, ses bras nus et noueux émergeant de son débardeur, sa face énergique de barbu dans la force de l’âge. Avec son large ceinturon, son pantalon ample et ses grosses bottes de cuir, il avait tout du brave paysan ; sans doute ce gaillard avait-il du succès auprès des filles lors des kermesses locales, peut-être était-ce « l’homme fort » du village, celui qu’on surnommait « bras d’acier », ou un truc comme ça. Notre voleur était réduit à formuler des hypothèses quant à la présence de cet individu rustique en ce lieu reculé, à cette heure de la nuit. Peut-être était-ce un amateur d’astronomie, un de ces amoureux de la nature qui, lorsque la nuit s’annonce douce, ne résistent pas au plaisir d’un somme à la belle étoile. Ou bien était-il en chemin pour rejoindre quelque amante, dans un autre village, pour un petit rendez-vous crapuleux alors que femme légitime et sourcilleux époux étaient occupés ailleurs ?
L’homme s’arrêta au bord du lac et se campa solidement face aux flots. Les mains sur les hanches, il contempla longuement le paysage tout en dégradé d’ombres et d’obscurité profonde qui s’étalait devant ses yeux. Le noir recèle bien des nuances pour qui sait les y trouver. Il s’accroupit alors, et à plusieurs reprises, remplit sa main d’eau avant de la porter à ses lèvres. Sa soif étanchée, il se releva lourdement, poussa un soupir, secoua énergiquement ses mains et bâilla à se décrocher la mâchoire. Puis, il se retourna droit dans la direction de Dizuiteurtrente, et s’exclama :
« Bon, je crois qu’il est temps d’y aller, l’ami. »
Notre héros avait été particulièrement attentif à ses cours de furtivité du professeur Pala, à l’académie Vennec des Gars Futés. Il savait donc qu’il était parfaitement silencieux, totalement immobile et que, dans compte-tenu des conditions d’illumination, même un jaguar serait passé à côté de lui sans le voir. Comment donc ce type pouvait-il savoir où il était ?
« Allez, sors de ton trou, on a du travail.
- Je ne vois pas de quoi vous parlez.
- Mais si. Tu as tout ce qu’il faut sur toi, non ? »
C’était donc ça. Mais qui pouvait être au courant ? Sans savoir pourquoi, Dizuiteurtrente sortit de sa besace un petit paquet d’étoffe veloutée dans les plis duquel il avait dissimulé quelques menus joyaux, plusieurs armes, deux fioles de poison, le gnomoncule dérobé à Vertu, les deux clés volées à Condeezza, et la troisième clé, qu’il avait découverte par hasard dans la grande salle au trésor. Il avait tout ce qu’il fallait, en effet. Mais pourquoi avait-il tant attendu, tant hésité ? En raison de son indécision, c’était l’univers tout entier qui était maintenant en péril !
« Ainsi, vous convoitez Avogadro ?
- Convoiter, convoiter... Vous autres aventuriers, vous employez des grands mots pour parler de choses simples. Je souhaite la mettre au jour, après tant de siècles.
- Êtes-vous... êtes vous Palimon, ou bien le Destructeur ?
- Une chose est certaine, je ne suis pas Palimon. Ce pauvre Palimon est occupé ailleurs, à l’heure qu’il est. Le Destructeur... Oui, c’est un des noms qu’on m’a donné. Même s’il ne me plait guère.
- Vous l’avouez !
- Pourquoi le cacher ? Mais c’est vrai, c’est un nom peu flatteur, ah ah ah ! Comme si je n’avais fait que détruire.
- Ce n’est pas le cas ?
- Bien sûr que non. Tiens, à ton avis, qui a créé l’univers ?
- Ce sont les Dieux, voyons, tout le monde sait ça.
- Admettons. Et les Dieux, qui les a créés ?
- Les Dieux Anciens.
- Et avant les Dieux Anciens, il y avait...
- Les Dieux Aînés.
- Et avant ?
- Les Dieux Très Aînés, tel qu’il est dit dans les Tablettes de Skelos.
- Qui furent engendrés par...
- Les Dieux Encore Plus Aînés Que Ça.
- Lesquels en leurs temps naquirent...
- Des Dieux Très Aînés Vachement Vieux et Complètement Croulants qui Errent en Bavant et en Bredouillant des Radotages Sans Fin dans les Couloirs du Céleste Hospice.
- Ouais. Et avant, il y eut...
- D'Après les Dernières Théories Ce Sont Deux Membranes Légèrement Ridées Immergées Dans Un Hyperespace A Onze Dimensions Qui Sont Entrées En Collision Et Ont Créé L'Univers Dans Une Gigantesque Explosion.
- OK, tu connais bien ta leçon. Bon, ben tout ça, c’est des conneries.
- Ah oui ?
- C’est moi qui ai créé l’univers. Je suis l’Alpha et l’Omega, je suis le créateur de toute chose, je suis le Verbe, je suis l’Incréé, je suis le dieu de tes pères. Tu peux m’appeler « Souffle Divin », ou bien « Tout Puissant », mais puisqu’on est entre nous, tu peux m’appeler par mon vrai nom, c’est Chuck.
- Chuck ?
- Chuck Norris, pour être précis.

Condeezza jaillit de la grotte en hurlant de rage, son épée vrombissante décrivit une arabesque qui devait plus à la calligraphie qu’à l’escrime, une série de courbes brusquement interrompues que Vertu para du manche de sa lance. A l’instant précis du contact résonna une note fracassante, apocalyptique, comme si l’univers lui-même tremblait sur ses bases. Le choc fut si violent que de plus robustes guerriers se seraient effondrés, les os brisés, toutefois, possédées qu’elles étaient par leurs armes respectives, Vertu et Condeezza poursuivirent sans interrompre l’échange. Condeezza tenta une volte audacieuse suivie d’un coup gracieux, qui ne rencontra que du vent. Vertu riposta en harponnant son amante maléfique, qui se déroba avant de se retourner, portant un coup oblique qui rencontra le large fer de Diersun. Parant une contre-attaque, elle avança pour décapiter Vertu, qui l’en empêcha au dernier moment en s’abritant de son épaulière de cristal, avant de riposter d’hypnotiques moulinets de lance qui obligèrent son adversaire à reculer, sans toutefois rompre sa garde offensive. Accroupie, prête à bondir, la Reine Noire attendait que sa partenaire, campée droit sur ses jambes, lui offre une ouverture. C’était une danse plus qu’un combat, mais à chaque impact, il émanait des deux combattantes des ondes de choc si puissantes qu’elles faisaient voler les cailloux dans un rayon de dix pas. Les lourdes nuées assemblées, assombrissant le ciel d’un morne et précoce crépuscule, tourbillonnaient maintenant dans une folle sarabande qui faisait écho à l’affrontement des combattantes. L’astre du jour avait renoncé à briller, mais c’était le lac qui avait pris le relais, projetant à des douzaines de pas de hauteur des fontaines de lave rouge sang. Parfois, un éclair géant zébrait les cieux, figeant la scène dans un instantané apocalyptique avant que ne reprenne la sinistre ronde des armes. A chaque coup paré ou évité, la rage des deux participantes augmentait, leur déchirant les entrailles d’une brûlante amertume. Il fallait plus de puissance, toujours plus. Il était inconcevable de perdre.
Mais à mesure que le combat se prolongeait, la soif de vaincre faisait place à un instinct commun aux deux femmes, plus puissant encore : le besoin irrépressible d’anéantir l’ennemi. Le b