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[Ah, misère...]


Je suis issu d'un milieu modeste, très modeste. Dans ma famille, on était vraiment pauvres. Je me souviens que certains hivers, on n'avait même pas assez d'argent pour avoir faim tous ensemble, alors on devait attendre notre tour. Mais quand on raconte ça aux jeunes, y nous croivent pas !

Tiens, vous aussi, racontez les souvenirs de votre enfance malheureuse, pour l'édification des jeunes. Comme ça ils vous croiveront peut-être.
 
 
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09 février 2010 @ 00:06
Ilion, Ô, Ilion... Antique, perdue, légendaire cité... Tant de poètes, naguère, pleurèrent tes murailles glorieuses, abattues par Agamennon. Toi qui vis s'achever le destin d'Achille et de Patrocle, de Priam, d'Hector...

Muse, dis le courroux du Péléide Achille,
Fatal courroux, qui fit aux Grecs des maux par mille
plongea chez Pluton maints esprits vigoureux
héros, proie aux chiens, aux oiseaux tous entre eux,
l'ordonnant), dès les débats qu'Atride,
Roi des rois, eut avec le divin Péléide...


Hein ? Ah non, on parle d'Hillion, 22120, Côted'Armor. Au temps pour moi, je la refais.

Muse, dis le courroux du Péléide Aspille,
Fatal courroux, qui fit aux rantistes des maux par mille
plongea chez Masson maints esprits espéranteux
héros, proie aux chiens, aux oiseaux tous entre eux,
l'ordonnant, dès les débats qu'Esperantulide,
Roi des rois, eut avec le divin Péléide...


Ouais, ça le fait moins déjà.

Cette année, c'est à Hillion, puissante métropole du pays Breton, qu'aura lieu ce considérable rendez-vous, égal de Davos et du G7, à savoir, le congrès annuel de SAT-Amikaro. Oui, mais c'est quoi, au juste Hillion ?

Eh bien en fait, c'est ça :


Hillion, riche d'histoire et de culture, car c'est ici, en particulier, qu'est née la femme du marchand de couleurs de Van Gogh. Oui, c'est cette considérable cité de près de quatre millions mille d'habitants qui recevra tantôt la visite des hordes de délégués espérantistes venus de tous les coins du globe. Ici, une vue du Centre de Congrès Espace Palante :


Par prudence, plusieurs bâtiments annexes ont été réservés par l'organisation au cas où il se trouverait insuffisant pour contenir la traditionnelle marée humaine qui accompagne les congrès de SAT-Amikaro.

Oui, mais me demanderez-vous, haletants d'impatience, "Comment se rendre à Hillion ?" Eh bien, c'est simple :

"Si vous venez de l’ouest vous pouvez sortir de la 4-voies ( N 12 ) à « La Baie » (suivre la direction Yffiniac puis Hillion ou à la sortie suivante « St-René » (suivre d’abord la direction Pléneuf-Val-André mais attention au panneau il faudra tourner à gauche vers Hillion)"

Surtout, hein, n'oubliez pas de tourner à gauche, vous manqueriez le périphérique extérieur d'Hillion et vous risqueriez de retourner à l'aéroport international Hillion-Europe ou de tourner sans fin sur les autoroutes interminables des tentaculaires faubourgs d'Hillion.


Highway 501, Hillion

Plus de renseignements sur le site de SAT-Amikaro.
 
 
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08 février 2010 @ 00:05
Je sais qu'il est de bon ton de nos jours de rire du Mandarom et de Gilbert Bourdin, l'autoproclamé "Messie Cosmoplanétaire" de Castellane.Il est vrai que l'on peut, trop facilement, railler les statues qu'il avait fait construire, et dauber la crédulité de ses ouailles. Néanmoins, je vous propose aujourd'hui d'envisager les choses sous un autre angle, un angle plus rationnel.

En effet, quelle fut la thèse défendue, en son temps, par le Mandarom ? La Terre, notre planète, était sous la menace des Lémuriens, une race d'extraterrestres particulièrement perfide. Ces ignobles individus lancent régulièrement leurs légions à l'assaut de notre monde, à travers l'éther intersidéral. La seule chose qui nous a protégé d'eux, c'est Gilbert Bourdin et ses disciples. Examinons lucidement les hypothèses qui s'offrent à nous.

- Première hypothèse, la menace Lémurienne, c'est du pipo, une pure invention d'un cerveau malade.
- Seconde hypothèse, la menace Lémurienne est réelle.

Le fait est que, quel que soit notre croyance, nous n'avons aucune influence sur la réalité, ou la non-réalité, de ces choses, ni aucun moyen efficace d'y voir plus clair. Rangeons ces deux hypothèses dans des lignes.



Maintenant, examinons les possibilités d'actions qui s'offrent à nous :

- Soit nous suivons l'enseignement du Messie Cosmoplanétaire et nous acceptons de remettre nos possessions terrestres, ainsi que toute autorité politique et économique, entre les mains des Chevaliers du Vajra Triomphant.
- Soit nous décidons, en fait, de nous en foutre.

Rangeons ces deux options dans des colonnes, et constatons que nous obtenons un tableau. Quid du résultat ?



- Dans le premier cas de figure, nous glissons vers une absurde théocratie à côté de laquelle le père Ubu passerait pour un modèle d'organisation rationnelle du pouvoir. Les sectes, avec leur dangereuse manie de la manipulation mentale, sont un danger réel pour les libertés individuelles, pour notre civilisation. Et surtout, n'oublions pas que peu de gens accepteront de bonne grâce d'abandonner la religion de leurs ancêtres ni leurs possessions pour combattre un ennemi qui brille par son absence, d'où des troubles sociaux à prévoir. C'est un avenir terrible.
- Dans le second cas de figure, nous ne faisons rien, et rien ne se passe. Le monde continue comme maintenant. Youpie.
- Dans le troisième cas de figure, les Lémuriens arrivent, mais c'est une Terre sur le pied de guerre qui les reçoit : des millions de soldats méditants, d'esprits acérés, leur barrent la route ! Qu'ils viennent, les petits gris, on les attend !
- Dans le quatrième cas de figure, hélas, les Lémuriens nous surprennent le pantalon sur les genoux, dans notre actuel état de total abandon moral, et ne font qu'une bouchée de la Terre. S'ils ne nous exterminent pas tout de suite, nous sommes partis pour des millénaires de servitude.



En tout état de cause, vous avez sous les yeux les données du problème. Le choix est votre, vous voici éclairés. A vous de juges de la voie que vous souhaitez soutenir de vos voeux, toutefois pour ma part, et je pense que tout individu normalement constitué adhèrera sans réserve au Mandarom. En effet, sans vouloir minimiser les inconvénients qu'il y a à remettre tous les pouvoirs et toutes les richesses du monde entre les mains d'une secte, il faut considérer que l'alternative risque de mener tout simplement à L'EXTERMINATION DE L'HUMANITE ! Les inconvénients potentiels de la solution "ne rien faire" l'emportent donc largement sur ceux de la solution "je ne connais pas Gana".

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07 février 2010 @ 18:07
Tout à l'heure j'étais au showroom Adidas des Champs Elysées et je suis tombé sur ce truc. Ça se vend. Parait-il.


Que dire...

Ils vendent aussi les sketba Vador, Stormtroopers (avec les trois bandes en relief qui imitent la ceinture de l'armure) mais le plus joli je trouve, c'est la basket Leia :


Notez les couleurs inspirées du légendaire "golden bikini".
 
 
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07 février 2010 @ 08:08

Sinon demain, la NASA tire une navette. Il s'agit de la mission STS-130, qui sera la dernière grande mission de construction de l'ISS. Endeavour emportera en effet le troisième node ainsi que la très attendue - car spectaculaire - coupole italienne avec ses sept hublots géants. Ça ressemble un peu à ça :



Quatre autres missions sont prévues après celle-ci. Puis, les navettes iront au musée, et seront remplacées par... euh... rien. Obama vient de suggérer que désormais, c'est le privé qui lancerait les vols habités. Ce qui est une façon polie de dire que les USA ne feront plus de vols habités.
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06 février 2010 @ 07:47


Cat2


Samefag


Chat pendu


Papattes


A table


The Emperor


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05 février 2010 @ 07:23


 
 
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04 février 2010 @ 07:47
Bordeaux, 13 octobre 1783

L’hiver était tombé rapidement cette année sur le royaume de France, rapidement et avec rigueur. Dans quelques années, un tel froid allait causer disette et épidémies, poussant le bon peuple à la révolte, mais pour l’instant, nul n’aurait parié un sol sur la fin prochaine de la monarchie, tant le bon roi Louis était encore populaire.
Dans la brume et dans la nuit, foulant de ses bottes le pavé humide d’une ruelle sans nom du grand port de commerce, un homme avançait, recru de fatigue. Il venait d’achever un long voyage, le dernier sans doute d’une vie d’aventures et de servitude sur les navires de France, à parcourir les sept mers. Aujourd’hui il se sentait vieux et fatigué. Le pécule qu’il s’était constitué en économisant sur les beuveries et les escales galantes lui suffirait à s’acheter un petit relais de poste, dans son Pays Basque natal, sur la route de l’Espagne.
Simon Etcheverry, simple mousse, était parti sur les navires du Roi combattre l’Anglais aux Amériques, puis avait chassé les barbaresques en Méditerrannée. Il avait ensuite embarqué sur divers navires marchands où son ardeur à la tâche l’avait fait remarquer, lui valant le grade de quartier-maître. Depuis cinq ans, il servait à bord de la Marie-Ninon du capitaine De Chambaud, un aventurier sans foi ni loi qui avait sans doute gagné son titre aux cartes, et qui, comme beaucoup à Bordeaux, devait sa prospérité à un tout autre négoce que celui des bons vins de l’arrière-pays.
Nombreux étaient ceux qui l’ignoraient, ou feignaient de l’ignorer dans la royaume très chrétien, mais la ville vivait d'un trafic immonde, que l'on appelait le commerce triangulaire. Ce remarquable exemple d’esprit d’entreprise était fort simple et se déroulait sur trois continents, d’où son nom. Tout d’abord, un vaisseau partait d’un port d’Europe, presque à vide, tout juste chargée de quelques verroteries de médiocre qualité, rebuts de manufacture indignes des étals. On cinglait alors vers le sud, vers le creux de la côte africaine. Là, il se trouvait fréquemment quelque roi nègre en délicatesse avec telle ou telle famille locale, qui se faisait un plaisir, contre quelque échantillon de la camelote citée plus haut, de lancer une expédition punitive contre ses propres frères de race, appuyé par les fusils de l’équipage. Il était alors facile de capturer une grande variété de ces forts gaillards et d’en garnir les cales selon un savant arrangement. Puis on mettait les voiles vers les Amériques, où les planteurs avaient grand besoin d’une main d'œuvre abondante, dure à la tâche et peu chère, qu’ils échangeaient volontier contre les produits - fort prisés à Paris - de leurs récoltes. Alors, après quelques mois de navigation, on revenait au port, bien plus riche.
« Et comment faites-vous pour attraper ceux qui s’enfuient, maître Etcheverry? Il doit bien y en avoir qui prennent la fuite dans la campagne? »
Le jeune fils d’un aubergiste, ayant prêté toute la soirée une oreille attentive au récit de ses aventures, était visiblement fasciné par les Africains et leurs étranges coutumes.
« Et bien, s’ils s’enfuient, tant pis. Ou plutôt tant mieux pour eux. On n’a pas de temps à perdre dans ces expéditions, vois-tu, et on ne peut pas leur courir après, la nuit, dans la savane, parmi les lions et les tigres.
- Oh, fit le jeune garçon, dépité. Sans doute s’attendait-il à ce qu’on lui narre quelque épique récit de traque dans les majestueux paysages de l’immense Afrique.
- Mais je me souviens d’une histoire qui m’est arrivée, une fois... Le roi N’Rongorongo nous avait promis les trois plus beaux spécimens de sa race, les trois fils d’un prince rebelle à son autorité. Nous avions donc, en pleine nuit, pris le chemin du village de Timbasé. Nous étions cinq blancs avec des fusils, et une quinzaine de guerriers du roi nous accompagnaient. Ah, tu ne peux comprendre l’état d’esprit qui était le notre ce soir là, car tu n’as jamais vu l’Afrique. C’était à la fois exaltant et effrayant. Nous entendions les cris d’amour des grands fauves, sans savoir s’ils se trouvaient au loin où derrière le prochain buisson, la Lune était nouvelle, l’obscurité totale, mais ce qui nous impressionnait le plus, c’était les soldats qui nous accompagnaient, qui se coulaient dans la nuit comme des panthères, sans faire le moindre bruit. Parfois, nous avons cru qu’ils nous avaient abandonnés, mais alors même que nous allions crier à la trahison, nous sentions une épaule musculeuse nous frôler... vraiment, de tels moments ne s’oublient pas. Et pourtant, malgré leurs qualités, nos compagnons à la peau noire avaient peur. Dans le village de Timbasé vivait la sorcière N’Kaané, une femme terrible dont les pouvoirs étaient redoutés dans tout l’ouest de l’Afrique. Entends-moi bien, jeune homme, je suis un bon chrétien, et même en pleine mer, il ne s’est jamais passé un dimanche sans que j’adresse moult prières dévotes à notre Seigneur, mais nul ne peut fréquenter longtemps l’Afrique sans croire un peu à toutes ces noires légendes d’esprits et de démons, et jusqu’au jour de ma mort, je me demanderais si ce n’est pas elle, cette fille des enfers, qui en parlant aux animaux de la nuit, nous a entendu venir et a donné l’alerte au village. Nous avons entendu les cris, les piaillements aigus de cette femme maudite, nous nous sommes précipités, mais c’était trop tard, tous étaient partis, le village était vide. A une exception près cependant, la vieille N’Kaané elle-même, trop vieille pour courir, que nous avons pu rattraper avant qu’elle ne se fonde dans la nuit. Elle était repoussante, son corps desséché, son visage de momie, jamais je n’oublierais ce cauchemar, elle semblait plus morte que vive, elle semblait avoir deux cent ans. Et pourtant, dans sa langue de sauvage, elle lançait des malédictions qui firent blêmir nos compagnons. Il est heureux que nous ne les ayons pas comprises. »
Etcheverry resta un instant à contempler le feu mourant dans la cheminée, à travers le rouge breuvage qui emplissait son verre.
« Et alors?
- Et alors nous ne voulions pas perdre de si précieux esclaves, tu comprends, nous ne voulions pas revenir bredouilles au navire. Alors nous avons demandé à la vieille sorcière, par le truchement d’un des soldats du roi qui connaissait deux mots de français, de faire revenir les fuyards par magie. Curieusement, elle nous a répondu en français, oui, tu m’entends bien, cette sauvage connaissait notre langue! Alors je l’ai menacée, moi, des pires tourments si elle n’obéissait pas. Je lui ai promis de lui crever les yeux, de lui arracher les doigts l’un après l’autre, les mains et les pieds, et enfin d’empaler le reste de son cadavre écorché au milieu de la place du village si elle n’obéissait pas. Ces mots ont dû lui faire peur, car alors elle s’est tue et a accepté de nous aider. Elle a demandé à l’un d’entre nous d’aller chercher une substance dans sa case, un liquide laiteux et épais comme la poix, qu’elle a appelé le vimouche. Il y en avait une pleine calebasse, qui puait la mort à vingt pas, une infection. Elle en a répandu tout autour du village, de cette cochonceté, les soldats noirs étaient terrifiés, seule la menace de nos fusils les faisaient se tenir tranquille. Et puis elle s’est mis à nous raconter que le vimouche allait attirer irrésistiblement les fils de l’Afrique, qui en étaient fort friands, et qu’il suffirait de les capturer, un par un, lorsqu’ils reviendraient.
- Et après, messire Etcheverry? Que s’est-il passé?
- Rien. On a attendu deux jours et une nuit, et bien sûr, aucun de ces pendards ne s’est présenté pour devenir esclave. On a bien tort de se laisser impressionner par quelques vieilles folles, crois-moi, et un bon pistolet, un sabre aiguisé, valent mieux que tous les sortilèges de la Terre. Inutile de te dire que la vieille N’Kaané, on l’a soignée avant de partir, ah, l'abominable mégère ! Nos amis, n’ayant pas vu de démon apparaître, se sont dits qu’ils ne craignaient plus rien. Ils ont coupé la langue de la vieille et l’ont enterrée vive, et profond. Depuis lors, nous avons été connus dans toute la région comme « ceux qui ne craignent pas la magie », et nous avons été très respectés dans toutes les tribus. Mais on s’est fait punir par le capitaine du vaisseau négrier, bien sûr. Bah, ce sont les misères quotidiennes du métier de marin.
- Et c’est tout?
- Oui, si ce n’est qu’il y a une morale à cette histoire, fils. »
Il lui fit signe de remplir le cruchon, inspira longuement, se perdit dans la contemplation des braises rougissantes.