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02 August 2016 @ 06:47 am
I'm the best in space  

C'est sidérant comme on peut pondre des >> études à la con << pour se faire mousser. Apparemment, sur les 24 astronautes qui ont eu l'heur de quitter l'orbite basse de la Terre (tous au cours des missions Apollo), on a noté une prévalence particulièrement importante de décès par accident cardiovasculaire. C'est cinq fois plus que pour les astronautes n'ayant jamais volé. Sauf que voilà, sur les 24 astronautes en question, seuls 8 sont morts. Du coup, ça fait un panel statistiquement peu représentatif. Un en plus ou en moins et la moyenne se prend 12% dans la gueule (1). C'est ce qu'on appelle des données non-significatives. Même quand les 24 héros de l'Amérique auront rejoint les étoiles, on n'en sera pas plus avancés pour autant, il faut au moins quelques centaines de patients pour faire des stats dignes de ce nom.

Et quand bien même on aurait envoyé mille hommes dans la Lune, le problème resterait entier. Qu'est-ce qui prouve que les radiations du milieu interplanétaire sont la cause des maladies cardiovasculaires ? Les astronautes des années 70 ne constituent pas du tout une population représentative des USA. Il s'agit exclusivement d'hommes blancs d'origine anglo-saxonne, provenant de la classe moyenne, ayant suivi des parcours relativement homogènes, des profils sportifs et militaires. Ne peut-on imaginer que, plutôt que les mystérieux rayons qu'ils ont subi pendant une semaine, la faiblesse cardiaque de leur grand âge puisse être attribuée, par exemple, au fait d'avoir subi de façon répétée des accélérations brutales conduisant à des déplacements peu naturels de la masse de sang dans le corps ? La plupart de ces gentlemen avaient été des pilotes militaires, certains avaient même combattu.

On peut même se demander si leur origine et leur mode de vie ne les a pas, au contraire, protégés. Car si on meurt plus du cœur, c'est que par définition, on meurt moins de cancer, infections, maladies auto-immunes et dégénératives, des accidents, des actes malveillants... Tous ces braves papys ont été actifs toute leur vie, ont fait de l'exercice, ont vécu plutôt confortablement dans des environnements protégés, avec un suivi médical régulier, bref, on peut se demander si la sur-représentation des maladies cardiovasculaires ne cache pas une sous-représentation de tout le reste - vu que le brevet d'astronaute ne vous garantit pas l'immortalité, au bout d'un moment, il faut bien mourir de quelque chose. Ainsi, Neil Armstrong est certes décédé d'un problème coronarien, mais il avait quand même 82 ans, pépé, soit cinq ans de plus que l'espérance de vie moyenne d'un mâle yankee. Et soit dit en passant, pourquoi diable les radiations auraient-elles, dans l'espace, un effet sur le cœur, alors que sur terre, elles augmentent plutôt les risques de cancer ?

Bon, peut-être que l'étude a pris en compte tous ces facteurs. Ou pas. Mais faire une statistique sur 8 personne, ça n'augure pas vraiment du sérieux de la chose.

Alors oui, ils ont >> fait des test sur les souris <<, tests dont le seul énoncé constitue une insulte à l'intelligence tant il a de trous. En soumettant les souris à "l'équivalent de 20 ans de radiations" (contre 2 semaines pour les astronautes), ils ont observé des dommages vasculaires. Découverte scientifique de premier plan : quand on irradie des souris, elles morflent. Great science !

Bref, soyez rassurés, vous pouvez continuer à aller dans l'espace en toute sécurité.

(1) en fait c'est même pas 8 mais 7, un des récents décédés n'entrant pas dans le panel.

I'm in space.
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(Anonymous) on August 2nd, 2016 08:20 am (UTC)
N'oublions pas que la mort reste la principale cause des décès.
blaireaumanblaireauman on August 6th, 2016 11:23 pm (UTC)
La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible ?
Lucquin JorisLucquin Joris on August 2nd, 2016 08:27 am (UTC)
Moi j'ai appris que si on pose 760 000 éléphants sur une cuillère à café on obtient une pression au centimètre carré équivalente à la pression sur un pulsar moyen.
J'ai aussi appris que le scientifique responsable de cette information capitale et hautement stratégique a été payé pour cette étude.

Personnellement, j'ai appris que la projection d'une souris par un tube à gaz sur une surface métallique à 240 km/h entraînait une mortalité des dites souris de 93.4%, mais j'ai pas été payé.
C'est pas grave, c'est cadeau.

Edited at 2016-08-02 08:35 am (UTC)
(Anonymous) on August 2nd, 2016 01:11 pm (UTC)
Je pense que le scientifique a surtout été payé pour l'estimation de la pression du pulsar moyen.

La conversion d'une pression en pascal en pression en "éléphant par cuillère à café sous un g" reste un problème plutôt trivial. Ça doit prendre 3 minutes et autant de lignes, je doute que l'on puisse appeler ça une étude.
Lucquin JorisLucquin Joris on August 2nd, 2016 02:35 pm (UTC)
En effet, j'ai parlé un peu vite : ce scientifique est payé toute l'année, et il a certainement sorti ce calcul rigolo pendant la pause de midi.
Picoler du gros rouge ou faire des calculs cosmiques impliquant des éléphants, chacun son truc (et ses capacités).
(Anonymous) on August 2nd, 2016 09:12 pm (UTC)
Je serais étonné que ce calcul vienne du scientifique. Ça ressemble à un truc de journaliste, pour moi.

Le Saigneur.
deltafxdeltafx on August 4th, 2016 07:20 am (UTC)
Des radiations cosmiques
Exprimées en Dose Equivalent Banane, hein, faut rester coherent.

La science, jamais à l' abris d'une dose critique de millisteevies.