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28 April 2017 @ 07:07 am
Oranssi Pazuzu + Aluk Todolo au Petit Bain, 26 avril 2017  
La célèbre péniche échouée aux pieds de la bibliothèque François Mitterrand accueillait l'autre jour deux représentants du courant WTF metal, ainsi que votre serviteur au sortir d'une dure journée de travail. Préalablement à ceci, quelque peu altéré, j'avais été commander un demi au bar. Vu l'heure tôtive, l'homme me propose une pinte pour un euro de plus, mais je dédaigne cette offre, craignant de devoir faire plus de pause-pipi que de raison. Une demi-heure plus tard, tandis que le concert commence, je ne peux que me féliciter de ma continence, le modeste verre m'ayant privé d'une bonne partie de mon sens de l'équilibre.

Aluk Todolo arrive sur scène, suscitant des commentaires quelque peu narquois. Il est vrai que le dispositif scénique, composé d'une grosse ampoule pendant du plafond, laisse songeur. Mais la musique démarre, et la qualité du son fait immédiatement taire les moqueurs. Il s'agit d'un trio de jeunes barbus, pratiquant un étrange metal atmosphérique et instrumental. C'est virtuose et impliqué, le batteur, les yeux révulsés, ne va cesser de pilonner son instrument durant quarante minutes, secondé par son collègue bassiste, tandis que le guitariste apporte les harmonies nécessaires à ce que l'on ne s'ennuie pas. Un étrange guitariste du reste, pas vraiment un branleur de manche, mais en revanche, un virtuose des effets, qui semble passer plus de temps à tripoter les potentiomètres de sa pédale d'équalizer qu'à réellement jouer. Et puis soudain, voilà qu'il pend sa gratte le long d'un ampli, laissant résonner les cordes, et... joue du pedalboard ! Je vous jure que c'est vrai, ce grand malade a pris son pedalboard dans les bras, et il en a JOUE ! Et après ça, il a chanté. Je suppose. En tout cas, il s'est mis au milieu de la scène et a fait mine de hurler dans un micro, sauf qu'en fait de micro, c'était l'ampoule électrique, et comme on avait 110dB dans les oreilles, on ne risquait pas de l'entendre.

C'est donc à une prestation pas loin d'égaler en étrangeté Sunn O))) que je viens d'assister, et je suis fourbu, et pas vraiment en état de profiter d'Oranssi Pazuzu. Du reste, le volume sonore, dans cette boîte en fer, dépasse un peu ce que je puis encaisser confortablement, voici pourquoi je me réfugie au fond et écoute depuis les escaliers où je trouve à m'asseoir (ça proment pour le Hellfest...) Oranssi Pazuzu officie dans le black metal, mais pas vraiment le genre à se peindre et à égorger des chèvres en faisant des cornas. Non, c'est plus le genre cérébral, avec de longues phases de hrulements lugubres, entrecoupées par de furieuses accélérations de tempo permettant aux musiciens d'agiter leurs ventilateurs capillaires. On peut regretter le dispositif lumière, cédant à cette regrettable mode de braquer les spots sur la foule. Que je sache, ce ne sont pas les musiciens qui ont payé pour venir voir le public. Bref, ce second concert me laisse une impression plus mitigée, mais je ne peux dire si c'est dû au groupe ou à l'état de décrépitude de votre serviteur.

Pour ce qui est du public, une conversation saisie au vol l'a bien défini : du hipster metal. Pas de pikachu, pas de slammers, un peu triste tout ça.

Les photostres :


La fameuse ampoule


Ah, je me fous pas de votre gueule !


Est-ce que ça c'est zuzu ?
Oh non, ce n'est pas zuzu.
 
 
 
(Anonymous) on April 28th, 2017 10:58 am (UTC)
Ah bon, le bassiste pilonnait aussi ?