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23 June 2017 @ 10:09 am
Festival d'Art Lyrique de Clisson, 16-17-18 juin 2017  
" Asp Explorer, l'an passé, en ta qualité de novice, tu as souhaité affronter bravement l'épreuve du Hellfest.
- Oui, ô, Dieu-Renard, et contre vents et marées, j'ai su triompher, car parmi tes fidèles, je suis celui dont la foi est la plus pure.
- Il est vrai. Tu as affronter sans trembler les plus abominables embouteillages de Clisson, les plus hideuses queues au stand de merch, et bravé avec sérénité les épouvantables Nuits de l'Apéro. Et ainsi donc, sur ton chemin, tu croisas les Grands Anciens, fondateurs du Metal. Tu as ainsi mérité le respect de tes pairs, et en es revenu plus riche de raison et d'usage.
- Oui, Dieu-Renard, et c'est pour cette raison que je t'implore en ce jour. Nul ne fut plus dévôt ni observant que moi au cours de cette année, et c'est pour mieux te servir encore que je sollicite ta bénédiction.
- Tu es brave il est vrai, mortel, mais aussi présomptueux. Tu es bien jeune encore pour accéder aux cercles supérieurs de la sagesse. Cependant, je sens en toi la véritable ardeur du fidèle ! Alors, j'éprouverai la force de ton âme. Tu devras, par amour de moi, accomplir une nouvelle quête.
- Parle, ô, Dieu-Renard !
- Tu t'en retourneras par la route du ponant, chevauchant ton char de fer et de feu, jusqu'au castel de Clisson, et à nouveau, tu braveras le Hellfest.
- Du gâteau.
- Avec la chiasse.
- Hein ? "

Or donc, me voici de retour à Clisson. Après le traditionnel jeudi "Putain de fest à la con c'est la dernière fois que je mets les pieds dans ce trou à rats", je suis au taquet vendredi pour profiter des concerts, ainsi que de l'hospitalité des toilettes locales. Je recommande, pour une meilleure acoustique, les WC chimiques jouxtant les mainstages. Les portes, en plastique rigide, laissent passer les hautes fréquences. En revanche, les toilettes à sciure sont à éviter, leurs cloisons en carton résonnent désagréablement.

Vendredi : Le premier groupe que j'attendais était Myrath, à midi à la mainstage pour un petit set de 30', qui s'est avéré distrayant et très vivant. Il s'agit d'un groupe de metal tunisien (?), y mêlant avec bonheur des accents orientaux. Léger changement d'ambiance avec Tyr, déjà vu au Cernunnos, et un peu moins à l'aise sous le Temple m'a-t-il semblé. Peut-être que le viking, en pleine journée et en plein cagnard, c'est pas l'idéal. Retour aux mainstages pour Devin Townsend, qui je dois dire parvient à injecter une certaine bonne humeur dans son prog metal, suivi de Powerwolf, qui déroule son show bien rodé, déjà vu en première partie d'Epica il y a six mois. Après celà, je me rends au concert que j'attendais le plus du fest, Baroness, sous la Valley. C'est un plaisir de voir un concert où même les gars de la sécu ont la banane. En outre, il n'y a pas trop de monde, le troupeau s'étant dirigé d'un vaste mouvement vers la mainstage où Behemoth fait son show. Baroness a récemment (le mois dernier) changé de guitariste, John Baizley restant donc le dernier survivant du line-up d'origine. Il est temps d'aller nous poser notre cul dans l'herbe pour écouter le set de Deep Purple. Ouais je sais, ça le fait. Je vais ensuite errer de tente en buvette et de buvette en chiotte, jusqu'à me décider à rentrer à ma tente, faisant l'impasse, hélas, sur Rob Zombie et Alestorm.

Samedi : Et si j'allais pogoter comme un ouf à la Warzone ? Cool. Il fait combien ? 36 ? Sinon, un peu de stoner à la Valley, c'est bien aussi. On entame donc avec "Los dissidentes del sucio hotel", un groupe Français de bonne facture, avant d'enchaîner sur Slydigs, un groupe qui n'a rien à voir avec Sylosis. Mais bon, je sens bien que les festivaliers sont dissipés. Quelque chose les préoccupe. Quelque chose va se produire. C'est qu'à une heure, il y a le concert d'Ultra Vomit. Je pense que les étrangers ont dû trouver étrange de voir une aussi considérable s'amasser à une heure aussi tôtive et beugler de pareilles sornettes. C'était plein, vous dis-je, PLEIN ! Je reste un peu pour Phil Campbell, qui nous sort un hard rock plutôt classique. Parmi les concerts qui suivent, le plus marquant est celui des pitres de Steel Panther, qui suscite la floraison d'une considérable quantité de nichons. S'en suit celui de Dee Snyder, toujours en forme depui l'an dernier. Je fais l'impasse sur Trust pour aller voir Turisas, puis Chelsea Wolfe (je ne suis plus très en forme pour les pogoteries). J'arrive ensuite à me faufiler pour le très bon show d'Airbourne, le plus discutable d'Apocalyptica (la sono du Hellfest n'est pas adaptée au violoncelle, apparemment), puis je suis super bien pour Aerosmith. Ce dernier show démarre très fort, puis perd un peu en intensité à mesure qu'on avance en heure, avant de sombrer dans un ridicule "I don't wanna miss a thing" massacré par un Steve Tyler au niveau d'un piètre imitateur du dimanche. Heureusement, il se reprend et conclut par un "Rock this way" de toute beauté.

Dimanche : On commence avec un peu de doom chez Deluge. A peine le fest est-il ouvert, que les mainstages sont déjà écrasées de soleil. Encore un jour à stoner on dirait... The Vintage Caravan, c'est très bien. Je dodeline derechef en écoutant les vétérans d'Ufomammut dans les vapeurs cannabiques de mes voisins. Dès que la température devient supportable, je sors la tête de mon trou et file écouter Prophet of Rage, qui n'ont rien perdu de leur verve depuis la dernière fois que je les ai vus (la semaine d'avant en fait). Je les laisse toutefois en cours de concert pour aller écouter Scour au Temple. C'est le nouveau projet black metal de Phil Anselmo. Seuls quelques connaisseurs ont fait le déplacement, mais ça n'entame pas la bonne humeur du bonhomme, qui est toujours un gros frontman. Beaucoup de fans sont venus voir Linkin Park, j'avoue que ça me laisse dubitatif. C'est un mélange de rock, de pop, d'electro... c'est bien foutu, juste, y'a de tout là-dedans, sauf du metal. Bon, y'avait d'autres concerts après, mais y'avait aussi pas mal de route le lendemain, donc je suis allé sous ma queshuah faire mon dodo.

Bref, un fest en demi-teinte pour ce qui me concerne, mais qui m'a permis de devenir incollable sur les infrastructures sanitaires.

" Asp Explorer, tu es vraiment le héros que le monde attendait. Sans coup férir, ni sans souiller ta culotte, tu as courageusement traversé le Hellfest avec une chiasse de ouf, sans rien manger en quatre jours. Ton exemple sera donné en exemple pour les jeunes générations.
- Merci, ô, Dieu-Renard.
- Pour te féliciter, je ne puis moins faire que d'accéder à ta légitime demande. Tiens, voici. "
Soudain, le lit du Nouvel Achille se creusa. Quel divin présent faisait donc grincer doucement les ressorts de son matelas ? Soulevant délicatement sa couverture, il découvrit le visage mutin et souriant de Moa Kikuchi, toute en fossettes.
" Alors... Bon, je crache pas dessus hein, mais c'est pas tout à fait ça que j'avais commandé. "




Sous le temple, ça chauffe dur


Par Tyr, un jour, sans retour


Baroness, flou, mais la banane


Le guitariste de Baroness a un petit truc changé depuis
la dernière fois, j'arrive pas à mettre le doigt dessus.



Jojo, content d'être ici


L'important dans les voyages, c'est les rencontres


T'es où là ? Au Hellfest.


Le viking était là, avec sa viqueen


Voici une Warzone digne de ce nom


Le drame des réfugiés de Calais


Le Hellfest, c'est aussi parfois patriotique


Voici ce qu'on peut voir quand on se lève tôt pour l'ouverture


Les bars


Nouveauté cette année : le HellFresh (très apprécié)


Nouveau aussi : le camion, aussitôt baptisé par les festivaliers "Kammthaar"


Intérieur du camion foncedé


Lemmy veille sur nous


Equilibrium en mode poutre


C'est vrai que parfois, les festivaliers sont un peu dissipés


La sépulture du regretté Christian Hellfest


Attitude metal typique


Mon philou étudie sa partition


Le sympathique et classique Metal Church


Ben voilà, c'était le Hellfest.
 
 
 
(Anonymous) on June 24th, 2017 10:31 am (UTC)
Quel courage.

Merci pour ce récapitulatif.

Kyp.
(Anonymous) on June 25th, 2017 06:13 am (UTC)
Un hellfest avec la chiasse pour ramener une japonaise dans son plumard, merci pour cette fable d’Été pleine de poésie.

Melvas