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09 July 2017 @ 02:12 pm
La théorie du grand remplacement relève du complotisme (Marine le Pen)  
Voici près de vingt ans que j'habite au même endroit. Le jour où j'ai emménagé, j'ai constaté avec satisfaction qu'en face de chez moi, il y avait la boulangerie Dupond, tenue par monsieur Dupond, boulanger, et madame Dupond, boulangère. Ils faisaient leur travail à l'ancienne : monsieur Dupond se levait tôt pour faire le pain dans son fournil jouxtant la boutique où, en journée, madame Dupond, bonne commère, nous le vendait en échangeant les potins du quartier. C'est vrai que deux fois par semaine, c'était un peu énervant d'être réveillé à 6h du matin par le camion du minotier, d'autant que son aspirateur faisait un bruit désagréable et désagréablement long, mais bon, au moins, on avait du bon pain.

Un jour, monsieur Dupond est parti à la retraite. Il a vendu son commerce à monsieur Pignoli, un jeune homme entreprenant et énergique. C'était un moderne, monsieur Pignoli, d'ailleurs, il a fait refaire la devanture de la boulangerie, avec des épis de blé, des panneaux de certification que le pain ceci, la baguette cela, etc... Le pain n'était pas tout à fait aussi bon qu'avant mais ça passait. Ça a tenu quoi... deux, trois ans ? Et puis un jour, ils sont partis en congé d'aôut, et ils ne sont jamais revenus. Des panneaux d'agence immobilière ont commencé à fleurir sur la devanture. On a appris que le bon monsieur Pignoli, ce n'était décidément pas un boulanger à l'ancienne. C'était, pour tout dire, pas un boulanger du tout. Il est vrai qu'on le voyait rarement à la boutique, il est vrai aussi qu'on le voyait rarement au fournil, il avait embauché pour ça un factotum basané. A la caisse, il y avait des vendeuses qui se détestaient, et le patron, ben, il venait quand ça lui disait. Sans doute ce monsieur avait-il considéré la boulangerie comme un investissement générant du cash avec un minimum de travail. Bon, ben c'est pas comme ça que ça marche, apparemment, la boulangerie.

Le rideau resta tiré une bonne année, au moins. Et puis un jour, il y eut des travaux. Avec anxiété, je me demandais quel genre de commerce allait remplacer ma boulangerie. Surprise, ce ne fut pas un kebab, un téléphoniste ou un bar à chicha. L'enseigne "boulangerie pâtisserie" resta en place, reprise par une famille de pakistanais. J'allais donc leur acheter une baguette. Elle n'était franchement pas bonne. Bon, ils démarraient... J'en repris deux ou trois fois, sans noter d'amélioration. Et puis, on sentait bien qu'on n'était pas vraiment le bienvenu, alors j'ai pris mes habitudes ailleurs. Et puis, j'ai noté que je n'étais plus réveillé à six heures. Sur les côtés de la vitrine, ils ont peint des zigouigouis en telugu ou je ne sais quel idiome barbare. Ils ont démoli le fournil, ils y servent du thé. Là où on vendait jadis des pains au raisin et des éclairs à la vanille, on vend des plats orientaux non-identifiés. Au-dessus, il y a toujours marqué "Boulanger - Pâtissier". On n'y vend plus de pain.

Vingt ans. Une rue.
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(Anonymous) on July 9th, 2017 10:19 pm (UTC)
Moralité : le capitalisme est décidément une belle saloperie.
(Anonymous) on July 10th, 2017 08:51 am (UTC)
J'ai eu la même chose dans ma petite ville de 10.000 habitants.

Un boulanger moyen remplacé par des mauvais boulangers du moyen (orient).

J'ai également eu comme un ressenti d'hostilité latente à mon encontre.
Du coup, j'ai également pris mes quartiers ailleurs. Drôle de façon de concevoir le commerce, à part bien entendu, si les clients de mon genre deviennent quantité négligeable. Je n'affirme rien, je me contente de livrer mon sentiment.

Il serait intéressant de faire une petite carte des commerces de proximité et de l'évolution que subissent ceux-ci. Je parle bien entendu de la peinture des devantures et de l'évolution architecturale.
(Anonymous) on July 10th, 2017 11:08 am (UTC)
bien fait, fallait pas voter mitterand!
(Anonymous) on July 10th, 2017 12:33 pm (UTC)
Les gens "basanés" ont tendance à soutenir leurs commerces grâce à une conscience identitaire naturelle. S'il y a une boucherie hallal, ils y vont tous, normal. Par contre je connais plein de "non-basanés" qui se piquent d'acheter hallal, arguant que "ça aurait meilleur goût", ou que ce serait "exotique". Mais aller dans les commerces traditionnels autochtones par soutient communautaire, c'est très rare et très mal vu, chez les non-basanés.
On devrait faire comme eux, ça ce serait de l'enrichissement culturel.

Melvas
aspexploreraspexplorer on July 10th, 2017 08:52 pm (UTC)
Oui, enfin bon, ça me fait faire un détour pour acheter mon pain chez un boulanger arabe du coup.

Edited at 2017-07-10 09:01 pm (UTC)