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05 March 2016 @ 08:29 am
Baroness + Domadora au Trabendo, 03/03/2016  
C'est toujours compliqué de choisir son t-shirt quand on va à un concert de métal. Évidemment, on peut mettre le t-shirt du groupe quand on en a un, même si ça fait un peu lèche-cul. Je veux dire, un métalleux, c'est pas supposé être un fanboy. On peut aussi mettre le t-shirt générique, celui d'un groupe archi-connu, genre Maiden, Metallica, AC/DC, Pantera, bon, ça fait genre le mec qui n'a pas envie de se faire chier, ou bien limite footix. Sinon y'a Black Sabbath, ça passe toujours, Black Sabbath. Mais si on ne veut pas faire d'impair, il faut sortir avec un t-shirt un peu en rapport avec le thème de la soirée. Là, par exemple, c'était pour écouter du sludge (une sorte de djent, ou de stoner, bref, du métal cool). Alors je m'étais dit comme ça, Baroness, par instant, ça évoque un peu du Mastodon, alors je vais sortir mon joli t-shirt Mastodon. Mais finalement, je me suis ravisé, apprenant que ce 3 mars était un jour particulier pour le métal. En effet, c'est le 3 mars 1986, il y a donc trente ans, que sortit l'album "Master of Puppets" de Metallica. Afin de célébrer ce joyeux événement, je décidais donc de sortir mon t-shirt MoP. En plus, James Hetfield a récemment dit le plus grand bien de Baroness, ça tombait bien.


6 - la classe

Donc dans cet appareil, j'arrive au Trabendo, et y'a personne. La salle ouvre bien avant l'heure, tant mieux, il caille. Le stand de merch est tristoune, surtout pour un groupe comme Baroness qui a une identité visuelle forte et devrait plus capitaliser dessus (c'est le chanteur qui fait les couvertures des albums, ainsi que celles de quelques autres groupes, >> dans un genre bien à lui <<). J'achète un CD que j'ai pas, puis je file au bar commander un Lillet blanc (le barman, on lui en demande tellement peu, il sait même plus combien ça coûte LOL). Je me fraye ensuite un passage jusqu'au pied de la scène, jouant des coudes et des... non, en fait, y'a pas un chat. Pour vous dire comment je suis loin, j'ai les boules à la verticale d'un haut-parleur de retour.

Arrivent en catimini un, deux, trois gugusses... des techos ? Ah, ils se mettent à jouer on dirait. On dirait qu'il y a une première partie. Le gratteux, grand et maigre, s'excuse presque d'être là et annonce le nom de son groupe : Domadora. Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Eh bien, ce truc, c'est plutôt cool en fait. Les mecs, ils vont tranquillou se lancer dans un morceau semi-improvisé de quoi... 20mn ? 30mn ? Ah, il est bien dommage que la fumaison soit toujours illicite, car typiquement, les lancinants bourdonnements de cette formation auraient porté à la rêverie cannabique les plus prosaïques. Par ailleurs, tout ça est très bien joué (chapeau au batteur au passage), on peut cependant regretter un mix un peu approximatif et quelques problèmes de matériel (une gratte qui perd son jack, franchement...) Bref, l'effet est réussi.


Entre-acte. Arrivée de Baroness. Le Trab s'est finalement pas mal rempli, c'est pas bourré-bourré mais c'est décent. Le son est meilleur. Il y a une vraie émotion dans ce concert. Les mecs sont contents d'être là, d'avoir de nouvelles chansons à nous jouer, et on est contents qu'ils soient venus. On sait tous pourquoi, pas la peine d'en rajouter. Oui, Baroness c'est du sludge, mais derrière le fuzz inhérent au genre, derrière la voix sauvage de John Baizley, doublée par son complice Peter Adams, il y a toujours une note d'optimisme, de joie de vivre, de d'amour de la musique. Le groupe mixe les titres de "Purple" avec les morceaux plus anciens, le concert passe comme un rêve, je ne songe pas une seconde à abandonner mon rang. Un peu de bordel dans le pit, sans excès, on n'est pas à un concert de death non plus, en fait le slammeur le plus notable de la soirée, c'est Baizley lui-même, qui finit son set sur le dos, dans la fosse, porté par son public.


Franchement, quand on voit des concerts comme ça à 22 balles, alors que des cons vont payer le quadruple et s'emmerder à faire la queue six heures à Bercy pour entendre Keen'V ou Maître Gims faire du lipdub sur des CD qu'ils n'ont même pas enregistré, on se dit qu'on vit vraiment dans un monde de dingue.