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Caius Klendatus


Le Lupa Capitolina, précédé de son escorte, perdait rapidement de son altitude dans l'atmosphère raréfiée de Mars. Le gubernator Marcus Quintillius Severus avait pris le flanc de Pavonis Mons en ligne de mire ; d'une manœuvre experte, il obliqua sur sa droite à moins de dix stades, suivant les consignes du consul. Le convoi décéléra à moins d'un arpent d'altitude, rasant la plaine de basalte poussiéreux, puis se posa à l'abri d'un fossé d'effondrement, protégée par l'essaim de ses chasseurs. Bien qu'aucun signe de l'ennemi ne se fut manifesté, les mains des balistaires restaient crispées sur les poignées de leurs canons à plasma, prêts à faire feu. Sur la passerelle, après avoir reçu les rapports de ses officiers, le magister Octavien Pulcher s'empara de l'intercom.
" Honoré consul, tout est net, le terrain est dégagé. "
Dans les entrailles du grand astronef de guerre, le vieux conquérant, une nouvelle fois, se retourna vers ses hommes. Certains étaient des vétérans de ses anciennes campagnes, certains l'avaient connu du temps où son crâne, encore, s'ornait de cheveux drus et noirs.
" Le temps est venu, maintenant, de porter le fer de nos gladii dans les entrailles de nos ennemis. La vengeance aura le goût du sang, ces êtes immondes regretteront d'avoir jamais foulé le sol sacré de notre Terre, et sur cette planète où ils ont imprudemment établi leur base, sur cette planète qui porte le nom du dieu de la guerre, nous leur montrerons aujourd'hui que nous, fils de la louve, savons ce qu'est la guerre ! Au nom du Sénat et du peuple de Rome, messieurs, à vos casques !
- Ave, Caesar ! Ave, Caesar ! "
Le vieux général joignit le geste à la parole et verrouilla son heaume à son exosquelette TB-38J, et lorsqu'il fut sûr que tous ses trois-cent grognards étaient harnachés de la sorte, il donna l'ordre qu'on ouvrit le sas. Le sol brun du plateau de Tarsis apparut, puis l'horizon dantesque, dominé par les volcans géants endormis depuis des éons. Serrant contre lui sa lance à protons, Caius Julius Caesar, le plus glorieux fils de la cité éternelle, prit la tête du détachement et descendit la large rampe.
" Première centurie, prenez position le long du fossé, deuxième centurie, couvrez vos camarades, troisième centurie, restez en retrait. Déployez-vous rapidement, le camp retranché doit être monté avant la nuit. "
Soudain, alors que tout semblait se dérouler comme prévu, le sable se souleva à quelques pas du grand commandant. Toujours alerte malgré son âge, il déchargea son arme contre ce qui sembla, de prime abord, être un tuyau large comme une cuisse d'homme. Un tuyau au bout duquel , furieuse, crachait une tête hideuse, reptilienne, garnie de trois rangées de dents aiguës. A moitié carbonisée, la bête semblait mourante. Mais aussitôt, un autre mouvement se dessina sous la poussière, puis un autre juste à côté, et deux têtes jumelles jaillirent du sol. Les tirs de la garde rapprochée de César les fauchèrent tout aussi vite, mais partout autour du vaisseau, de nouvelles têtes apparaissaient, parfois suivies d'un corps serpentin et fuselé, rassemblant plusieurs cous, plusieurs têtes... Et bientôt, ce fut au tour de ces monstres, dont certains dépassaient les vingt pas de long, de moissonner les vies des premiers légionnaires. Certains, imprudents, s'étaient éloignés de leur manipule, d'autres, impressionnables, avaient tenté de fuir, d'autres enfin avaient succombé au nombre, et à l'infernale thermie que crachaient les gueules répugnantes. Il en venait maintenant de partout. Il avait semblé un temps à César qu'il aurait pu triompher une nouvelle fois, mais il comprit vite que tout espoir était perdu, et qu'il lui fallait d'urgence rembarquer ses troupes. Il était tombé dans un guet-apens ! Il s'apprêta à donner l'ordre de repli, assignant à certains hommes la tâche de se sacrifier pour assurer la survie des autres. Il n'en eut pas le temps ; la tête d'une créature, particulièrement massive, surgit derrière lui. Dans l'air ténu de Mars, il ne l'entendit pas. Le grand conquérant ne se sentit pas mourir, son corps tomba sur le régolithe, décapité d'un coup de dent. C'était pas faute de le prévenir, il aurait dû se méfier des hydres de Mars.




Bon, alors tout d'abord, gardons à l'esprit >> la présomption d'innocence <<, cependant, on ne peut pas s'empêcher de considérer la remarquable continuité d'un quinquennat, depuis de pompes de la chancelière Allemande jusqu'au léchage de cul du garde du corps d'un dealer de banlieue.

Néanmoins, en prenant un peu de hauteur, on peut quand même trouver matière à se réjouir de cette histoire. Car elle prouve que non, il n'y a pas de fatalité sociale. Non, la jeunesse des banlieues n'est pas condamnée à "tenir les murs", à la violence gratuite, aux petits larcins et au trafic de cannabis. Oui, il est possible de s'en sortir, pour finir par commettre des crimes de blanc, comme le détournement de fonds publics. Bravo Théo, tu es un exemple !
Tags: textes divers
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