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Quelques leçons à retenir de ces législatives

En premier lieu, nous notons la disparition du Parti Socialiste. Le vieux parti de Jaurès ne passera vraisemblablement pas l'hiver, arrivé en cinquième position derrière un Mélenchon qui divise pourtant par deux son score des présidentielles. Les écologistes ne sont pas mieux lotis. Il semble que ce soit la notion même de gauche qui ait été rejetée par l'opinion, ce qui est compréhensible : il est difficile de faire avaler aux citoyens d'un pays où la dépense publique représente 57% du PIB que la solution à leurs problèmes réside dans plus de d'impôts, plus de fonctionnaires et plus de subventions à toutes sortes de parasites. Au total, les "idées de gauche" représentent 25% des suffrages exprimés, d'autant plus pitoyable que l'abstention a été massive.

Notons en outre l'érosion de la droite, normalement taillée pour atteindre les 30%, et qui dépasse à peine la moitié de ce chiffre. C'est consternant de voir ces gens tenter de se démarquer des macronistes en ressassant encore et toujours ce qui semble être leur unique argument de campagne, leur seul point de divergence idéologique : les 2% de CSG. Quand on résume à ça l'avenir d'un pays, il ne faut pas s'étonner de se prendre une branlée.

Le score du FN est tout aussi étique, en net repli sur une performance déjà décevante à la présidentielle. Là encore, il est possible d'invoquer la sous-performance des idées de gauche - car il faut appeler les choses par leur nom, les propositions de madame le Pen étaient clairement sur une ligne absurde de conquête d'un électorat populaire qui ne veut plus entendre des promesses de Grand Soir, en abandonnant les fondamentaux idéologique du parti. Parler d'euro en pleine vague d'attentats islamistes, c'était d'un bête, mais d'un bête...

C'est à une révolution conservatrice que l'on assiste. Car pour moi, être conservateur, ce n'est pas être pour la messe en latin, et être progressiste, ce n'est pas être pour le mariage gay. Tout ça c'est de la merde, de l'affichage, du symbole et de l'élément de langage en boîte. Un conservateur, c'est quelqu'un qui se satisfait de l'ordre établi, et un progressiste, c'est celui qui essaie estime que cet ordre dysfonctionne suffisamment pour qu'il soit pertinent de vouloir le changer. La large majorité macroniste de dimanche prochain sera le sacre de cette France conservatrice, qui vote pour le candidat le moins dangereux, le plus rassurant, celui qui affiche des velléités de réformes, mais dont on sait bien que le zèle transformateur s'arrêtera aux horaires des autocars.

A moins que monsieur Macron ne se révèle un exceptionnel homme d'état - ce qui n'est pas impossible, ce n'est de toute évidence pas un imbécile - nous allons droit dans le mur en chantant. Les Français auront reconduit la politique désastreuse de François Hollande, portée par peu ou prou les mêmes hommes. Ils vont se réveiller dans six mois et mettre le pays à feu et à sang.

Je suis heureux de ne pas avoir d'enfant à élever dans ce pays de merde. Au moins, nous reste-t-il le réjouissant spectacle de tous ces notables, ces professionnels de la politique qui demain, vont devoir se trouver un vrai travail dans ce pays qu'ils auront ruiné depuis quarante ans.


Sinon, refusant de cautionner cette parodie de démocratie, j'ai fermement décidé, dimanche, de joindre le parti de la majorité, celui de l'abstention. Non, urne funeste, tu n'auras pas mon bulletin ! Je ne serai pas l'alibi de cette aristocratie voilée sous les masques d'un scrutin joué d'avance. J'ai mieux à faire, moi, je ne discute pas, j'agis ! Non, vil assesseur, je ne veux pas dépouiller tes enveloppes, d'autant que je serai à Clisson au concert du Blue Oyster Cult.
Tags: vive sarkozy
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