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11 April 2018 @ 06:47 am
When you wish upon a star...  

L'autre jour j'étais en réunion. On était sept dans la salle, de cinq entreprises différentes, toutes françaises. Réunion en français, sur un sujet français, bref, sept Français qui bossaient ensemble dans une pièce sur un sujet un peu chiant. Et là, je m'aperçois que sur les sept qu'on était, quatre étaient arabes. Les quatre plus jeunes, d'ailleurs. Deux gaulois, un juif séfarade, quatre arabes. Je précise ici que je fais de l'informatique dans une banque, je ne travaille pas dans la construction, c'est un boulot à cravate, pas un boulot à casque et bleu de chauffe.

Alors là, Jiminy Facho* se perche sur mon épaule et me souffle : " Eh, tu vois, c'est la preuve du Grand Remplacement ! "

Oui, approuvè-je, caressant nerveusement le cran de sûreté de mon glock-26. Mais avant que j'ai le temps de mettre la casquette d'électricien de grand-pépé pour entonner le Horst Wessel Lied, Jiminy Réfléchisunpeu se perche sur mon autre épaule et me glisse à l'oreille : " N'écoute pas ce nazi, il est encore bourré au schnaps. Le Grand Remplacement, ça ne se fait pas sur une génération. Avant que les souchiens comme toi ne soient marginalisés, tu seras mort depuis longtemps. La démographie, ça ne se fait pas en cinq minutes. "

Ben oui, c'est vrai. Et c'est pas comme si les blancs avaient cessé de faire des blanchons. Je sais que nombre de mes collègues se sont reproduits, et je sais que leurs enfants ont grandi et finissent leurs études. Mais ils sont où, au juste ?

Je rentre à mon bureau, et fais les comptes dans mon équipe. Suite à de gros projets, on a, ces derniers mois, rentré pas mal de prestataires. Là encore, quelques pur porcs, souvent " profils seniors ", mais chez les jeunes, c'est quand même très très bariolé.

Où donc sont passés les enfants de mes collègues ? Pourquoi ne sont-ils pas devenus mes jeunes collègues ?

Après avoir enquêté, je note qu'il y a quatre possibilités :

1 - Quelques enfants de collègues ont fait de brillantes études de MBA of business dans une Grande Ecole de Mes Couilles, et jouissent de ce fait d'un statut social supérieur à celui de leurs géniteurs (bravo, vous avez gagné au grand jeu de la société). De ce fait, ils ont directement atteint des planques à la con dans l'audit ou je ne sais quel boulot bidon, le genre dans lequel vous finissez normalement de vous garer, en fin de carrière, quand vous réalisez finalement que l'attitude consistant à réellement travailler plutôt que de lécher des culs en réunion ne vous a pas mené bien loin. C'est pour ça que je ne les ai pas vus passer.

2 - Certains enfants de collègues, après leur école de commerce ou leur école d'ingénieur, ont eu la fibre entrepreneuriale, et ont donc monté leur business. En général dans un restaurant organique de la rue du Faubourg Saint Honoré, à vendre des bagels bio à l'huile de jojoba ayurvédique, ou toute autre activité pas trop foulante pour la tête. Alternativement : dans l'événementiel, le développement durable, youtubeur mode dans l'intelligence artificielle, bref, des conneries à la mode pour ceux qui n'ont pas fait les grandes écoles.

3 - Certains, après cinq ans d'enfer à courir après un diplôme, et avoir eu un avant goût du boulot dans le privé au cours de leur stage, sont sagement allés chercher asile dans la fonction publique. Histoire de ne pas perdre leur vie à satisfaire de prétendus clients internes ou autres fadaises managériales.

4 - D'aucuns, enfin, ont écouté Jiminy Facho et sont restés à Berkeley après leur MBA. Parce qu'ils se sont aperçus que la France, c'était fini. Ils se sont barrés, quoi, ils ne reviendront pas. Ils n'ont pas envie de perdre leur temps dans un pays où on fait la grève pendant trois mois pour un jour de carence. Je ne peux pas leur jeter la pierre.

La vérité, c'est que fondamentalement, mon métier s'est merdifié. Du temps de mon père, c'était un prestigieux sacerdoce, une fonction respectée et crainte. Aujourd'hui, l'informaticien, c'est le coûteux, la relique, le soutier, le sale boulot.

Bref, c'est un boulot d'arabe.

* Ne faites pas les pucelles, vous connaissez aussi Jiminy Facho pas vrai ?




Ça, c'est bien
 
 
 
(Anonymous) on April 11th, 2018 11:38 am (UTC)
"Ne faites pas les pucelles, vous connaissez aussi Jiminy Facho pas vrai ?"

La dernière fois que Je l'ai croisé, il était en train de se prendre une balle dans la nuque du côté de la Wilhelmstraße.
Je M'en souviens très bien. C'était en avril-mai, le printemps était beau malgré les ruines, et le sang était rouge vif, comme sur les étendards.

Le Créateur Fou, purgé.
(Anonymous) on April 11th, 2018 05:27 pm (UTC)
Je ne connais pas ce Jiminy Facho, il a l'air sympa. Mais sous peu, quand on se fera contrôler et saquer par des policières arabes racistes en uniforme-hijab, ce criquet aura de meilleures preuves du grand remplacement.

J'ajoute qu'il n'y a même pas besoin d'être majoritaire pour dominer une population gauchisée et individualiste.

Melvas
(Anonymous) on April 12th, 2018 07:34 am (UTC)
Projecting hard
(Anonymous) on April 11th, 2018 06:45 pm (UTC)
"Je précise ici que je fais de l'informatique dans une banque, je ne travaille pas dans la construction, c'est un boulot à cravate, pas un boulot à casque et bleu de chauffe."

Heu ... ça fait plusieurs décennies maintenant que les pays du maghreb ont investi énormément dans l'informatique (le développement notamment), et donc que c'est un milieu où l'on peut trouver énormément de ses représentants (ils sont très prisés par les SSII).
(Anonymous) on April 12th, 2018 06:26 pm (UTC)
De plus, on peut aussi penser que l'ascenseur social n'est pas si brisé que ça, et que quelques jeunes de banlieue ont pu s'élever de conditions modestes pour faire un métier porteur et intellectuel (modulo les pompages de codes stackoverflow recousus à l'arrache, mais ça, il paraît que c'est un peu tout le monde, maintenant).

Le Créateur Fou, optimiste.
(Anonymous) on April 12th, 2018 10:32 pm (UTC)
Le Créateur Fou: Sur les jeunes de banlieue qui s'en sorte comme ça, il y en avais un dans la boite où j'étais avant. Sauf qu'il a 50 piges, mais à une époque c'était un jeune de banlieue. Les arabes de la boite actuelle, je ne sais pas trop d'où ils viennent.


"La vérité, c'est que fondamentalement, mon métier s'est merdifié. Du temps de mon père, c'était un prestigieux sacerdoce, une fonction respectée et crainte. Aujourd'hui, l'informaticien, c'est le coûteux, la relique, le soutier, le sale boulot."

ça dépend; si ta boite vend un produit informatique, le patron n'a pas la même considération pour toi. Surtout si le produit fait rentrer plusieurs millions par ans, en provenance majoritaire des USA