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Kof kof kof


Voici Ernest Duchesne. Un nom bien français, une dégaine de brigade du tigre, comme ça, avec sa vareuse d'officier et au vu de la qualité de la photo, on se dit "le mec, il a dû mourir en 14-18 en se prenant un obus boche dans une tranchée". Pas loin, il est mort en avril 1912, ce qui est un peu tôt pour se mêler aux boues de la Marne. Un passager du Titanic ? Eh non, il est mort le 12, et le célèbre paquebot a sombré le 14.

Non, ce monsieur Duchesne a eu une mort remarquablement banale pour l'époque : il est parti de la tuberculose à 37 ans, deux ans après sa femme qui avait subi le même sort. En ces temps là, tout le monde attrapait la tuberculose. Il semble que la principale activité de nos aïeux du XIXe siècle consistait à cracher ses poumons dans un sanatorium avant de mourir de langueur, comme on disait.

Ce qui rend le sort de ce Duchesne particulièrement tragique, c'est qu'il aurait pu se sauver lui-même. En effet, alors qu'il faisait ses études de médecine, il écrivit >> sa thèse << sur la "concurrence vitale" chez les micro-organismes. Il y note l'intérêt des sécrétions de certaines moisissures, nommément le Penicillium Glaucom, pour combattre les infections bactériennes. Il le note. Il soutient sa thèse, et puis on la range et on passe à autre chose. Et un rosbif va inventer la pénicilline trente ans plus tard. Et des millions de gens vont mourir parce que personne n'a remarqué cette thèse qui prenait la poussière sur une étagère de la BU de Lyon.

La morale de cette histoire : je sais pas. Publiez en anglais, peut-être ?
Tags: belles histoires
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