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Deadly neurotoxin

Vous voyez ce que c'est, un centimètre cube ? C'est un cube d'un centimètre de côté. Votre petit doigt fait un centimètre et demi de large, par exemple, donc un centimètre cube, c'est pas grand chose. Un centimètre cube d'eau, par définition, ça pèse un gramme. Ça représente trois ou quatre grosses gouttes de pluie. Si vous prenez ce centimètre cube et que vous le divisez en dix tranches carrées égales, que vous prenez ces tranches et que vous les divisez chacune en dix frites égales, et que vous preniez chaque frite et les divisiez en dix cubes égaux, vous obtenez mille petits cubes de un millimètre cube. Un millimètre cube d'eau, ça pèse un milligramme, c'est vraiment pas gros, c'est une gouttelette qui flottera dans l'air au milieu d'un nuage. Si vous l'étalez sur votre peau, ça va s'évaporer presque aussi sec. Prenez votre millimètre cube, et découpez-le encore en dix tranches carrées. Un dixième de millimètre d'épaisseur, c'est plus du film d'eau qu'autre chose. Vous avez 0,1 millimètre cube, et si c'est de l'eau, ça va peser 0,1 milligramme (notez là tout l'intérêt du système métrique). Prenez un liquide plus dense, comme le diméthylmercure par exemple, eh bien, il a une densité triple. Donc votre minuscule carré à peine visible à l’œil nu, il va encore falloir le diviser en trois plaquettes pour obtenir 0,1mg, ce qui, dans le cas du diméthylmercure, correspond à la dose toxique pour l'homme.


On va rire

Le diméthylmercure est peu utilisé en chimie, en raison de sa toxicité déjà, et puis, ça ne sert pas à grand chose. C'est l'unique raison pour laquelle, depuis sa synthèse initiale à la fin du XIXe siècle, on ne compte que quatre cas d'intoxication à ce composé. Quatre intoxications, c'est à dire quatre chimistes morts, vu qu'il n'y a pas d'antidote. Le dernier cas date de 1996. Une chercheuse s'était dit que ce serait une bonne idée de calibrer ses instruments de RMN avec ça. Elle connaissait bien les dangers du diméthylmercure, elle connaissait les précautions à prendre, elle disposait du matériel adéquat, elle était expérimentée, et évidemment elle portait des gants. Mais ce n'était pas suffisant : elle s'en est mis deux gouttes sur la main par inadvertance. On ignorait à l'époque que le diméthylmercure traverse le caoutchouc comme qui rigole, ainsi que la peau sous-jacente. Depuis, on a modifié la réglementation sur la manipulation de cette saloperie, notre malheureuse héroïne ayant passé ses derniers jours de lucidité à faire adopter de nouvelles règles de sécurité. D'ailleurs, il semble qu'on ai cessé d'en fabriquer, donc ça résout le problème. Elle est morte après dix mois d'agonie. C'est une molécule sympa, hein ?


En tout cas, elle a l'air

Quand on fabrique des moteurs fusée, la principale caractéristique que l'on recherche en général, c'est l'ISP, l'impulsion spécifique. Ça mesure l'efficacité du système, et ça s'exprime en secondes. Un système avec une ISP de 430s, ça veut dire que 1kg de carburant peut exercer une poussée de 1kg pendant 430s, c'est simple. C'est l'ordre de grandeur du maximum qu'on arrive à faire avec une propulsion chimique à l'heure actuelle, pour être plus spécifique, avec un moteur à hydrogène et oxygène liquide. Je dis bien que c'est la principale caractéristique que l'on recherche en général parce que ça permet d'envoyer des satellites plus loin, mais ça ne veut pas dire que c'est toujours ce qu'on cherche à faire. Il y a des gens qui ont des priorités différentes quand ils fabriquent une fusée, par exemple, il y a des gens qui cherchent à faire des fusées compactes. Du genre, assez petites pour rentrer par groupe de 12 dans un sous-marin, par exemple, vous voyez. Des gens qui sont souvent des militaires, bizarrement. Bref, pour ces gens, les carburants du genre hydrogène, c'est pas très intéressant, parce que ça prend énormément de volume. On ne pourra jamais faire discrètement décoller une Saturn-V à proximité des côtes Russes. Alors, pour ce genre de fusées, on a essayé de trouver des carburants peut-être un peu moins puissants que les ergols traditionnels des fusées civiles, mais beaucoup plus compacts.

Vous le croyez, qu'un imbécile a vraiment considéré le DMM comme carburant de fusée ?

Oui, parce qu'en plus, ça brûle plutôt bien (oh, et c'est un composé volatil, sinon c'est pas marrant). Donc le taré, il a voulu tester le truc. Il en a commandé CINQUANTE KILOS (de quoi donc tuer un demi milliard de personnes) à Eastman Kodak qui, avec un certain sens de l'a-propos, l'a envoyé se faire voir*.


On a une photo du taré en question dans sa jeunesse

Ils sont cons, ces ricains, quand même.

Eh, vous connaissez un peuple encore plus con ? Assez con pour concevoir un réacteur nucléaire avec des tonnes de plutonium dedans et de foutre un circuit de refroidissement au sodium fondu autour ? Et qui l'on FABRIQUE et FAIT FONCTIONNER pendant des années ? AH AH AH AH AH putain de pays de merde...


Au moins on le démonte

Bilibolographie
* "Ignition!: An Informal History of Liquid Rocket Propellants", John Drury Clark, 1972
Tags: science
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