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Refoulement


C'est un fait bien établi qu'un cours d'eau s'écoule toujours en suivant la pente descendante. Ou pas. Il y a en effet quelques curiosités hydrographiques recensée de par le monde, qui défient ce paradigme qui pourtant semble bien établi.

Le cas qui vient à l'esprit est celui des mascarets : c'est un phénomène spectaculaire qui se produit lorsqu'une marée violente remonte un estuaire, refoulant l'eau douce à contre-courant. C'est bien sûr temporaire, et comme on l'observe en Gironde les jours d'équinoxe, dès que la vague initiale est passée, le fleuve reprend sa marche placide vers la mer.

On dénombre aussi, ça et là, quelques centaines de ruisseaux rétrogrades. Il y a plusieurs configurations possibles, mais la plus fréquente est celle de cours d'eau montagnards qui, soudainement gonflés par une crue, se voient rapidement dotés d'un débit important. Emportée par l'élan donné par une pente précédente, et si elle rencontre soudain une faible pente, l'eau n'aura pas nécessairement le temps de stagner pour faire une retenue. Emporté par son élan, le flux peut donc remonter une faible pente sur quelques mètres, voire quelques dizaines de mètres. Le plus spectaculaire en France est sans doute la Gave de Bugatet, qui grimpe ainsi un dénivelé de de trente-cinq centimètres sur près de dix mètres de long.

Un autre cas de figure est celui des anomalies géodésiques. La Terre, en effet, n'est pas une sphère parfaite, elle a des bosses et des creux, des montagnes, des roches plus denses que d'autres, il arrive alors parfois, au hasard de ces reliefs, que la pente géométrique d'un cours d'eau, définie par les géographes, soit inverse de la pente gravitationnelle, définie par le vecteur de la pesanteur. L'eau donne raison à Newton, et suit la deuxième pente, quoi qu'en disent alors les cartes. La différence, toutefois, est subtile, et invisible à l'oeil nu : ce phénomène rare ne s'observe que pour sur des différences de pente de quelques centièmes de degré, et donc, sur des cours d'eau lents et larges, comme le Yebo, affluent du puissant Congo, qui remonte donc donc sur vingt-huit kilomètres (probable record du monde).

Et puis, il y a le cas particulier du Brahnafoutre qui, juste avant d'arriver dans la plaine de Calcutta, fait demi-tour, traverse un lac, deux autres rivières, remonte les collines de Jaharballalabad, attaque les contreforts de l'Himalaya à mi-pente de la vallée de Rajhmandriput, va se percher au sommet du Sandhruparna (7425m) et fait un bras d'honneur avant de redescendre vers la Chine. Ce curieux tracé étonne les scientifiques depuis longtemps, j'ai pourtant découvert une explication toute simple (j'ai fait les calculs, mais ils sont trop longs pour tenir dans la marge).
Tags: science
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