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Un film qu'il est bien !

L'autre jour, j'ai revu avec plaisir un film qu'il est super bien : Le maître de guerre. Un film de Clint Eastwood, avec Clint Eastwood. Je crois que si on devait résumer ce film en deux mots, ce serait : Clint Eastwood.



Le sergent artilleur Highway (Clint Eastwood), c'est un vieux soldat qui a fait toutes les guerres depuis les Croisades. Enfin, pas toutes, évidemment, mais on a bien l'impression que si. Pour finir sa carrière en beauté, il est envoyé faire l'instruction d'un peloton de jeunes marines. Alors il arrive dans le baraquement, et là... ben, ils sont frais, les marines. Un vrai boxon, entre les glandus autour du billard, les fainéants vautrés sur leurs lits et les "no hablas", on peut pas dire que ce soit vraiment la dream team. Et puis, y'a le black funky qui sort de la douche... Tiens, se dit alors notre brave Clint, mais c'est pas le connard qui m'a arnaqué hier soir à la station service ? Et le black funky, le caporal Jones (Mario Van Peebles) comprend immédiatement qu'il a vraiment pas de bol. Et là, vous vous dites sûrement qu'à la fin, le vieux sergent sera devenu super pote avec mister boombastic, dont il aura fait un marine, un vrai de vrai. Et vous avez raison. Disons-le tout de suite, si vous espérez être soufflé par des rebondissements échevelés et totalement imprévisible, il faut aller voir Usual Suspect ou un film de M. Night Shayamalamalamalan. Le maître de guerre, c'est un film carré comme le lit au carré d'un marine. Ça commence par le début, ça se déroule logiquement et ça se termine par la fin, où les bons gagnent, repos.

Et donc, à partir de là, ils sont mal, les rigolos. Il leur en fait chier leurs couilles par le trou de balle, Clint (c'est une expression militaire signifiant qu'il va notablement relever le niveau de l'entraînement). Coupe au carré, lit au carré, tête au carré, mais entre hommes d'honneur, attention ! Parce qu'il va finir par se faire respecter, puis aimer par ses hommes. On n'est pas dans un de ces films de pédales gauchistes du genre Stanley Kubrick ou Ridley Scott avec une morale à la con du genre "la guerre c'est pas beau, jeunesse brisée dans les tranchées, oh là là". Pour Clint, le monde se divise en deux catégories d'individus : les militaires et les tantes. Le seul moyen de devenir un homme, c'est d'en chier à l'armée. Et si Clint leur fait bouffer leurs roustons au vinaigre tous les matins à quatre heures (terminologie militaire signifiant qu'il leur prodigue un enseignement intense et varié), c'est pas pour le plaisir de les emmerder, ni pour se rendre intéressant, ni pour faire chier ce jeune trou de balle de commandant amateur de paperasse qui ne peut pas le sacquer. C'est pour qu'ils soient opérationnels sur le terrain, pour qu'ils aient toutes les chances de leur côté le jour où on les parachutera à l'autre bout du monde pour se battre contre les cocos. Ce qui va du reste se produire, mais nous n'en sommes pas là.

Ah ouais, Clint, c'est pas seulement un sergent, c'est aussi un homme, et en tant que tel, il a une gonzesse. En tout cas, une ex, qu'il essaie de ramener dans son pieu, d'où romance. Et là je dis danger ! L'écueil scénaristique était ici de taille, car dans ces circonstances, il est facile de sombrer dans la tarlouzerie intégrale, du genre Dustin Hoffman ou Billy Crystal. Oh, les gars, on n'est pas dans un film avec Meg Ryan, putain - quoi que Meg Ryan ai joué une militaire, mais on s'éloigne un peu du sujet. Bien sûr, pour reconquérir sa femelle, Clint-la-burne ne va pas chialer sous ses fenêtres ou lui offrir des fleurs, on est dans un film de Clint Eastwood, pas sur la route de Madison ! Clint, il va lui offrir un pack de bières, ouais, authentique, et puis il va apprivoiser l'engin comme le fait un marine avec un nouveau modèle de fusil-mitrailleur : en lisant le manuel. En l'occurrence, les magazines féminins. Bon, ça l'avancera moyen, mais à la fin, comme vous vous en doutez, la dame attend sagement le héros à la casa, comme il se doit.

Et puis donc, au bout d'un moment, ils partent en guerre. Alors c'est là que les trotskystes soixante-huitards mangeurs d'herbe à joints peuvent hoqueter, puisque la guerre en question, c'est l'invasion de la Grenade, en 1983. A en croire les historiens bolchéviques, ladite guerre a consisté, pour la première armée du monde, à envahir une île des Caraïbes minuscule autant que sans défense sous un prétexte fallacieux, et y'avait même pas de pétrole. Mais dans le film, on découvre la vérité : une poignée de héros de la Démocratie, armés de leur seul courage, ont affronté des légions de fanatiques cubains armés de tanks et de lance-missiles, dans le but de libérer des otages Américains que ces abominables métèques allaient sans doute livrer à toutes sortes de sévices sexuels aussi abominables qu'anti-chrétiens. Le peloton de Clint essuie en effet un feu nourri, et perd un homme. Mais ils parviennent finalement à écraser les troupes castristes, et à rentrer au pays, fiers mais modestes.

Et mister boombastic le loustic élastique, de retour à la base, après s'être illustré par sa bravoure et son astuce à la guerre, apprend à son sergent Highway tout fier qu'il vient de rempiler dans les marines, parce que finalement, ça lui plait. Et oui, il est de quoi être fier, Clint, il a gagné sa guerre, bobonne l'attend, il est fatigué mais il a fait le boulot. Il peut quitter l'armée la tête haute, la relève est assurée.

Putain, comment c'est un trop bon film.
Tags: art
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