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A lire avec la voix de Fréderic Mitterrand


Dans la cité des anges semée de poudre d'étoile, nombreux furent ceux qui se brûlèrent les ailes sous les sunlight artificiels. Une gloire précoce peut dévaster une âme plus sûrement qu'une ambition jamais accomplie. Nombreux sont les enfants-stars qui, dès l'arrivée de l'adolescence, sont rejetés dans les marges de l'oubli par un système qui leur a fait entrevoir une carrière ; il y en a tant d'exemples que c'en est devenu une règle, plutôt que l'exception. Prenez ainsi Barbouille, le peintre afro-américain hirsutiste des Barbapapas. Star dans les années 70, sa renommée ne survivra pas à l'arrêt de la série en 1977. Trop marqué par son rôle, les directeurs de casting lui tournent le dos. Il fera des bouts d'essai sans lendemain chez Coppola, Gus Van Sant ou Oliver Stone, fera une apparition - coupée au montage - dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick, quelques publicités en Thaïlande où il exploite avec honte le rôle qui l'avait rendu célèbre, mais bientôt, des habitudes d'alcool et une mauvaise réputation s'attachent à lui. Il aurait dû faire son grand retour dans "Kill Bill" devant la caméra de Quentin Tarentino, mais il meurt avant le début du tournage, dans un motel sordide en périphérie de Reno où il avait élu domicile, vraisemblablement d'une overdose d'amphétamines. Auparavant, il avait eu le temps de livrer au monde une dernière performance lumineuse dans "Le voyage de Chihiro", de Miyazaki. Adieu, l'artiste !


Barbatruc
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