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The Cretinous Star Sauvageons 7.03

3 ) La cabine de Diana



DS 1014.1

La cabine de Diana était la plus grande du Disko. Bien sûr, à l'origine, pour des raisons évidentes de préséances, c'était la deuxième plus grande du Disko après celle du capitaine, c’est à dire guère plus qu’un trou à rat fermé par une étroite chatière, mais depuis qu'elle avait découvert l'usage des inflateurs magiques, elle se l'était faite dilater à plusieurs reprises (la cabine). En fait, il s'agissait plus d'un appartement que d'une cabine. Un appartement plutôt grand d’ailleurs. De l’intérieur, ça avait plus la taille d’un entrepôt que d’une habitation. Pour être honnête, par les dimensions, ça dépassait les logis de certains rois du Septentrion, je pense même qu’on aurait pu y loger plusieurs roitelets sans qu’ils se sentent trop à l’étroit. Avec chacun sa reine, son fou, sa jolie princesse, son vaillant chevalier et son fourbe chambellan. C’était immense. Incroyable. Dantesque. Lorsqu’on pénétrait dans les appartements de Diana, on ne pouvait s’empêcher de s’exclamer « Et dire qu’ils ont fait ça sans connaître la roue ! » et de sortir son appareil photo. C’était quasiment aussi grand que l’appartement de fonction d’un haut fonctionnaire de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris.
En plus, il y avait la décoration. C’est qu’elle aimait ça, la décoration, Diana. Où qu’on pose les yeux, tout n’était que meubles d’acajou soigneusement cirés, tentures de velours à deux livres l’empan, lustres de cristal d’un poids potentiellement homicide, plantes exotiques en pot et hectomètres de rayonnage croulant sous les ouvrages savants dont, bien sûr, elle n’avait pas ouvert une page d’un seul. Jonchant artistement les tapis épais entre les tables basses et les vitrines emplies de curiosités anatomiques venues de toutes sortes de planètes, on butait sur une sphère armillaire en bronze poli figurant les constellations, divers instruments de navigation en cuivre ayant pour point commun d’être sans la moindre utilité dans l’espace, et un orgue digne d’un temple d’importance moyenne, en parfait état de marche, dont elle s’était dit qu’elle devrait apprendre à jouer un de ces jours. Tout ceci provenait de cadeaux de son équipage. Il était très gentil avec son officier en second, l’équipage du Disko. Et puis, il était bien compris entre les deux parties que pendant qu’elle installerait son nouveau meuble, elle aurait autre chose à faire que traîner dans les couloirs à surveiller que personne ne se conduisait de façon contraire à l’honneur et à la probité.
Enfin, il y avait le hublot. Elle persistait à l’appeler comme ça, parce qu’à l’origine, c’était effectivement un hublot. Et c’est vrai que vu de l’extérieur du Disko, ce n’était qu’un hublot comme tous les autres. Ah bien sûr, de l’intérieur, ça avait plutôt les dimensions du cadrant d’une horloge titanesque. Diana pouvait passer des heures alanguie sur son divan en cuir à contempler l’infini semé d’étoiles, un verre d’Ouzza à la main.
Une sirène retentit dans les coursives du grand astronef, pour prévenir l’équipage que l’on allait procéder à l’approche d’un système stellaire. Quelques minutes plus tard, le bronzinement sourd des machines monta d’une octave, puis redescendit par palier, tandis que des vagues colorées traversaient le Disko d’arrière en avant en produisant d’étranges effets sur les systèmes digestifs des quidams qui n’étaient pas encore accoutumés aux décélérations transluminiques. Diana se mit alors à compter sur ses doigts. Dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un...
Un grand éclair blanc passa devant la verrière, accompagné d’un bruit de choc sourd et d’un tremblement qui invita les pendeloques de son lustre de cristal à tinter gentiment. Plusieurs petits points lumineux dansaient le long des flancs de l’astronef, virevoltaient, changeaient brutalement de cap et parfois frôlaient la coque de l’astronef, ce qui permettait de discerner fugacement la forme de petits appareils anguleux et lourdement armés.
La clochette du cornet acoustique tinta.
« Allo ?
- Euh oui, c’est James.
- Salut James.
- Tu peux venir ?
- Pourquoi ?
- Eh bien tu vas rire, on nous tire dessus.
- Ah oui ? »
Tags: sauvageons
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