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La catin II - livre IV - Chapitre 6

Chapitre 6. Le trésor du dragon



« Du fric ! DU FRIC ! Y’en a plein, y’en a partout ! Y’a des MONTAGNES DE FRIC ! RAAHAHAHA ! »
Vertu se roulait de la façon le plus inconvenante dans les monceaux de pièces de toutes tailles. Il y avait de l’or, de l’argent, de l’électrum, des quantités de richesses comme on n’en évoque que dans les légendes. Et elle se vautrait là-dedans, en agitant de pleines brassées, en jetant en l’air et manquant de se faire mal – car l’or, c’est lourd, surtout quand ça retombe – mais rien de ce qui pouvait arriver à cet instant n’aurait été de nature à contrarier sa bonne humeur. Ces effusions étonnèrent les autres compagnons tout autant que les richesses présentes, car ils ne lui connaissaient pas une passion aussi dévorante pour l’or. Bien sûr, elle était voleuse, ça devait bien l’intéresser un peu, mais au point de perdre ainsi toute contenance... Il faut cependant dire, à sa décharge, que notre héroïne était d’extraction modeste, et qu’en outre, elle venait de subir toutes sortes d’épreuves physiques et mentales qui, bien qu’elle s’attelât à n’en rien laisser paraître, avaient dû altérer quelque peu sa sérénité et sa maîtrise de soi.
« Allez, allez, prenez tout, faut rien laisser ! Ramassez, ramassez, mettez tout dans les grands sacs, allez ! Du nerf !
- Euh, chef, rappela Ange, si je me souviens bien, le pseudophone nous a dit de ne rien prendre dans le trésor.
- Et alors, QU’EST-CE QU’ON S’EN FOUT TROP GRAVE ? Ils se sont BARRES ces cons !
- En plus de ça, fit remarquer Toudot, il y a bien trop de richesses dans cette pièce pour qu’on en transporte ne serait-ce que le dixième avec nous. »
Et Vertu fut bien obligée d’en convenir. Assise dans un creux, ayant amassé un assez joli tas entre ses jambes écartées, elle considérait maintenant l’aspect pratique de la situation. Pour peu qu’ils trouvent une sortie, il leur faudrait soit faire une dizaine de voyages, chargés comme des mules, soit embaucher des douzaines de porteurs. Mais lesquels ? Comment s’assurer l’obéissance de gens chargés de transporter de l’or ? Et tout ça pour aller où ? Ils n’avaient toujours aucun moyen de regagner Baentcher et la civilisation. En somme, ils étaient assis sur un tas d’or assez épais pour s’acheter chacun un royaume, et n’avaient aucun moyen d’en profiter. C’était rageant.
« Bon, écoutez, on va faire comme ça : on se fourre dans les poches tout ce qu’on peut commodément transporter, et le reste, on finit d’explorer le donjon. On fait la quête, tout ça, et quand ça sera fini et qu’on aura sécurisé une voie de sortie, on reviendra ici pour gratter tout ce qu’on pourra. »
Vertu étant de toute évidence revenue à la raison, ses compagnons l’approuvèrent et, après s’être agréablement chargés chacun de sept ou huit livres de métal précieux, ils se dirigèrent vers la sortie, un court tunnel de section semi-circulaire, largement assez haut pour qu’on y marche sans avoir à baisser la tête et en pente assez marquée. Ils manquèrent du reste de perdre l’équilibre, car bien que la pierre rugueuse fut apparente, en certains endroits, des couches de pièces subsistaient qui, glissant les unes sur les autres, rendaient la progression périlleuse.
Ils débouchèrent rapidement dans une nouvelle pièce qu’ils éclairèrent de leurs torches. Vertu n’en crut pas ses yeux. Réellement. Elle dut se retourner vers ses compagnons pour s’assurer qu’ils présentaient la même expression ébahie qu’elle-même.
L’endroit évoquait irrésistiblement la nef d’une cathédrale. C’était une cathédrale. Mais était-ce un lieu de culte ? Oui, sans doute, s’il existait une religion qui priait l’or ! Car les épaisses colonnes qui soutenaient la voûte étaient faites de lingots empilés ! La pièce qu’ils venaient de quitter n’était que l’une des douzaines de chapelles qui entouraient la salle principale, toutes vomissant des cascades d’or ! Le sol en était recouvert, à tel point qu’en des temps reculés, on avait dû le déblayer pour dégager des allées, et en faire des tas plus hauts qu’un homme, aux pieds des colonnes et le long des murs. Et là où auraient dû s’aligner les bancs des fidèles, ce n’étaient pas d’humbles bancs d’église que l’on trouvait, ni de riches bancs de bourgeois, ni aucun siège de quelque extraction que ce fut, mais des coffres, des douzaines, des centaines de coffres dont seuls quelques-uns étaient ouverts. En s’approchant toutefois, ils virent que ceux-ci étaient emplis de pièces d’orfèvrerie humaine, naine, elfique ou de races non-identifiables, certains incroyablement anciens, des merveilles ! Et en de telles quantités que nos joyeux forbans, que l’honnêteté n’étouffait ni les uns ni les autres, en furent proprement estomaqués, et manquèrent de sombrer dans la démence. Un peu partout aux alentours avaient été disposés avec négligence des meubles, chandeliers, retables, reliquaires et statues de styles très divers. Le plus humble de ces milliers d’objets aurait amplement justifié que des aventuriers partent en quête, se battent et s’entretuent lors du partage du butin. Et à l’emplacement du chœur, sous une coupole spectaculaire entièrement d’argent et piquetée de pierres précieuses, se trouvait un espace dégagé, assez large pour que puisse se lover...
Pour que puisse se lover rien du tout. Surtout, ne pas penser au mot en « D ».
« Alors là, dit Ange après s’être raclé la gorge, ça me la coupe. Je croyais savoir ce que ça voulait dire, « riche », mais le propriétaire de ce donjon, il faudrait inventer un mot spécialement pour lui.
- Que l’olisbos elfique de Galadriel me récure de l’intérieur !
- J’ignorais qu’il y avait tant d’or sur la Terre, observa le docteur. C’est stupéfiant.
- Bon, dit Vertu lorsqu’elle eut repris ses esprits, vidons nos poches.
- Pardon ?
- On laisse tomber la monnaie, c’est de la merde, ça vaut rien. Prenez les joyaux. Tiens, cette tiare incrustée de diamants, là, et ces bracelets en rubis, et tous ces machins avec des perles... allez, allez, activez ! »

Ils craignaient toujours que conformément à l’usage, quelque énorme monstre gardien ne surgisse de derrière un coin sombre, bavant et crachant, leur sautant dessus pour les dilacérer de ses chélicères purpurins dégouttants d’humeurs ichoreuses, mais il n’en fut rien. Hormis le bruit du pillage, aucun son ne vint troubler le larcin. Puis, ils se mirent en quête d’une issue. Et cette quête fut longue, car l’endroit était vaste, ses recoins nombreux, et en tous lieux, l’œil de ces forbans était attiré par mille choses fabuleuses qu’ils avaient bien du mal à dédaigner pour se concentrer sur leur tâche. C’est donc totalement par hasard que, alors que Quenessy examinait les bois et ivoires précieux d’une idole plus grande qu’elle, représentant quelque déité depuis longtemps tombée dans l’oubli de ses croyants, elle activa un levier secret. Et si à ce moment là, à l’autre bout de la grande salle, Aristide et Corbin n’avaient été en train d’étudier un groupe de fascinants bas-reliefs, ils n’auraient sans doute pas même entendu le vaste pan de mur s’effacer dans la paroi pour dévoiler, durant quelques secondes, les premières marches d’un escalier ascendant, avant de le dissimuler à nouveau aux yeux du monde. Alertant leurs compagnons, ils finirent par saisir les tenants et les aboutissants de cet ingénieux mécanisme, encore parfaitement fonctionnel après des siècles d’inutilité. En raison de sa masse et de l’évidente force qui le mouvait, il semblait douteux que l’on puisse bloquer le pan de mur basculant par quelque bricolage, aussi décidèrent-ils d’employer utilement les aptitudes de Dizuiteurtrente au sprint. Le jeune voleur fut choisi pour activer le mécanisme, tandis que les autres compagnons, postés devant le passage secret, le franchiraient de conserve.
Toute la difficulté de l’opération reposait donc sur les épaules de Dizuiteurtrente qui, s’il ne parvenait pas à rejoindre ses compagnons avant que la porte secrète ne se referme, se retrouverait isolé, autant dire mort. Il s’approcha de l’idole, parfaitement hideuse, une sorte de crapaud ailé dressé sur son postérieur. Il avait bien repéré le levier secret, la griffe de l’une des mains monstrueuses, et connaissait le chemin le plus rapide pour rejoindre ses amis. Accroupi pour prendre son élan, il tira donc la bobinette, puis...
Puis un déclic très léger fit s’élever son oreille. Un déclic presque imperceptible, mais notre héros avait l’ouie plus fine que le commun des mortels, aussi se retourna-t-il prestement, et vit quelque chose à quelque distance derrière lui.
Pendant ce temps, de l’autre côté de la salle, les huit compagnons avaient sauté d’un pas leste sur les premières marches du passage, puis avaient dégagé un espace suffisant pour que Dizuiteurtrente les rejoigne. Ils se retournèrent, attendirent, attendirent, puis entendirent un fracas au loin.
« Dépêche-toi, ça se referme !
- J’ai trébuché, répondit-il, je rec... »
Puis la l’épaisse cloison de pierre emporta au loin ses paroles.
« Il rec ?
- S’il est lucide, dit Vertu, il nous dit qu’il reconnaît son inaptitude à survivre dans un donjon et se tranche la gorge pour éviter d’être un poids mort pour ses compagnons. Mais il est à craindre qu’il nous indiquait plus simplement qu’il recommençait. »
Et effectivement, après quelques secondes, le passage secret se rouvrit, et le jeune homme hors d’haleine déboula à toute vitesse un peu avant l’échéance fatale.
« Bravo, bien joué l’artiste. Heureusement que tu n’étais pas poursuivi par des monstres, pas vrai ?
- Je ne que...
- En route, on a assez perdu de temps comme ça. »

L’escalier montait tout droit jusqu’à un être brutalement interrompu par une faille large comme dix hommes. De l’autre côté, le couloir semblait se poursuivre, mais il n’y avait aucun moyen de traverser cette blessure interne qui semblait entailler toute la montagne. Au fin fond des ténèbres, on distinguait par intermittence un rougeoiement malsain, et l’on pouvait en tendant l’oreille entendre un grondement assourdi, mais terrible. Ces détails rappelèrent à nos compagnons qu’ils étaient à l’intérieur d’un volcan.
Néanmoins, il y avait sans doute bien longtemps que cette faille avait isolé la partie supérieure du donjon, car on avait depuis taillé une chaussée dans le roc, qui longeait la vertigineuse falaise. On n’y pouvait certes pas progresser à deux de front, il fallait se coller contre la paroi, enjamber par endroit des portions où le chemin s’était effondré, et encombrés qu’ils étaient de leurs sacs, de leurs armes et de tout leur matériel, ils eurent bien de la peine à se retenir de choir dans le précipice. Toutefois, ils n’avaient pas fait tout ceci pour faire demi-tour, et avancèrent avec courage vers leur destin.
Bientôt, ils furent récompensés de leurs efforts par l’élargissement du passage, qui se mua en une sorte de petite terrasse assez large pour les accueillir tous ensemble. A l’endroit où la faille se faisait plus étroite, un petit pont de pierre blanche taillé et orné avec soin, aussi charmant qu’incongru en ces lieux terribles, franchissait le gouffre. De l’autre côté, on avait érigé deux statues de fer, figurant des guerriers brutaux et massifs, armés de gourdins d’autant plus impressionnants que chacun des colosses était haut comme deux hommes.
« Malheur, avertit Vertu, ce doivent être des golems ! »
Il n’y avait pas grand-chose à faire contre cette engeance, ils n’étaient pas armés pour affronter de tels adversaires. Vertu fit donc reculer sa troupe jusque sur l’étroit chemin qu’ils avaient emprunté pour venir, gageant que les lourds titans seraient incapables de les y suivre, et une fois que les siens furent en sécurité, une torche dans une main et une dague dans l’autre, elle fit mine de s’avancer sur le pont, avec la prudence que l’on imagine. Arrivée à mi-longueur du tablier, elle vit que rien ne bougeait. Peut-être s’était-elle alarmée pour rien ? Après tout, elle avait croisé nombre de statues dans ce donjon, dont aucune ne s’était animée. Elle jeta un regard derrière elle et fit un signe rassurant à ses compagnons. Ses compagnons que quelque chose tracassait, à en croire leurs cris et leurs gestes. Elle se retourna vers les statues. Qu’y avait-il donc ? Elle comprit alors, et son sang se glaça dans ses veines, alourdissant ses membres de quintaux de terreur absolue alors même qu’elle avait le plus besoin de ses jambes.
Car les deux statues la regardaient depuis le début. Leurs yeux morts étaient braqués sur elle, leurs têtes massives avaient suivi ses pas. Ces machines n’étaient pas oxydées par le passage des siècles dans cet environnement délétères, elles semblaient avoir été assemblées la veille.
Vertu resta figée un long moment, ne sachant quel parti prendre. Les deux golems étaient immobiles. Avait-elle rêvé ? Etait-elle le jouet d’une illusion, semblable à ces portraits exécutés par de grands maîtres et qui semblent vous poursuivre des yeux lorsque vous vous déplacez devant eux ? Elle recula lentement d’un pas. Hélas, les cous des deux monstres pivotèrent de conserve, presque imperceptiblement, mais assez pour que ce fut flagrant.
Ça pouvait durer longtemps. Le golem est notoirement patient, et il était hors de question de compter sur le sommeil ou l’inattention de ces formidables gardiens pour passer outre. Les affronter directement n’était pas plus avisé, un tel combat se solderait immanquablement par un massacre. Pouvait-elle trouver un moyen de les attirer dans le précipice ? Ou bien sur le pont, qui s’effondrerait peut-être sous leur masse ? Au vu de leur poids, elle peut-être profiter de sa rapidité et de sa petite taille pour éviter la première attaque, et... Que faire ensuite ? Elle se trouvait réduite à de bien hasardeuses spéculations. Toutefois, rebrousser chemin pour rejoindre ses camarades qui l’observaient, et surtout Condeezza, était hors de question. Jugeant dérisoire de brandir sa pauvre dague contre de tels adversaires, elle la rengaina et s’avança. Un pas, encore un. Mais quand donc ces lourdauds lanceraient-ils leur attaque ? Les nerfs vrillés d’irritation, elle en était à préférer la perspective d’un combat à la poursuite de ce petit jeu sadique. Mais hormis pour tourner la tête, et maintenant le torse, dans sa direction, les deux golems ne bougeaient pas.
Elle pouvait maintenant discerner dans l’ombre ce qu’il y avait derrière les deux gardiens : une plate-forme jumelle de celle dont elle venait. Une monumentale porte de fer, renforcée de larges clous d’un métal gris, en occupait le fond. Devant, le sol était jonché des reliefs macabres de nombreux combats. Des ossements, des fragments d’armures, des armes, tous brisés, tordus, concassés par une force extraordinaire. L’œil de Vertu revint sur le gourdin du golem le plus proche. Tous ces braves avaient-ils jadis fait le même calcul qu’elle ? Combien, parmi les pauvres diables aux crânes brisés, aux vertèbres disloquées, aux jambes réduites en échardes, avaient-ils compté sur la lenteur des gardes de métal ?
Sans que rien ne l’annonce, elle se jeta vers l’avant en exécutant une gracieuse cabriole, et se rétablit acrobatiquement en ayant opéré un demi-tour, évitant la zone où elle serait au plus près de ses adversaires. Ceux-ci se retournèrent. Et restèrent là, le gourdin sur l’épaule, l’autre bras ballant, la dardant de leurs regards sans vie. Elle recula de trois pas, accroupie, prête à bondir pour se dégager. Ils restèrent là, idiots et inutiles. Avaient-ils donc si peur d’elle qu’ils attendent qu’elle leur tourne le dos pour attaquer ? C’était improbable. Elle recula jusqu’à buter contre la grande porte. Elle se retourna, gageant que les golems ne pourraient pas approcher sans déclencher un vacarme épouvantable. Elle examina alors l’huis gigantesque à la lumière de sa torche. Ce n’était qu’un panneau de métal haut comme trois hommes, et qui à l’instar des golems, ne portait nulle trace de corrosion. Elle ne vit ni serrure, ni levier d’aucune sorte. La porte était-elle fausse ? Un leurre destiné à tromper les pillards, à leur faire perdre des heures précieuses ? Elle avait à de nombreuses reprises entendu parler de tels dispositifs, toutefois, construire une structure aussi massive dans le seul but de tromper des voleurs semblait totalement dément. Elle appuya pour s’assurer de la solidité du panneau, le frappa du poing pour en juger la force. Il ne résonna pas. Inébranlable, il devait être de métal plein sur au moins deux pouces d’épaisseur.
Soudain, quelque chose passa dans son champ de vision à sa droite. Une main gigantesque se posa sur le fer, et agrippa un clou. Une seconde main suivit. Sur la gauche, ensuite, deux autres mains colossales. Les deux golems s’étaient enfin mis en branle et, aussi silencieux que des fantômes mais cependant aussi réels que la montagne elle-même, ils venaient de l’empoigner. Et voici qu’en un de ces efforts mécaniques, parfaits dans leur forme, inaccessibles à toute puissance animale, ils la soulevaient, d’un pouce, d’un pied, puis d’un empan. Bientôt, ils l’eurent relevée aussi haut que leurs bras le permettaient, découvrant un couloir inquiétant. Lorsqu’un se fit entendre un puissant cliquet, ils relâchèrent leur effort, baissèrent leurs bras puissants, ramassèrent de conserve leurs gourdins monumentaux qu’ils avaient abandonnés par terre, puis reprirent leur place de part et d’autre du pont.
Et c’est alors que, l’un après l’autre, ils s’abattirent vers l’arrière dans un vacarme assourdissant de cloche brisée. Leur mission accomplie, ils resteraient désormais inertes à tout jamais.

« Alors là, bravo chef ! S’exclama Corbin, le premier à rejoindre Vertu.
- Oui, pas mal, approuva Condeezza en considérant distraitement les golems et les armures brisées.
- Eh oui, qu’est-ce que vous voulez, c’est ça le talent.
- Mais comment as-tu fait ? Demanda Dizuiteurtrente. C’est un prodige !
- Mais non voyons, lui répondit Vertu, il suffit de connaître le truc. Ah ah ah, jeune et naïf que tu es ! Je t’expliquerai bien l’art de vaincre deux golems de fer, mais comme tu n’as pas encore acquis l’expérience requise, cette science te serait plus néfaste qu’autre chose, aussi m’en abstiendrai-je. Bien, ceci étant dit, compagnons, poursuivons notre entreprise.
Tags: la catin de baentcher
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