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Que s'est-il passé après le dernier épisode de Goldorak ?

Goldorak


Episode 75 : Le retour

Fendant l'éther cosmique, le voici de retour... mais oui, c'est lui, le grand, le géant Goldorak ! Après tant et tant de tribulations, moult golgoths astéro-hachés, force anteraks planitronisés, 38237 navettes karchérisées au pulvonium, Actarus et Phénicia retournent enfin chez eux, la douce planète Euphor.

Le titan d'acier arrimé à sa soucoupe traverse maintenant la couche d'ozone nouvellement reconstituée, se glisse dans l'atmosphère fraîche de l'astre martyrisé, et sur le continent principal, survole un grand lac.

"Oh, Actarus, regarde, c'est le lac Rodomont, où nous passions nos vacances avec père et mère, tous les étés ! Arrêtons-nous ici, mon frère, s'il te plait...
- Tu as raison, Phénicia, que meilleur endroit pour retrouver notre chère Euphor ?"

La soucoupe effectue une large boucle et descend lentement se poser dans un pré entouré de palissades de bois. A proximité, ils remarquent une ferme accueillante et quelques champs labourés de frais, spectacle qui leur rappelle étrangement le ranch du Bouleau Blanc. Justement, un cultivateur en sort, attiré par le bronzinement de Goldorak. C'est un robuste gaillard d'une quarantaine d'années, chaussé de bottes épaisses et vêtu d'un simple tunique de travail.

" Regarde, phénicia, ce brave homme vient nous accueillir !
- Joie ! Il y a longtemps que je n'avais pas vu un autre Euphorien que toi.
- Allons nous présenter à ce manant."

Nos héros sortent de la soucoupe par l'écoutille de derrière, et ôtant son masque, Actarus hèle l'agriculteur.

" Holà, mon brave, va vite prévenir le seigneur de ce fief que le légitime souverain d'Euphor est de retour.
- De quoi ?
- Je dis que moi, Actarus, prince d'Euphor, reviens pour assumer les royales fonctions qui sont les miennes, depuis que mes regrettés parents ont péri dans l'invasion de notre chère planète. Va donc mander ton suzerain, j'ai à deviser avec lui d'affaires qui te dépassent.
- Eun'de dieu, vous êtes le prince d'Euphor ?
- C'est celà même.
- Actarus, le fils du roi Maurice IX d'Euphor ?
- Exactement. Et dis à ta bonne femme de nous préparer une collation et un bain chaud, car la route fut longue, et nous sommes las. Allez, du nerf que diable !
- Eun'minute, j'vais chercher quèque chose ! Ahn'dedieu.
- Tu vois Phénicia, ces pécores à l'âme lourde sont un peu lents à la détente, mais ils sont fidèles et attentionnés envers leurs maîtres. Vois comme il fait vite.
- Oh oui, Actarus.
- Tiens, le revoilà. Ah, le brave garçon, il nous apporte un cadeau de bienvenue. Il faudra songer à lui donner une petite récomp... Eh... tiens, pourquoi veut-il nous offrir ce vieux tromblon de chasse ?
- Je l'ignore.
- Parbleu, je jurerai qu'il l'épaule. Eh mais..."

Un coup de de feu retentit soudain, une volée de plombs s'écrasèrent devant les semelles d'Actarus, interdit.

" Attends que j'recharge, maudit dégénéré ! Tu vas voir comment on les reçoit, les princes d'Euphor !
- Vite, décampons !"

Une nouvelle volée de plombs s'abattit contre la carlingue blindée de Goldorak tandis que ses occupants se mettaient à couvert à l'intérieur. Le robot géant décolla aussitôt sans demander son reste.

" Mais cet homme est fou, ma parole ?
- Il aura perdu la raison, sans doute. Peut-être le saisissement l'a-t-il pris lorsqu'il nous a reconnus, ou bien les sévices infligés par les forces de Vega ont-elles altéré sa conscience.
- Le malheureux !
- Néanmoins, c'est une tentative de régicide caractérisé. J'en connais un qui va se faire rouer d'importance dès que nous serons arrivés à Euphorograd. Megamach !"

En quelques minutes seulement, Goldorak traversa le continent de part en part pour arriver en vue d'Euphorograd, capitale d'Euphor. Hélas, un spectacle de désolation s'offrait à leurs yeux. Des nobles tours bariolées qui avaient jadis fait l'orgueil d'Euphor n'avaient survécu que des moignons, servant de murs ou de fondations à d'autres constructions, bien moins audacieuses, que l'on avait construites en quelques années avec les décombres de l'ancienne cité royale. Ils évitèrent de trop contempler ces glorieuses ruines, porteuse de tant de funestes souvenirs, et se dirigèrent vers l'astroport, à quelques kilomètres de là.

Ils furent surpris de l'activité qui y régnait. Sur le radar de Goldorak apparaissent maintenant moult navettes et vaisseaux marchands quittant l'orbite ou s'y rendant, des vaisseaux dont l'aspect indiquait l'appartenance à toutes les cultures de la galaxie. C'était plutôt bon signe, car loin de la planète moribonde qu'ils avaient craint de trouver, cette effervescence trahissait une prospérité vigoureuse.

Un signal crachotta dans la radio.

" Euphorograd à soucoupe non-identifiée, indiquez identité, origine et cargaison.
- Je suis Actarus, prince d'Euphor, et à mon côté se trouve ma soeur la princesse Phénicia. Nous sommes venus aider notre peuple à se relever de...
- Cargaison.
- Euh... pas de cargaison.
- Suivez l'ILS fréquence 108.3 jusqu'à la zone d'atterrissage PAX 34."

Les deux altesses se regardèrent, interloquées.

" Sans doute ce butor n'a-t-il pas compris qui nous étions. Qu'à celà ne tienne, posons-nous."

Ce qu'ils firent. Lorsqu'ils descendirent, ils furent accueillis par un astrobot commercial doté d'un grand écran vidéo, qui leur indiqua le montant de la taxe d'astroport, et leur proposa, moyennant finance, divers services tels que le plein de carburant (divers carburants pour vaisseaux spatiaux disponibles), les réparations et maintenances courantes, un diagnostic complet de l'appareil, ou simplement un bon lavage. Alors qu'ils essayaient de se débrouiller avec la mécanique, ils constatèrent qu'enfin, on leur envoyait un comité d'accueil.

" Ah, tout de même, lança le prince à l'attention du fonctionnaire qui couraient à leur rencontre. J'ai failli attendre !
- Excusez-moi, répondit l'homme au long visage encadré de cheveux gris, dont l'uniforme marron impeccablement repassé indiquait l'autorité. Vous avez déclaré que vous étiez...
- Actarus, voyons. Actarus d'Euphor, le prince.
- Parbleu, mais oui, c'est bien vous ! Je vous reconnais.
- Quoi, on se connait ? Eh mais, bien sûr, vous étiez dans les gens de maison au palais ! Attendez, ça va me revenir... Firmin ! Oui, Firmin. Mon bon Firmin, quel joie de revoir un visage familier.
- Oui. Quelle joie. Mais on vous croyais mort.
- Je ne l'étais pas. Lors de l'attaque, je suis parvenu à m'enfuir et, échappant aux forces du Grand Stratéguerre lancées à mes trousses, je trouvais refuge sur une petite planète très intéressante dont je vous parlerai autant qu'il vous plaira, dès que nous serons au palais. Tant que vous y êtes, portez-y nos bagages qui sont dans la soute arrière.
- Vous êtes en train de me dire que vous vous êtes enfui d'Euphor.
- Tout à fait, au péril de ma vie, et blessé cruellement par un tir de véganium...
- Donc, pendant que nous autres Euphoriens souffrions le martyr sous le joug abominable des forces de Vega, enchaînés dans la nuit d'une servitude sans espoir, vous vous la couliez douce, tranquillement installés sur je ne sais quelle planète à la con...
- Euh...
- Et maintenant que Vega a disparu, comme par hasard, vous vous pointez la gueule enfarinée en attendant qu'on fasse un tapis de fleurs sous vos pas.
- Le tapis de fleurs n'est pas absolument...
- Mais... Ce vaisseau là, c'est pas un anterak de Vega ?
- Pas exactement...
- Je trouve que ça y ressemble beaucoup.
- En fait, Goldorak est un anterak, en effet, et c'est à son bord que j'ai réussi à m'échapper. Toutefois, je ne suis pas resté inactif, j'ai combattu pour défendre la Terre...
- Attends attends attends, mon coco. Tu veux dire que pendant toutes ces années où nous, peuple d'Euphor, on a résisté dans la clandestinité contre l'oppression, pendant que moi et tant de mes compagnons nous battions presque sans armes, sans matériel, sans secours aucun, sinon la bienveillance de la population civile déjà miséreuse, avec le ventre vide et des haillons sur le dos, pendant que tant d'Euphoriens sont morts héroïquements, ont été déportés à Akhereb-la-rouge ou torturés par les sbires de Vega, pendant tout ce temps, Monsieur le Prince de Mes Deux avait un ANTERAK à sa disposition et qu'il jouait les mercenaires à l'autre bout de la galaxie !
- Mais je ne vous permets pas, mon petit Firmin...
- Mais t'as rien à me permettre, Dugland. Alors d'abord, c'est plus "mon petit Firmin", c'est "Monsieur le Commissaire Politique, Responsable des Activités Astroportuaires". Et ensuite, t'es plus prince de rien. Parce que depuis que nos bons seigneurs nous ont laissé tomber, figure-toi que nous, peuple d'Euphor, avons décidé de nous débarrasser définitivement de l'oppression féodale et nous sommes constitués en une République Socialiste Révolutionnaire Autogéré, ça te la coupe hein, l'aristo ?
- Euh ?
- Par égard pour votre mère qui m'avait à l'occasion témoigné le minimum de considération auquel un être humain est en droit de prétendre, je vais attendre une demi-heure avant d'alerter la Police Politique. Mais d'ici là, toi et l'autre connasse, vous allez prendre votre soucoupe et me faire le plaisir de dégager en trombes, c'est clair ?"

Le prince et le fonctionnaire se toisèrent un instant sur le tarmac venteux de l'astroport. Puis Actarus dit :

" On peut au moins faire le plein ? C'est que ça biberonne, ces engins.
- La République Socialiste est heureuse de vous l'offrir, pourvu que vous alliez vous faire pendre ailleurs."

Et ainsi, par un soir gris et triste, Goldorak repartit vers l'espace, frontière de l'infini.

" Mais c'est un monde ! Et tu ne fais rien ? Mais nous sommes la famille royale, bordel de dieu, on a forcément encore des partisans, il faut fomenter une révolte, fédérer nos fidèles, reprendre les...
- Laisse tomber, Phénicia, c'est cramé. T'as entendu comme moi, c'est devenu un nid de cocos. On n'en tirera plus rien, c'est mort.
- Mais alors... on fait quoi maintenant ?
- Ben... moi je dis, le mieux à faire, c'est de rentrer sur Terre.
- C'est vrai, on est bien considérés, sur Terre.
- Très bien considérés même, depuis qu'on a vaincu l'envahisseur. Quasiment des héros. Et maintenant que j'y pense, le sang bleu, ça impressionne toujours les bouseux. On pourrait, je sais pas...
- Les convaincre que c'est dans leur intérêt que quelqu'un de neutre accepte, à son corps défendant, de prendre la tête de la planète.
- Quelqu'un qui viendrait d'une autre planète par exemple.
- Les convaincre, oui mais comment ?
- On a la presse dans la poche. Avec ton cul et mon intelligence, c'est jouable.
- Ouais, sûrement.
- Et puis au pire, s'ils résistent, on leur coule un ou deux porte-avions au planitron, ça les fera réfléchir à ce qui est bien pour eux.
- Bien dit.
- Allez, c'est plié, cap sur la Terre. Goldorak, go !"
Tags: textes divers
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