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La catin II - livre IV - Chapitre 11

Chapitre 11. Le duel qu’eut Vertu avec Arcimboldo



« As-tu par hasard quelques conseils à me donner avant que nous n’affrontions nos ennemis ? »
A mesures qu’elles se rapprochaient de Gaspard et Arcimboldo, les inclinations martiales de Vertu s’étaient quelque peu tempérées de bon sens, ce qui l’avait conduite à envisager une approche plus prudente. Dans cette optique, demander conseil à Condeezza n’était pas totalement absurde, attendu qu’elle était plus susceptible de connaître leurs forces et leurs faiblesses. Pour leur part, les deux hommes s’étaient tout d’abord lancés à leur poursuite, mais voyant que leurs proies, loin de les fuir, venaient à leur rencontre, ils avaient reculé jusqu’à la large esplanade située devant la grotte, jugeant sans doute ce terrain plus adapté à leur style de combat, tout en s’épargnant la fatigue d’une course sans intérêt tactique.
« Ils ne brillent pas par l’intelligence, mais au combat, ils appliquent un ensemble de tactiques bien rodées qui leur assure la domination sur leurs adversaires. Ils se sont longuement entraînés, ils ont répété toutes sortes d’enchaînements qu’ils se sont bien gardés de me dévoiler. Mais j’y songe, ils s’entraînent toujours à deux, ils combattent toujours à deux, et leurs combinaisons tirent donc parti de leurs couvertures mutuelles. Donc...
- Donc si on les dégroupe, on leur ôte cet avantage.
- Exactement. Attaquons les séparément, et nous aurons de meilleures chances.
- Tu as une préférence ?
- Oui, j’aimerais bien croiser le fer avec Gaspard.
- C’est lequel déjà ?
- Celui qui parle tout le temps.
- Et pourquoi une telle animosité envers Gaspard ?
- D’une part parce qu’il parle tout le temps et ça m’agace depuis que je le connais, et ensuite j’avoue que ça me tracasse depuis un moment de savoir qu’il m’a volé mon épée. La perspective de la reprendre sur son cadavre ensanglanté m’est douce, je le confesse. Cela dit, si tu veux te le réserver...
- Du tout, du tout, je te le laisse bien volontiers. De toute façon, c’est eux qui choisiront. »
Il faisait assez sombre, et l’endroit était accidenté, aussi Vertu mit-elle facilement à profit une zone couverte du terrain pour faire usage de tout l’attirail magique qu’elle avait glané dans le donjon. Ainsi disparut-elle à la vue des deux compères en trahisons et forfaitures, et se dirigea-t-elle aussitôt vers sa droite, afin de grimper jusqu’à une corniche surplombant la terrasse. Il fallait toute l’habileté d’une acrobate émérite pour se jouer ainsi de l’éboulis escarpé aux reliefs aigus sans faire tomber aucun caillou qui trahirait sa position. Notre héroïne était de cette trempe, et c’est avec prestance qu’elle parvint à son but avant même que les deux arsouilles ne parurent remarquer sa disparition. Avec délice, elle les vit s’agiter, faire de grands geste de bras et sans doute vociférer – mais leurs disputes se perdirent dans les grondements volcaniques. Puis, l’un des deux, Gaspard, se calma et commença à faire de grands gestes. Un sortilège ! La noire magie des paladins de Naong était à l’œuvre, déployant ses sombres volutes autour du guerrier, puis brusquement, se dissipa dans toutes les directions, frappant sa propre personne. Ce n’était qu’un sortilège de dissipation des illusions, comme elle s’y était attendue. Son invisibilité était bel et bien envolée, mais elle avait pris la précaution de se dissimuler accroupie derrière un bloc de ponce noire en forme de tête de chien, qui lui faisait comme un merlon. Surpris que leur conjuration soit sans effet, ils conférèrent un moment, puis prirent la décision qui s’imposait. En effet, ils étaient venus à la conclusion assez juste que, n’ayant pas pu descendre dans le lac de lave, Vertu avait fatalement trouvé une cachette dans les hauteurs, et qu’il serait imprudent d’avancer directement vers Condeezza sous le feu d’une archère qui se tenait probablement en embuscade, et qui n’était pas connue pour sa maladresse. Il aurait été tout aussi malavisé de grimper tous deux le long de l’éboulis, car ils se seraient alors retrouvés à tourner le dos à Condeezza, un situation peu avantageuse. Voici pourquoi ils se déparèrent, l’un escaladant la côte hasardeuse à la recherche de l’archère embusquée, l’autre progressant vers l’ennemie à pied. Conformément au vœu de Condeezza, ce fut Gaspard qui vint à sa rencontre.

Arcimboldo, pour sa part, grimpait avec embarras la pente accidentée, attentif à tout ce qui pourrait trahir la présence de son ennemie. Il avait rengainé son épée et encoché un carreau à son arbalète. Vertu ne se souvint qu’à ce moment là à quel point son adversaire était impressionnant : au naturel, il devait peser le double de son poids, et hélas, l’excédent n’était qu’os et muscles. De surcroît, il était revêtu d’une lourde armure de campagne composée d’un plastron d’acier épais, d’une cotte de maille d’apparence robuste couvrant les bras et les cuisses, de cnemides de cuivre, de gantelets qui avaient tout de l’objet magique et d’un casque à la mode nordique, de fer, de cuir et d’épaisse fourrure, d’apparence rustique mais offrant une bonne protection en contrepartie de concessions modérées au niveau de l’ouie et du champ visuel. Vertu s’aperçut avec embarras qu’elle n’avait pas la moindre idée de la manière dont elle pourrait lutter contre un tel colosse. Ah, mais voilà qu’il approchait !
Elle activa à nouveau sa cape d’invisibilité et se glissa dans l’univers crépusculaire des êtres furtifs. Glissant plus qu’elle ne marchait sur le sol caillouteux sous le couvert de son attirail magique, elle contourna avec plaisir le balourd guerrier qui avançait inefficacement. Elle avait tout d’abord hésité à se déplacer ainsi, n’accordant qu’une confiance limitée à la sorcellerie, mais elle devait bien reconnaître que dans la situation qui était la sienne, les arcanes étaient d’une aide précieuse. Sans faire le moindre bruit, elle se posta derrière lui, tira son arc et encocha une flèche. L’homme était maintenant de dos, ce qui n’était pas une bonne nouvelle pour elle, car dans cette position, il ne lui offrait pas un pouce de peau nue. Certes, la pointe de sa flèche aurait eu quelques chances de mordre la cotte de maille et d’entamer le membre qui roulait dessous, mais Arcimboldo n’était pas de ce genre de guerrier qu’arrêtent une jambe ou un bras transpercé, et elle pas assez de champ pour tirer une seconde flèche avant que le massif spadassin ne soit sur elle.
Soudain, le hurlement de l’acier contre l’acier déchira l’air empuanti d’essences soufrées : en contrebas, Condeezza et Gaspard avaient engagé leur duel. Arcimboldo tourna vivement la tête pour observer la scène, et Vertu en aurait sans doute profité si au même moment, son pied n’avait glissé, repoussant une pierre qui se mit à dévaler la pente. Le guerrier aux aguets s’en aperçut tout de suite et tira son carreau dans la direction approximative de Vertu qui, dans un même mouvement, lâcha sa flèche vers Arcimboldo, dévoilant irrémédiablement sa position. Chacun évita de justesse le projectile de l’autre, et d’un même mouvement, ils abandonnèrent leurs armes à distance devenues inutiles pour tirer les lames du fourreau et se jeter l’un sur l’autre. La voleuse avait agi d’instinct, laissant parler son agressivité, mais un cinquième avant le choc fatal, elle se souvint qu’elle n’était pas en position de force et profita d’un lourd rocher pour se projeter d’un violent coup de pied vers la gauche d’Arcimboldo, échappant de peu au demi-cercle mortel décrit par la large épée du colosse. Bien qu’il ne fut plus en position de porter un coup de son arme, il eut tout de même le réflexe de frapper Vertu au flanc d’un coup de poing d’apparence maladroit, mais que sa force herculéenne rendait aussi redoutable qu’un coup de massue. Touchée, elle poussa un cri en s’effondrant par terre, non sans avoir infligé en retours une estafilade le long de l’avant-bras coupable. Quelle remarquable rapière ! Elle avait tranché la maille comme si ç’avait été de la soie !
Arcimboldo, toutefois, ne se soucia pas le moins du monde de sa blessure, emporté par son élan, il laissa à son adversaire le temps de se relever, chancelante. Elle tira sa gauchère, mais n’eut pas les ressources nécessaires pour prendre le gaillard à revers. Elle attendit donc qu’il revint lui faire face, oubliant la douleur qui lui déchirait le flanc. Il avait tout d’un coup l’air moins sûr de lui. Peut-être ignorait-il à quel point il l’avait affaiblie ? Elle se campa fièrement de trois-quarts, le saluant d’un sourire et d’un petit geste du poignet qui fit danser sa lame d’une façon sinistre. Il n’était plus question pour Arcimboldo de se jeter à l’assaut à corps perdu, il payé assez cher cette leçon. Il se mit donc de côté, rendit le salut à son adversaire, se mit en garde, et se fendit dans la plus pure tradition des escrimeurs Occidentaux.
Vertu para à grand peine le coup de sixte, non pas qu’il fut particulièrement rapide, mais en raison de sa puissance. Elle tenta une contre-attaque de la gauche, mais buta sur la garde de l’épée adverse. Leurs armes étant, pour un instant, également neutralisées, Arcimboldo tenta de briser le genou de son ennemie d’un coup de pied qu’elle évita d’un saut fort inélégant, puis para le coup de taille qui s’en suivit en croisant ses deux lames au-dessus de sa tête. Elle se dégagea alors d’une roulade de côté, d’une prestance si étourdissante que son auteur en fut elle-même surprise, avant de répliquer d’un coup d’estoc à la gorge du paladin, et nul doute que si son allonge avait été d’une main plus grande, le combat aurait été bien abrégé d’autant. Toutefois, Arcimboldo parvint à reculer à temps et à contre-attaquer d’un violent coup de taille qui avait moins pour but de tuer que de se dégager. Vertu, du reste, n’eut qu’à se baisser pour éviter de se faire décapiter. Elle porta alors un coup de dague à l’aine et se replia avant d’en avoir pu apprécier les résultats. Ils étaient nuls : l’arme légère, faite pour les combats de rue plus que pour les batailles contre les fer-vêtus, n’avait fait sauter que deux mailles avant de se perdre bien inutilement dans le cuir épais de la braie sous-jacente.
Jusque là, ils se neutralisaient. Vertu considéra qu’en raison de sa vitesse supérieure, due à ses réflexes, à sa souplesse et à son poids, elle conservait l’ascendant, ou du moins, parviendrait à éviter les coups de l’ennemi. Toutefois, elle ne se faisait pas d’illusions sur leurs endurances respectives, et bien qu’elle n’en présentât pas encore les prémisses, redoutait l’instant où son bras se ferait lourd et sa cuisse paresseuse. Arcimboldo, toutefois, eut l’obligeance de lui fournir un répit bienvenu en faisant la conversation.
« Allons, arrête de jouer les héros. Donne-moi les clés et je te laisserai partir.
- Je suis sensée te croire ?
- Tu cours plus vite que moi, tu pourrais m’échapper sans peine. Nous avons une mission, nous devons tuer Condeezza, mais nous n’avons rien contre toi.
- De toute façon, je n’ai pas les clés, c’est elle qui les possède, tu le sais bien.
- Ah oui, c’est vrai, toi tu as le gnomoncule. Donne-moi le gnomoncule.
- Le gnomoncule ?
- Celui que tu as volé à Condeezza dans le tombeau de Daglioli.
- Ah, l’espèce de montre qui indique la direction des clés ! Mais que voudrais-tu donc en faire, si tu as déjà les clés ?
- Mais que tu es donc sotte, ne sais-tu pas que c’est bien autre chose qu’une simple boussole ? C’est à la fois la porte, la serrure et la chambre forte où est retenue l’épée Avogadro.
- Tu déraisonnes !
- Bien sûr que non, je ne dis que la pure vérité. Il est entre les mains de notre culte depuis bien des années déjà, c’est un des plus grands trésors qui fut jamais en notre possession. Le seigneur Naong a jugé utile de le confier à cette femme. Toutefois, elle l’a perdu, et qui plus est au profit d’une servante de notre ennemie, la Chose du Chaos. C’est pour réparer le tort fait à l’honneur de notre ordre que le seigneur Pegod nous a ordonné, à Gaspard et à moi-même, de tuer Condeezza et de récupérer le gnomoncule. Il n’a rien dit à ton sujet, je peux donc te proposer la vie sauve sans contrevenir à mes ordres. J’en fais le serment sur la foi que j’ai en mon dieu ; tu sais peut-être qu’un paladin de Naong ne peut briser un tel serment.
- Je comprends mieux, dans ce cas. Ta proposition est tentante, je le confesse. Vu ma position, j’y aurais souscrit volontiers si les circonstances avaient été autres. Mais je suis liée à Condeezza par des liens que tu ne peux comprendre, et que je ne suis pas sûre de comprendre moi-même. Je ne la trahirai pas. Battons-nous, donc.
- A ta guise. »
Les yeux d’Arcimboldo s’empourprèrent soudain d’une lueur diabolique, tandis que des lueurs violacées détouraient fugacement sa silhouette épaisse. Ne sous-estimant pas son adversaire, il venait de se lancer quelque sortilège de protection ou de fortification avant de monter à l’assaut avec une brutalité sanguinaire. Malgré sa masse, il porta une attaque d’une telle vitesse qu’il surprit Vertu laquelle, bien qu’elle fut aux aguets, ne put que l’esquiver d’un prodigieux bond acrobatique dans les airs qui l’amena à survoler un instant l’échine du guerrier. Elle lui porta alors un coup de rapière peu élégant qui aurait tout de même dû transpercer son cou et mettre un terme à l’affrontement, à la manière des toréadors mettant à mort le taureau. Mais ce buffle là n’était pas un adversaire facile, et d’un revers insoupçonné de son arme, il para le coup que Vertu avait cru imparable, sans même avoir besoin de se retourner pour ajuster son mouvement. Elle atterrit bien mal, accroupie, tournant le dos à son ennemi qui s’était prestement retourné. Il n’attendit pas qu’elle eut repris son équilibre et lui porta un coup si violent que, bien qu’elle réussit à le parer, sa rapière argentée lui fut arrachée des mains et vola à dix pas avant de se planter tout droit dans un rocher. Vertu, pour sa part, en était maintenant réduite à gésir à terre, le dos enfoncé dans le sol granuleux et brûlant, l’âme emplie d’horreur. L’immense paladin était au-dessus d’elle, brandissant son épée pour l’achever d’un coup formidable. Mais comment était-ce possible qu’elle meure ? Comment l’univers tolérait-il une telle abomination ? Elle voulait vivre ! Elle ne pouvait pas périr ainsi, misérable, loin de sa patrie, écrasée sous les coups d’une brute ! Tout son être se révoltait sous l’effet combiné de la terreur et de la colère, tout son être refusait cette perspective insupportable. Quelque chose, soudain, céda dans les tréfonds de sa conscience, quelque chose qui, elle le savait, s’y trouvait enfoui depuis sa naissance.
De son cœur qui n’était plus qu’une pulsation douloureuse et incandescente jaillit une onde d’énergie qui se propagea à toute vitesse le long de son bras droit, qu’elle avait tendu par réflexe en guise de futile protection. Mais ce n’était plus la pitié qu’elle implorait, c’était la puissance élémentaire qui l’environnait, la plus ancienne des magies, la pure et brillante énergie de la nature qui, débordant de son corps comme une marée ardente, jaillit soudain en un réseau d’éclairs d’un noir aveuglant. L’épée d’Arcimboldo, qu’il commençait à abaisser pour achever sa besogne, fut arrêtée net dans sa course, arrachée de ses mains et envoyée elle aussi au loin. Stupéfait l’espace d’un instant, l’homme incrédule resta suspendu, les mains ouvertes, puis fit mine de se pencher vers Vertu pour l’embrasser en une mortelle étreinte. Sa force était plus que suffisante pour briser l’échine d’une femme en une seconde, mais il n’eut pas le loisir d’atteindre sa proie : l’énergie dévorante secouait encore de spasmes le corps frêle de Vertu, avec une telle force qu’elle émit deuxième lacis d’éclairs encore plus puissants que les précédents et qui, cette fois, frappèrent directement son ennemi à la poitrine. Crucifié de douleur, il s’effondra en poussant les hurlements les plus pitoyables qu’il se puisse imaginer. Il se tordit par terre, tentant vainement d’échapper au déferlement de souffrance, et de longues secondes durant, Vertu tortura avec délice celui qui l’avait eue en son pouvoir. Elle savourait sa revanche avec une jubilation qui dépassait les fades sentiments que peuvent connaître les mortels ordinaires.
Puis, les hurlements se firent râles, avant de cesser. En un effort surhumain, reprenant le contrôle de lui-même, Arcimboldo venait d’invoquer la puissance de Naong en un contresort aussi improvisé qu’efficace : il se créa comme un bouclier mystique qui dévia de son corps les mortels éclairs de Vertu. Sentant soudain s’épuiser ses réserves, celle-ci cessa brutalement l’attaque. La situation avait peu évolué, si ce n’était que les deux adversaires avaient perdu leurs armes et épuisé leurs forces. Arcimboldo tenait difficilement debout, flageolant sur ses jambes, luttant pour conserver le contrôle de ses membres tandis que se dissipaient les douloureuses atteintes nerveuses qui le frappaient, et Vertu pour sa part n’était pas loin de l’exténuation. Elle eut soudain une idée.
« Tu veux toujours le gnomoncule ? Demanda-t-elle alors.
- Toujours. (elle nota cependant qu’il ne promettait plus de lui laisser la vie sauve)
- Attends une seconde. »
Elle plongea la main dans son pourpoint comme pour chercher quelque chose. Puis, son cœur se glaça. Elle chercha de l’autre côté. Blême, elle jeta un regard à Condeezza qui, en contrebas, se battait avec Gaspard. Elle revint à Arcimboldo, toujours immobile. Elle sortit alors un petit sac de cuir.
« Tiens, le voici. Va le chercher. »
Et elle le jeta de toutes ses forces en direction du lac de lave où, après une longue parabole, il finit par s’abîmer et se consumer en un éclair incandescent.
« Non ! » Hurla le sicaire en faisant deux pas en direction du centre du volcan. C’est alors qu’il quitta Vertu des yeux pour la première fois. D’un geste parfaitement coulé, destiné à ne pas éveiller prématurément l’attention de son ennemi, elle lança la dague qu’elle avait gardé en main gauche, une dague qui partit avec la très sûre trajectoire que confère des heures d’entraînement avant de trouver la gorge d’Arcimboldo. Le cri s’éteignit. Il ôta convulsivement la lame de son cou, et fit plusieurs pas en direction de Vertu, dans le but de l’emporter avec lui dans la mort. Elle n’eut qu’à se tenir à distance, et en quelques instants, la dague, en effet, avait instillé un venin dont les siècles n’avaient nullement atténué la virulence. Le temps fit son œuvre, et bientôt la victoire fut sienne.
Mais à cet instant, bien peu lui importait.
Tags: la catin de baentcher
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