aspexplorer (aspexplorer) wrote,
aspexplorer
aspexplorer

The Cretinous Star Sauvageons 7.07

7 ) Flash Thunder le héros de la galaxie



DS 1014.3

Une demi-heure plus tard, les convives étant descendus, un long véhicule volant se présenta devant le palais. Il était tout de chrome, des flammes peintes le long des flancs, et garni de divers appendices dentelés dont la seule fonction semblait être de découper les piétons. La foule accourue sur le parvis éclata de joie, reconnaissant visiblement le véhicule, puis sombra dans un pur délire adulatoire lorsqu’en sortirent les occupants.
Le premier était un homme énergique, athlétique et blond comme les blés, dont la peau hâlée par les soleils étrangers ou les séances d’UV mettaient en valeur sa puissante musculature et ses yeux bleus et décidés. Revêtu d’une combinaison orange moulante frappée d’un éclair bleu, la discrétion ne semblait pas dans sa nature, et c’est avec un grand sourire et un plaisir évident qu’en gravissant les marches, il saluait l’assistance et signait des autographes. Punch soupçonna avec juste raison qu’il devait s’agir du fameux Flash Thunder en personne.
Dans ses jambes, tentant de soutirer quelques bribes de gloire à son maître qu’il adulait (et commençait néanmoins à jalouser) se trouvait un gamin qui devait avoir douze ou quatorze ans, curieusement accoutré d’un body vert pomme ainsi que de gants et de bottines assorties, qui laissaient dénudés ses jambes et ses bras blancs, tout en mettant en valeur son petit postérieur rebondi.
Trottinant dans les pattes des deux précédents, il y avait aussi une chenille hexapode au dos brun et au ventre d’un rose obscène, à peu près épaisse et longue comme une cuisse d’homme, qui sautillait avec agitation en remuant la queue et en poussant des petits jappements aigus.
Un peu en arrière, avançait tant bien que mal un vieillard de grande taille, ayant presque totalement perdu ses blancs cheveux, qui avait dû être impressionnant dans son jeune âge, mais était maintenant tellement maigre et sec qu’il semblait sur le point de se transformer en poudre.
Il était aidé dans sa pénible progression par une ravissante jeune femme blonde, dont les courbes défiant la gravité étaient soulignées par une combinaison spatiale bleue d’une seule pièce, dont la fermeture éclair était bizarrement ouverte jusqu’à dix centimètres du nombril. Bien qu’elle fut de toute évidence une très brave fille, on ne pouvait pas dire qu’elle transpirait l’intelligence.
Tout le contraire de l’autre élément féminin du groupe, une grande brune à la peau sombre, pas trop mal dotée par la nature elle non plus, mais à l’aspect plus fougueux, plus robuste et plus musclé. Il était d’ailleurs aisé de s’en rendre compte, elle n’était vêtue que de longs gants montant au-dessus du coude, de bottes à très hauts talons montant à mi-cuisses, et de ce que sur une plage, on n’aurait guère pu appeler autrement que « bikini », le tout en noir. Les cinéphiles qui se la figureront sous les traits de Caroline Munro dans « Star Crash » ne seront pas loin de la vérité.
Elle discutait en aparté avec un homme fort trapu, aussi brun qu’elle, dont la combinaison maculée de cambouis rappelait assez celles en usage sur le Disko, dans les soute et les endroits salissants. Il portait le bouc, et son regard vif inspirait immédiatement la crainte et la méfiance.
Puis venait un robot de métal bleu, de la famille des androïdes, sûrement pas un modèle très moderne si on en jugeait par son aspect robuste et sa démarche saccadée. A moins que ce ne fut un androïde moderne qu’un de ses programmes avait incité à se déplacer en imitant un robot, ce qui est toujours possible, avec le marketing, on ne sait jamais.
Enfin venait un de ces quadrumanes pourpres tels que ceux qui circulaient un peu partout dans Eneozir, et que l’on appelait des bambouléens. Il avait l’air un peu plus éveillé que ses congénères.

Le bellâtre s’inclina brièvement devant la reine, avant de lui lancer un sourire éclatant, et s’exclama :
« Majesté, nous voici ! Les impondérables de la navigation spatiale ont retardé quelque peu notre venue, mais rien dans l’univers n’aurait pu m’empêcher de vous rendre hommage, Ô, Adamantia, splendeur et sagesse des nations. Ne craignez plus ni le courroux des cieux, ni la traîtrise des félons, car par ma foi, tant que Flash Thunder et ses hardis compagnons veilleront sur Yshaloth, le mal sera banni de ces parages et en toutes choses triompheront le bon droit et la décence.
- Sire Flash Thunder, répondit la reine en rosissant sous son fond de teint, votre galanterie n’a d’égale que votre prestance, et votre courage sans exemple inspire aux Yshaliens les élans les plus nobles. Soyez le bienvenue, mon ami, et que votre équipage partage notre table.
- Las, ma reine, le temps nous presse. Car tandis que nous pressions l’allure pour vous rejoindre, les détecteurs de mon « Foudroyant Lumineux » ont observé une gigantesque épave spatiale se dirigeant droit vers Yshaloth.
- Horreur ! Encore !
- Hélas... Une épave énorme, monstrueuse, bien plus grande encore que celle qui frappa notre pauvre planète voici quelques semaines. Et d’après les calculs que nous avons effectués en route, elle s’écrasera dans cinq heures à peu de distance d’ici, détruisant toute vie à des lieues à la ronde. Vous devez fuir, majesté ! Je vous en conjure, trouvez refuge avec vos gens à bord du Foudroyant Lumineux.
- Mais je ne le puis, vous le savez. Le devoir me commande de rester en mon palais en ces heures tragiques. Quelle reine serais-je donc si je fuyais, laissant Yshaloth agoniser dans les flammes ? Je n’ai certes pas été élue pour voir mon peuple souffrir et mourir... enfin bref, vous connaissez ces choses.
- Je comprends, majesté. Vous avez votre devoir, et moi le mien. Moi et mes compagnons ferons donc l’impossible, au péril de nos vies, pour détourner ce mortel météore de son orbite fatale. C’est avec joie et gratitude que nous accomplirons cette tâche, dont nous mesurons toute la solennité. Puis-je croire que vous nous décernerez, à cette occasion, le titre de Héros d’Yshaloth ?
- Mais bien sûr, vaillant Flash Thunder, et vous... Ah, mais il va y avoir un problème.
- Un problème ?
- C’est que je viens justement de décerner ce titre au capitaine Punch, que vous voyez ici.
- Coucou ! Fit l’intéressé en arborant son sourire le plus niais. »

Les Yshaliens ne différaient décidément guère des Terriens, y compris dans leurs traits les plus méprisables. Ainsi, conformément à un usage bien établi, tandis que le péril mortel se rapprochait chaque seconde un peu plus de la planète sans défense, Punch, Flash et la reine Adamantia se retirèrent seuls dans une salle de conférence du palais, afin de s’y engueuler copieusement. Ils laissèrent seuls les deux équipages, dans le hall monumental aux vitraux bariolés chantant la splendeur éternelle de la nature en fête. Splendeur pas si éternelle que cela cependant, si l’on considérait que dans quatre heures trente six minutes, il n’en resterait que quelques bactéries cyanogènes logées au cœur des failles les plus profondes du sous-sol.
Les sauvageons du Disko toisèrent d’un regard lourd d’hostilité les compagnons de Flash Thunder. Les serviteurs du palais firent cependant de leur mieux pour divertir leurs hôtes, faisant assaut de bonnes manières et proposant ici et là maint plateaux chargés de mignardises aux couleurs et aux textures invraisemblables. Bientôt, les deux groupes se mêlèrent autour des cruches de sangria et les piles de loukoums, sans toutefois s’adresser la parole. Jusqu’à ce que Khunduz, tente de briser la glace avec la brune en bikini. Il faut dire que fidèle à sa philosophie, il avait promptement saisi l’opportunité qui lui était faite de goûter aux alcools locaux, hors de toute modération.
« Alors ma belle, qu’est-ce que tu fais dans la vie ?
- Plaît-il ?
- Laisse-moi deviner, t’as pas la tête à être la copine du capitaine pas vrai ? C’est plutôt le genre de la blonde. Toi, tu t’occupes sûrement de l’armement ou d’un truc bien poilu comme ça, pas vrai ?
- Eh bien en fait...
- Ah, mais je manque à tous mes devoirs, je suis Khunduz Jdobrynewicz, le docteur Khunduz Jdobrynewicz ! Médecin-chef à bord de l’USS Disko, gloire de l’Astrocorps et honneur de la civilisation terrienne. Et toi, t’es qui ?
- Je me nomme Venoma, docteur, et vous faites erreur, je suis en charge des communications à bord du Foudroyant Lumineux.
- Sans blague ? En voyant ton air décidé et ta vigueur naturelle, je me disais que t’avais dû vider quelques chargeurs de phaser.
- Il se trouve que ça m’est arrivé, en effet, l’espace est plein d’imprévus. Toutefois, l’armement du bord, ainsi que tout ce qui est mécanique, est du ressort de mon collègue que vous voyez là-bas.
- Le brun à l’air fourbe ?
- Exactement, c’est Zladko Zarkoff, et je vous suggère de garder vos opinions quant à son physique, il est parfois un peu sanguin.
- J’en prend bonne note. Et le reste de votre excellent équipage ?
- Comme vous l’avez deviné, cette demoiselle distinguée que vous avez remarquée est la compagne de notre capitaine, la Pulpeuse Vanessa. Je précise que Pulpeuse est son titre officiel dans le vaisseau. L’androïde se nomme Slogo. Evitez de lui adresser la parole.
- Il est soupe-au-lait lui aussi ?
- Non, il est assommant. En parlant d’assommant, savez-vous ce qu’est un whaf ?
- Un whaf ? Non, aucune idée.
- Un whaf, c’est très exactement ce genre de créature sautillante qui fait son intéressant en bavant partout pour se faire remarquer. J’ignore pourquoi le capitaine a embarqué cette bête gluante, sans doute pour la touche comique. Nous avons aussi ce jeune garçon aux mœurs douteuses et à la croupe rebondie qui s’appelle Notig, et qui suit le capitaine partout où il va. Ne m’en demandez pas plus, je préfère ne pas m’étaler dans les détails. Ah, et puis le vieux monsieur, c’est le professeur Kragelius, notre scientifique.
- Et cet humanoïde poilu ?
- Lui ? On l’appelle Bamboula. C’est un bambouléen. Il fait l’homme de peine à bord du Foudroyant Lumineux. Je ne saurais que dire d’autre à son sujet. Ah mais tiens, on dirait que les voici qui sortent ! »

« Traître, faquin, butor ! » s’emporta le capitaine Punch. L’autre lui répondit dans son langage, qui était inintelligible, mais on saisissait bien le sens général du propos.
« Mais ma mère, elle t’emmerde mon petit pote ! Allez, mes gens, on va apprendre à cette bande de ploucs ce qu’il en coûte de défier le plus valeureux équipage de l’Astrocorps. »
Tags: sauvageons
Subscribe
  • Post a new comment

    Error

    default userpic

    Your IP address will be recorded 

    When you submit the form an invisible reCAPTCHA check will be performed.
    You must follow the Privacy Policy and Google Terms of use.
  • 9 comments