March 19th, 2007

pape

Le Chi



Putain, y'a des jours comme ça, on prend un coup de vieux. L'autre dimanche, par exemple, ben, Chirac a annoncé qu'il ne se représentait pas. Pour la première fois depuis 1974, Jacques Chirac ne sera pas présent à l'élection. 1974 !

Putain, trente ans !

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais je n'ai pas toujours une grande estime pour la presse. Ça ne s'est pas arrangé récemment quand j'ai vu ce déferlement de haine et de mépris se déverser sur Chirac (qui est toujours président). Non que je sois un de ses admirateurs, bien sûr, mais ce qui m'a choqué, c'est que jamais ces salopards ne s'en seraient permis le quart du tiers du temps où Chirac avait encore les moyens de répondre. Obséquieux avec les puissants, odieux envers les petits... Vermine de journalistes !

Donc, par pur esprit de contradiction, je vais vous faire une défense et illustration de l'oeuvre de Jacques Chirac. Car oui, il a fait des choses bien.

  • On se souvient qu'il a supprimé le service militaire, relique désuète de temps anciens. Mais on oublie que cette suppression n'a été qu'un aspect d'une vaste entreprise de restructuration des armées, visant à doter la France d'une force axée sur la projection extérieure, et non plus sur les batailles de chars contre les soviétiques en Europe centrale.
  • Chirac a ramené le mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Pour ma part, j'estime que c'était une mauvaise idée, mais plein de gens très intelligents ont estimé que c'était très bien.
  • Il a amorcé la réforme des retraites. C'est évidemment injuste pour ma génération de devoir payer notre retraite et celle de nos parents, mais comment faire autrement ?
  • Il a envoyé chier les Américains et leurs laquais de tous poils et protégé les Français d'une aventure désastreuse en Irak, grâce lui soit rendue pour ceci.
  • En matière européenne, rappelons quand même que c'est grâce à lui que le RPR s'est converti massivement à l'idée, alors qu'auparavant, le parti gaulliste était majoritairement opposé.


Cela dit, ce pour quoi je conserverai un bon souvenir de Chirac, c'est la constitution européenne. Certains disent qu'il aurait mieux fait de faire passer ça par la voie parlementaire. Ceux qui disent cela sont soit des démocrates qui ont oublié ce qu'est une constitution, soit d'authentiques scélérats. Chirac a fait la preuve d'un minimum de décence démocratique en présentant ce texte devant le peuple. Il a joué, il a perdu. Mais là où la dimensinon du personnage s'est révélée, c'est au soir du 29 mai. Alors que les Strauss-Kahn, Sarkozy, July, Duhamel et autres béni-ouiouistes de la "France autorisée" jacassaient comme des pies leur haine de ces cons de citoyens qui les empêchaient de gouverner entre eux, Chirac s'est comporté comme un Président de la République. Il a pris acte du résultat, a signifié que ça ne lui faciliterait pas la tâche, mais que néanmoins, il défendrait le point de vue de la France tel que le peuple l'avait exprimé.

Et plus important encore, il n'a pas démissionné ! A l'inverse de cet imbécile de De Gaulle, qui a fait preuve d'un grand manque d'inspiration après le référendum perdu de 1969, Chirac est resté à son poste, signifiant ainsi qu'un référendum n'est pas un plébiscite.

Quelque estimation que l'on puisse avoir de la stature de Chirac, force nous est de constater que Sarkozy, puisqu'il sera élu, ne l'atteindra jamais. Chirac s'est efforcé de réunir les Français, Sarkozy de les diviser. Chirac a souhaité élargir l'influence de la France et son indépendance, Sarkozy est un Américain et ne s'en cache pas. Bref, Chirac a fait le boulot.

Eh oui, le pire, c'est qu'on va le regretter, le Chi.
illuminati

Qu'est-ce que j'écris bien des fois

C'est pas vraiment mon habitude de me vautrer dans l'autosatisfaction béate... ah ben si d'ailleurs.... enfin bon bref... J'ai écrit sur Agoravox (le média citoyen) une brève réponse à un article intitulé "Francophonie : l’occasion ratée... encore". C'est sûrement pas ce que j'ai écrit de plus intelligent, mais c'est bien tourné, je crois. Bon, je vais me branler un coup et je reviens.

Francophonie-ci, francophonie-là... Pendant que dans leur bubulle microcosmique, les ministres francophones de la culture discutent de problèmes qui n’en sont pas à grand renfors d’amphigourismes et de circonlocutions champignaciennes, les ministres de l’économie de moult républicules bananières se frottent les mains des quelques millions dont vont les abreuver les caisses inépuisables et généreuses de l’Etat Français, tandis qu’au Quai d’Orsay, on se réjouit de pouvoir justifier une année de plus le siège permanent d’une certaine ex-puissance au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Et nos braves journaux de braire leur exultation caprine devant ces chiffres aussi impressionnants que les lèvres d’Emmanuelle Béart: deux-cent millions de francophones ! Cinq-cent millions de Français ! Douze milliards de Berrichons ! Réjouis-toi, contribuable, ton impôt n’est point dilapidé en pure perte dans ces réunions pompeuses, c’est le Rayonnement de la France, lumière du monde, phare de la raison, étalon des arts et des sciences, que tu entretiens par ta modeste obole !

Et pendant ce temps-là, en Chine...