June 26th, 2007

masson

C'est pas tant le merdier

Je suis tombé par hasard sur cette page.

Quel joyeux merdier

Il s'agit du site d'une "association" d'espérantistes dont on devine qu'elle ne doit pas compter beaucoup plus d'un membre, où on nous explique que l'espérato, c'est merveilleux, c'est splendide, c'est parfait, sauf que personne ne s'entend sur la manière dont ça s'écrit. Avec un certain bon sens, et contrairement à ce que prétendent Masson et sa bande, il acte que ce n'est pas simple comme bonjour d'écrire un g avec un accent circonflexe avec un clavier honnête, d'où le petit articulet ci-dessus.

C'est ça qui est dommage avec les bonnes idées, c'est que tout le monde se dit "c'est merveilleux, c'est génial, même moi j'aurais pu avoir cette idée", ce qui rapidement conduit à vouloir le prouver en essayant d'améliorer l'idée en question. D'où, dans le cas de l'espéranto, une débauche de notations alphabétiques, que l'auteur évoque de façon mystérieuse sous le terme de "multiples codes simplistes utilités par des inconscients" - ce après quoi, il se propose d'en rajouter un. Cette simple phrase trahit les empoignades homériques qui doivent agiter le parti espérantophone depuis des lustres sur cette question. Elle trahit aussi à quel point de rancissement mental sont arrivés certains espérantistes pour s'entre-égorger sous des prétextes aussi futiles.

Notez au passage comme la controverse sur l'alphabet fait curieusement écho à celle qui donna naissance à l'espéranto lui-même : le principe était, il y a trop de langues dans le monde pour que les hommes s'entendent, ajoutons-en une. Ici, il y a trop de conventions alphabétiques pour que les espérantistes se lisent, rajoutons-en une. Quel dommage que ces débats enflammés et fondamentaux pour l'avenir de l'humanité se déroulent dans le cercle espérantiste, et pas au grand jour, ça nous donnerait l'occasion de rigoler.