September 18th, 2007

madscientist

C'était pour faire avancer le schimilbili...

Observez attentivement la photo ci-dessous (click to enlarge)



Deux questions :

  1. Qu'est-ce que c'est ce zinzolin, au fait ? (facile)
  2. Donnez un nom rigolo à ce bidulomètre.


La réponse

Je suis déçu, je pensais que vous trouveriez. Bon, alors la réponse, il s'agit d'un prototype de statoréacteur nucléaire TORY II-A. A l'époque, les USA n'avaient pas de missiles balistiques intercontinentaux dignes de ce nom, et envisageaient donc d'envoyer sur l'URSS des missiles de croisière propulsés par des statoréacteurs nucléaires, où le flux d'air supersonique traversait donc un réacteur en céramique d'uranium pour s'échauffer jusqu'à 2000 °C.

Aussi bizarre que ça puisse paraître, ça a parfaitement fonctionné au banc d'essai, ils ont d'ailleurs fabriqué un autre réacteur plus grand, le TORY II-C. Le seul problème, c'est qu'un statoréacteur ne fonctionne que quand il est alimenté par de l'air à haute vitesse, et donc, à l'arrêt, il est aussi efficace qu'un tuyau de poële chauffé par un butagaz. Donc, il fallait fabriquer un engin volant gros comme une locomotive et trouver un moyen de l'accélérer jusqu'à mach 1. Il fallait développer un système de guidage capable d'amener l'engin sur des milliers de kilomètres jusqu'à Moscou en rase-motte. Et puis, il fallait le tester, ce bougre d'appareil. Et le tout se déroulait il y a cinquante ans !

Bref, une idée qui manquait singulièrement d'esprit pratique, mais c'était une piste qu'il fallait explorer car on ignorait alors si les fusées à carburant liquide étaient réellement une technologie fiable. Il se trouva que ce fut le cas, et voici pourquoi les tory sont restés à l'état de prototypes.