July 3rd, 2008

Tintin moussaillon

Polésie encore

On a loué cent fois et plus l'humble industrie du charpentier,
Le dur métier du laboureur, chaque saison recommencé,
Tous les matins, même dimanche, se lève tôt le boulanger,
Mais qui jamais s'intéressa au sort de l'artisan bombier ?

Dans sa cave, les yeux usés, ses doigts noués par le labeur,
Le dos courbé sur le métier, fignolant son détonateur,
Patiemment, il tisse ses fils avec une infinie lenteur,
Arachnéenne création sur laquelle s'écoulent ses heures.

Ouvrier aux gestes infinitésimaux,
Pour la cause accomplit son obscure besogne
D'autres trouvent la gloire, lui, tout seul, se renfrogne.

Il finira, au chenil de Guantanamo,
Déchiqueté, ou abattu par le Mossad
Tel est son destin de bombier, so long, so sad...