January 10th, 2011

ménagère

Excusez-moi de vous déranger

C'est atterrant d'entendre les tristes laïus de ces rebuts de l'humanité qui traînent dans le métro, extorquant quelque argent à des smicards pour se payer leur barrette de shit. Outre le bruit et l'odeur, leur baratin est toujours le même et par sa médiocrité, vous plonge dans la consternation plus encore que la situation personnelle du ladre en question. Pourtant, c'est pas compliqué d'y mettre un peu de gueule, quoi. Tiens, un quart d'heure, et voilà ce que je fais :

Perclus par les tourments d'un destin contrariant,
Orphelin à six ans, enfant de l'assistance,
Exposé aux brimades, objet de maltraitance,
Me ferez-vous l'aumône, messieurs, d'un ou deux francs ?

Certes, il en est bien d'autres qui vous sollicitent,
Tant qui, comme moi-même, quémandent la monnaie,
Vous attristent, importunent, ou parfois vous effraient,
Annonant tristement ce texte qu'ils récitent.

Ils sont poltrons jusque dans la mendicité
Sans honte la font rimer avec facilité
Ne leur préférez-vous cent fois un bon quatrain ?

Moi au moins, notez-le, je me suis bien fait chier,
Comptez-les, je vous prie, ça fait bien douze pieds.
Je mendie, j'en rougis, mais en alexandrins.


Si avec ça, on ne récolte pas 50 euros par jour, c'est bien le diable.