February 8th, 2011

Zongo

Semaine d'action pour le rétablissement de la peine de mort


Voici trente ans était abolie en France cette terrible institution qu'était la peine de mort. Trente ans que le cagoulard Mitrand et l'avocat Badinter, de son vrai nom Badinterowitchowsy, ont consacré la victoire des crapules sur la loi naturelle. Trente années, soit une génération entière de voyous élevés sans que ne plane sur eux l'ombre majestueuse de la guillotine, trente années de laxisme socialisant ayant permis de convaincre les pires criminels que tout ce qu'ils risquaient à violer, torturer et assassiner des innocent, c'était un séjour prolongé et tous frais payés dans un Club Méditerranéenne amélioré, sous la surveillance d'un juge d'application des peines gauchiste. Trente années perdues au cours desquelles la sensiblerie déplacée de quelques dadames à chienchiens et les scrupules effarouchés de quelques bourgeois naïfs auront triomphé du bon sens et de la coutume millénaire. Triomphé ? Point encore ! Car nous autres, Français, citoyens, gens de bien, pouvons encore clamer haut et fort notre conviction, et au final, faire changer ce qui doit l'être.

Pour ce faire, je suggère que nous adoptions la politique dite des petits pas, qui a tant réussi à nos adversaires. Ceci consiste à aborder la muraille ennemie par son endroit le plus faible, le plus vulnérable, et à y introduire un coin, que par la suite, nous n'aurons qu'à pousser, pousser et pousser encore, jusqu'à ce que cède le barrage et se libèrent les forces éternelles de notre pays. Concrètement, je propose que dans un premier temps, nous appuyions avec véhémence le rétablissement de la peine capitale pour quelques catégories soigneusement choisies de criminels, dont les méfaits particulièrement atroces ne pourront en aucun cas trouver une excuse. Qui donc se hasarderait en effet, parmi ces beaux esprits germanopratins, parmi les plumes élégantes de la presse pourrie, qui donc défendrait un Marc Dutroux, au risque d'attirer sur lui des soupçons de complaisance avec la pédophilie ?

J'ai donc isolé quelques catégories de malfaisants spécialement abjects, dont il sera difficile à nos ennemis de prendre la défense. Ce sont :
- Les criminels sexuels sur enfants
- Les violeurs et assassins multirécidivistes
- Les assassins de gendarmes et policiers (leurs syndicats nous appuieront sans réserve)
- Les gens qui gardent la sonnerie par défaut sur leur téléphone portable

Après mure réflexion, l'approche ayant le plus de chances de succès est de s'attaquer à la quatrième catégorie : les gens qui gardent la sonnerie par défaut sur leur téléphone portable. La raison en est fort simple et je vous l'exposerai ainsi ; l'humanité se constitue d'individus. J'entends par là qu'ils ne sont pas interchangeables, mais qu'ils ont chacun leurs aspirations, leurs rêves, leurs phobies, leurs qualités et leurs défauts, bref, leur personnalité, fruit de leur apport génétique autant que de leur expérience unique. Et cette unicité de la condition humaine, chacun tient à l'exprimer par une créativité qui lui est propre. Rien n'est plus insupportable à l'homme que de devoir accomplir une tâche répétitive, une sotte besogne sans variation aucune. Le labeur est-il assommant ? Il y inventera de quoi justifier sa fierté ! Le plus humble fabricant de brique des bords du Nil croit avoir un savoir-faire que son voisin n'a pas dans l'art de fouler la glaise avec ses pieds, l'autre s'enorgueillit de mouler des briques plus carrées grâce à son procédé à lui, tandis qu'un troisième est intimement persuadé que sa brique est plus solide, car il y mêlera telle paille et non telle autre. Ainsi, tous, à notre niveau, dans notre vie quotidienne, dans notre métier, dans la façon que nous avons d'élever nos enfants, de conduire notre voiture ou de pratiquer le développé-couché, avons la fierté de le faire à notre manière. C'est, je crois, ce qui définit le mieux l'humanité, et nous sépare de ce qui ne mérite pas le nom d'homme.

Alors, quand on entend dans les transports retentir le jingle débile de Bouygues, d'Orange ou de SFR, ou la sonnerie de Nokia, Samsung, voire d'un iPhone, comment peut-on rester stoïque devant une telle négation de ce qui fait notre identité ? Comment garder contenance devant un tel affront jeté à la face du libre-arbitre ? Car enfin, s'il est un domaine où il est aisé de faire preuve de créativité, c'est dans la personnalisation de son téléphone. C'est à la portée de tout un chacun, ça ne demande que deux minutes et ça ne coûte rien. Pourquoi s'en passer ? Ceux qui s'en passent, précisément, prouvent par là même que ce que nous considérons comme la plus sacrée, la plus noble partie de nous-même, eux n'en ont cure. Ils ne le conçoivent même pas. Ils l'ignorent, la créativité ne fait pas partie de leur univers. Et eux-même, par conséquent, s'excluent de l'humanité. Aussi, devant la preuve aussi accablante qu'ils ne méritent en rien le respect de la personne humaine dans lequel se drapent les abolitionnistes, j'estime assez aisé de convaincre le Parlement de rétablir à l'attention de ces méprisables créatures la peine de mort.