February 17th, 2011

facepalm

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Elle voulait voler haut, très haut, toucher le soleil, mais sous les sunlights trompeurs des projecteurs, elle s'est brûlé les ailes. Dans la Cité des Anges, déchue, Béatrice Martin s'est écrasée, perdue dans la poussière d'étoile. Pourtant, tout avait bien commencé pour celle qui avait connu le succès au tournant des années 2010, avec ses mélodies melliflues d'ingénue tatouée. Mais de soirée trop arrosée en amitiés frelatées, d'amours d'un soir en scandale aviné, la voix s'était enraillée, brisée, et la gamine potelée s'était muée en pitoyable épave bouffie. Après une tentative de come-back raté dans les années 2035, ç'avait été la descente aux enfers finale ; vagabondage, ivrognerie, prostitution de passage. On ne reconnaissait pas son visage ravagé par l'alcool, on feignait de ne pas le reconnaître. L'oubli, bien vite, le show-business amnésique et impitoyable qui consomme ses idoles... C'est dans son petit studio de la banlieue de Montréal, dont elle ne payait plus le loyer depuis trois mois, que la police l'a retrouvée morte, emportée semble-t-il par le coma éthylique après une ultime tentative de fuite dans le mauvais vin. Adieu, Béatrice, nous qui t'avons connue dans l'éclat de ton printemps, nous chérirons le souvenir de cette femme-enfant, de cet éphémère papillon à la voix si fragile.