April 7th, 2011

facepalm

Encore des canards


Isidore le caneton, longeant la mare aux canards, se dandinait en lambinant, suçotant quelque algue moisie, musardant. Le bec en l'air, il contemplait en haut des cieux le ballet des moutons portés par le vent, l'esprit voguant, invité à la méditation par le murmure du vent dans les feuilles, et songeant à son cousin Théodore qui s'en était allé voici quelques mois dans quelque lointaine contrée poursuivre ses ambitions de canard. Il flânait tant et si bien qu'oubliant où il était, il commença à s'enfoncer dans la vase collante. Lorsqu'il s'en aperçut, il en avait déjà à mi-pattes ! Et quand on les a palmées, il est bien difficile de se désembourber, foi de canard ! Voyant que plus il se débattait, plus il s'enfonçait dans la bourbe gluante, il appela à l'aide, sans trop d'espoir d'être entendu, car dans ces campagnes, chacun vaque à ses affaires, c'est la dure loi de la nature. Bientôt, le jour se mit à décliner, et le ciel s'empourpra, tandis que le vent fraîchissait. Ah, se lamentait Isidore, vautré dans la boue, recouvert de glaise, tandis que ses forces l'abandonnaient, ah, si seulement mon cousin Théodore était ici, avec sa force et son habileté, il aurait eu vite fait de me sortir de là. Et c'est à ce moment précis qu'il fut là ! Théodore, le plus beau, le plus fort des canards, sa grise livrée de plumes luisant dans le jour finissant, qui saisit vigoureusement l'aile d'Isidore dans son bec et l'extirpa avec une force suraviaire avant de le déposer plus loin, dans une touffe d'herbe. Mais par quel miracle Théodore avait-il entendu l'appel de son infortuné cousin ? ♣♣♣