July 9th, 2012

artiste

Un film indépendant

Tiens, me disais-je tantôt dans mon fort intérieur, j'ai bien envie de regarder un flim. Oui, mais j'en voulais un qui fut pas trop prise de tête, comme j'aime, un flim bien deb'. Deb ? Bon sang, mais c'est bien sûr, je vais regarder D.E.B.S !

Alors D.E.B.S. est un film sorti en 2004, écrit et réalisé par Angela Robinson, et c'est le développement d'un court-métrage du même titre qu'elle avait présenté au Sundance Film Festival. Le propos du film est l'exploration des questionnements d'une jeune fille confrontée aux choix faits pour elle par la société et qui, suite à une rencontre inopinée, va se rebeller et changer la direction que prend sa vie. C'est aussi un film sur l'identité sexuelle et les questionnements de l'adolescence, mettant en scène une relation doublement interdite entre Amy et Lucy. Une relation condamnée par les normes sociales car homosexuelle, mais aussi en raison de l'antagonisme traditionnel entre super-héros et super-vilains.

Euh... oui parce que bon, Amy et ses copines D.E.B. sont dans une école d'espionnes de charme, tandis que Lucy Diamond est une échappée du SPECTRE. Pour dire les choses comme elles sont, le réalisme n'est pas la qualité principale du film. On est dans le délire permanent, ce qui ne nous empêche pas de nous attacher aux personnages et à leurs relations que l'on eut aimées plus développées (le film ne fait qu'1h30).

Alors oui, D.E.B.S. est avant tout l'occasion de voir des filles en jupette courir avec des gros flingues, et ça peut dérouter certains. Il faut avoir un humour particulier pour l'apprécier à sa juste valeur. Genre il faut apprécier les kalonneries, ce qui est le cas de beaucoup de gens sur ce blog je crois.

Et puis surtout, D.E.B.S. est un film surprenants. Je veux dire que de nos jours, on va au cinéma, on sait exactement ce qu'on va voir, il y a une recette pour chaque genre, optimisée par des gens sérieux qui portent des cravates et qui permet d'estimer le retour sur investissement. Du coup, c'est toujours plus ou moins les cinq ou six mêmes scénarios, avec les mêmes personnages qui font les mêmes choses quand ils sont confrontés aux mêmes choix. Et du coup, quand on tombe sur un ovni comme D.E.B.S., on est saisi d'une sorte de favissement extatique, tout peut arriver. En tout cas, ça n'a rien de commun avec les conneries préformatées qu'on nous balance à longueur d'année sur les écrans et rien que pour cela, il mérite d'être vu.

Si possible en VO, pour profiter de l'accent français de Devon Aoki.