April 21st, 2013

mégalomane

Stéréotype raciste

"Les Chinois, y font qu'à travailler".


Cette journaliste était tranquillement en train de vaquer à ses occupations, en l'occurrence se marier, quand la terre a tremblé. Sans de démonter, elle a donc fait son sujet en robe de mariée.

Alors on me dira que c'est sans doute un cas isolé, mais vendredi, j'ai une collègue qui a répondu à un de mes mails à 18h.

Elle est en Chine.

Où il était donc minuit.

Et elle était en congé.


Oui alors pour en revenir au post d'hier, je souhaiterai rebondir sur le commentaire d'Anon qui disait : Je ne pense pas être le seul a penser qu'un docteur en astrophysique nucléaire est tout de même un peu plus a même d'étudier les changements climatiques qu'un boulanger, a priori.

Chirstopher Reeves, aka Superman
Oui

Une opinion qui peut sembler raisonnable. Qui est fausse, certes, mais qui peut sembler raisonnable cependant. Pourquoi fausse ? Parce que si Bebert se croit obligé de prévenir un monde incrédule qu'il court à sa perte, c'est parce qu'il est atteint du complexe du polymathe. En effet, les scientifiques modernes souffrent souvent d'une affection mentale qui les pousse à faire de la vulgarisation, car ils s'imaginent que leur isolement dans leur tour d'ivoire les éloigne des vrais problèmes des petites gens, et que le savant doit être un citoyen, et qu'il doit s'investir dans la parole publique pour être un acteur de la Cité, blablablablabla blabla citoyenneté blablabla responsabilité blablabla ruine de l'âme.

C'est débile.

La vulgarisation scientifique, c'est de la communication, c'est un métier, ça s'apprend. Savant aussi c'est un métier, et c'est pas le même. Celui qui s'investit dans la vulgarisation, comme les journées n'ont que 24 heures et que chaque homme ne peut fournir qu'une certaine quantité de travail intellectuel dans la journée, c'est fatalement au détriment de ses propres recherches, de l'enseignement et de l'administration de son laboratoire. Il est donc rare de trouver quelqu'un qui soit à la fois un bon chercheur et un bon vulgarisateur.

L'autre inconvénient de la vulgarisation, c'est que la science n'a pas réellement de bénéfice à être expliquée aux gens du commun. La science, c'est quelque chose de compliqué, fatalement, sinon on ne paierait pas des gens très instruits pour en faire. Imaginer qu'Ahmed Ben Zarbi, 52 ans, deux enfants, cariste à la Coflexip, va tirer une quelconque plus-value d'avoir assisté à une conférence sur le rayonnement de Hawking est une illusion ; pour autant qu'il comprenne la problématique et qu'il parvienne à se faire une idée à peu près nette des phénomènes en jeu, il n'aura jamais l'opportunité d'employer cette connaissance pour soulever des palettes ou gérer la comptabilité de son ménage, et serait-il même un remarquable génie naturel, on l'imagine mal apporter sa pierre à l'édifice de la connaissance par une réflexion personnelle, innovante et appuyée par le calcul dans le domaine de la gravitation quantique.

Steve Reeves, Mister Universe
Oui

La complexité même de cette science fait qu'elle est devenue inaccessible à la compréhension des 99,9999% de la population qui n'ont pas une connaissance pointue, non seulement en science, mais encore dans le domaine particulier que l'on considère. La science est devenue inintelligible, non seulement aux péquenots, mais aussi aux savants des autres branches. Du coup, je l'affirme, je pense que monsieur Hubert Reeves n'en sait pas plus que n'importe qui sur la mécanique du climat mondial, et par conséquent, j'estime que l'avis qu'il émet sur le sujet dans les colloques où on l'invite ne vaut pas plus que celui d'Ahmed quand il harangue ses collègues du haut de son chariot élévateur. Tout au plus, concéderai-je au barbu d'outre-Atlantique qu'il puisse émettre une opinion légitime sur la rigueur de la méthodologie employée par les climatologues, puisque la méthode scientifique est un peu la même partout (et encore, dans le cas de de la climatologie et de l'astrophysique, ça reste à voir). Mais ce n'est pas ce qu'il fait ; il extrapole des fariboles catastrophistes des résultats incomplets et contradictoires d'une science encore peu assurée sur ses fondements. En somme, si je ne remets nullement en cause l'autorité d'Hubert Reeves lorsqu'il me parle de brisure de symétrie originelle, j'affirme qu'il est, en toute autre matière, un parfait ignorant.

Alors, pourquoi est-ce qu'il parle ? Eh bien, c'est parce que comme nombre de scientifiques, il fait un complexe d'infériorité par rapport aux savants du passé, qui bien souvent maîtrisaient plusieurs domaines de la connaissance alors qu'eux-mêmes peinent à rester à flot dans leur unique et pauvre domaine. Ils ont tort, car ce qu'ils regrettent, c'est la science du passé, primitive, encombrée de concepts obscurs et d'entéléchies absconses. On ne reverra jamais plus un Galilée, qui inventa tout à la fois la loi de la chute des corps et la lunette astronomique. On ne reverra plus jamais un Emmanuel Kant, philosophe le matin, et premier théoricien de la formation du système solaire l'après-midi. On ne reverra jamais plus de Newton. Ce n'est pas que les savants sont devenus plus bêtes, c'est que les problèmes sont devenus plus compliqués. Si Léonard pouvait être tout à la fois naturaliste, géologue, anatomiste, ingénieur, peintre et bougre sodomite, c'est parce que les problèmes qui se posaient à lui étaient plus simples. Tout Léonard qu'il fut, il aurait fallu des semaines pour lui exposer ne serait-ce que l'utilité d'un transistor, et si on lui avait présenté une équation différentielle, il se serait enfui en courant.

Hubert Reeves, gros bouffon
Non

Aujourd'hui, un chercheur ne peut plus guère qu'être le porte-parole de son propre domaine de recherche, dont bien souvent, le seul énoncée effarouche les gens du commun. C'est ainsi, c'est l'ordre des choses, la science a progressé jusqu'à être inaccessible à l'entendement humain, ou alors par toute petite dose. Et pourtant, certains scientifiques ont encore la nostalgie de ce temps où le savant était un membre de la cité, qu'il avait quelque chose de pertinent à dire aux gens, qu'il était une autorité digne d'être écoutée plus qu'une autre. Ils ont encore la nostalgie de l'homme encyclopédique, qui embrasserait la totalité des connaissances humaines et, ainsi rendu sage par la lecture, l'étude et l'expérimentation, pourrait montrer la voie aux autres avec sagesse et bienveillance.

C'est à mon sens, une image enfantine et une lubie sénile.

"Et voilà pourquoi aujourd'hui, en 2101, seuls les pays nordiques sont
tempérés. C'est la ruée vers la Sibérie, et les soldats sont en poste
aux frontières pour refouler les immigrants…"
(Hubert Reeves)