June 22nd, 2014

Gratte

Fucking hostile !

Donc vendredi, pendant que vous étiez sottement à vous extasier devant un match de baballe de la Suisse, moi, je tâchais de m'élever culturellement en assistant à un concert.

18h30, j'arrive en avance à la salle Pleyel.

19h00, première partie, avec le quatuor Hankulewicz, interprêtant une sélection d'airs de Beethoven.

20h00, Jean-Rémi Dupier-Lassalle, accompagné d'une formation de clavecin, hautbois et viole de gambe, nous régale des chef d'oeuvres de Rameau.

20h30, le morceau de choix avec Anna Netrebko et Elina Garança interprétant alternativement, puis en duo, plusieurs airs de Verdi, Puccini et Haendel.

J'étais sûrement pas très attentif parce que c'est seulement en voyant débarquer Phil Anselmo sur scène que je me suis dit "tiens, elle a encore pris du cul la Netrebko". En fait, c'était une méprise, je m'avais gourré de métro, lol.


Phil Anselmo répétant une reprise de "Chicken Destroy"

Donc, il ne fallait pas arriver en retard car dès que la porte fut ouverte, les quelques métalleux déjà présents eurent la joie de partager un petit moment de convivialité velue avec Philou en personne et de faire quelques selfies (sauf votre serviteur qui avait connement laissé son phone à la maison). Puis, le premier groupe débute la soirée : >> Glorior Belli <<, une formation de black metal bien connue des familiers de la scène parisienne. Vitesse, grondements, grognements, explosions de batterie, tout est là pour "réjouir" les amateurs du genre (dont Anselmo lui-même, resté sur le côté pour encourager les gars). Puis on monte en décibels avec les gallois de >> Hark <<, un groupe qui monte, principalement grâce à la virtuosité guitaresque de Jimbob Isaac (qui est aussi chanteur). Quand je disais qu'on montait en décibels, c'était au sens propre, car dans la petite boîte en béton qu'est le Glazart, la puissance sonore était proche du seuil de douleur, ce qui ne rendait pas justice aux mélodies que l'on appréciera mieux sur leur album Crystalline (qui a un >> design superbe <<). Pour vous dire, j'ai dû me réfugier au fond de la salle et commander un demi au bar le temps que mes tympans dégonflent, et j'étais tellement perturbé que j'ai commandé une pinte à la place. Vu que j'avais déjà un tipunch dans le cornet, j'étais donc dans l'état d'esprit qui convient pour accueillir le main artist : >> Philip H. Anselmo & the Illegals << !

Putain !

A ceux qui se demandent comment Pantera, en son temps, remplit des stades, je pense, pour l'avoir eu à 5m de moi en concert, qu'un élément de réponse résidait clairement dans l'énergie et la sincérité de son frontman. On était là, à deux cent dans un parking repeint, avec un son pourri, on n'entendait quasiment pas ce qu'il chantait, en plus on lui avait piqué du matos avant le set, et malgré tout ça, quel concert ! Quelle transe ! Quelle rage s'empare des fans quand l'homme entonne ses tubes solo - Bedroom destroyer, Betrayed, Walk through exits only - ou ses anciens succès (Hellbound, Death Rattle, Domination). Parfois, l'éruption se calme, le temps d'un couplet de "Dazed and Confused" (oui, celui des 'zep) introduisant Bedridden. Et puis, en guise de rappel, on finit par le mythique "A New Level", Pantera toujours.


Et zou, c'est fini, il est temps pour Philou et ses compères de plier les gaules directin Clisson, et pour moi de rentrer à la base me mettre des gouttes dans les oreilles.