January 20th, 2015

Fermé

J'ai une cocasse anecdote à vous narrer

L'autre jour, au vent mauvais, mes pas me menèrent bien malgré moi jusque-z-à la station Barbès. Pour ceux qui l'ignorent, la ligne 2 y est aérienne, il faut donc descendre du métro pour arriver à la rue. Donc, sortant par ces folkloriques tourniquets hachoirs à mains, j'avise une scène hélas banale en ces temps troublés : derrière un kiosque à journaux étaient garés trois minibus de CRS, les perdreaux étaient de sortie, devisant entre eux, la carabine en bandoulière.

Les provinciaux ne se figurent peut-être pas tout à fait les dimensions d'un kiosque parisien. Ce genre d'édicule fait environ deux mètres de profondeur sur trois de long. Là, il était fermé, c'était le soir. Et devant ce parallélépipède marron, voici qu'un petit homme d'origine me hèle discrètement. Il s'agissait, comment dirais-je, d'un commerçant typique du quartier. Il vendait, pour tout dire, du cannabis. Peu intéressé (je suis naturellement distrait et fainéant, je n'ai pas besoin qu'un stupéfiant m'y invite), je le dépasse, puis quand même, je trouve le mec gonflé. Il y avait une douzaine de flics à deux mètres de lui ! Je me retourne. Le marchand madré et volubile m'avait suivi des yeux, et derechef, m'invitait à lui acheter sa marchandise. D'un regard, je lui indique les cars de flics, des fois que, amateur de ses propres produits, il ait été un peu distrait dans le choix de son lieu de prospection.

Peuh, ça craint rien, me signifie-t-il d'un mouvement de bras.

Je lui souris et m'en vais.