September 12th, 2015

The Stig

Par la bande


Quand j'étais petit, on voyait encore pendre au cul des bagnoles de drôles de rubans en caoutchouc qui traînaient dans l'asphalte malpropre. Souvent, ces babioles étaient agrémentées d'un éclair d'argent, comme pour éclairer les badauds sur leur mission : c'étaient des bandes antistatiques.

En effet, en ces temps troublés, les âmes simples de nos ancêtres se nourrissaient encore de croyances naïves et touchantes, comme le fait que l'électricité statique causait fatigue, nausées, migraines, mal des transports, hyperactivité des enfants, somnolence des adultes, troubles de l'érection, comportements schizophrènes, règles douloureuses, cancer de la vessie, etc... Donc, pour épargner à l'humanité souffrante ces fléaux, ainsi que le modeste inconvénient consistant à se prendre un coup de jus de temps en temps quand on descendait de bagnole, des philanthropes on décidé de commercialiser ces bijoux de technologie et de design qu'étaient les bandes antistatiques, et tout bon automobiliste, qu'il fut kéké tunant sa R12 ou père de famille soucieux du bien-être des siens, se devait d'accrocher le précieux gri-gri au derrière de son bolide.

Ces fétiches pendouilleurs ont, de nos jours, presque totalement disparu. Les méfaits de l'électricité statique ayant rejoint les risques d'implosion de téléviseurs et le micro-onde cancérigène au cimetière des hystéries collectives oubliées, leur futilité a fini par leur être fatale (d'autant plus que le caoutchouc n'est peut-être pas forcément la matière la plus conductrice du monde, ce qui obérait en amont que de l'efficacité de l'objet). Qu'étaient donc nigauds nos aïeux de se soucier de telles fadaises, et comme nous sommes bien fortunés de vivre en des temps éclairés où l'on ne se préoccupe plus que des véritables problèmes de santé publique que sont le parabène qui rétrécit le zizi, les particules qui font tousser et le gluten qui donne la chiasse.