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aspexplorer
16 December 2018 @ 09:30 am

" Je commence quand même à me demander dans quelle mesure, en France, le débat sur l'immigration n'a pas été mis à dessein sous le boisseau pendant toutes ces années.
- Vous voulez dire, frappé a priori d'illégitimité ?
- D'illégitimité, pour ne pas dire d’infamie, mon cher. Car en effet, et sans remettre en cause le bien fondé du droit des peuples à la mobilité, est-il bien sain, dans une démocratie, de rejeter dans les marges les aspirations populaires aussi largement répandues ?
- Holà, je vous arrête tout net ! Les politiques migratoires n'ont-elles pas fait l'objet d'un vaste consensus depuis l'époque de Valéry Giscard d'Estaing ? De droite et de gauche, nous avons tous été bien conscients des sous-jacents humanitaires et civilisationnels de ces politiques et de l'importance d'un nécessaire renouvellement culturel par l'apport de populations exogène.
- J'en conviens, et je suis conscient que nous-mêmes, journalistes, intellectuels, avons été pleinement partie prenante dans ce consensus politique. Néanmoins, les événements récents, et même moins récents, devraient nous alarmer sur le fait que ce consensus n'est pas partagé unanimement, pour employer une litote, par la population générale.
- Sans doute avons-nous pêché dans notre pédagogie. Peut-être aurait-il été sain de faire œuvre d'explication plus tôt, dans les écoles par exemple...
- Au contraire, je pensais plutôt, en mon for intérieur, qu'il aurait sans doute été bénéficiaire pour la démocratie de laisser quelque latitude d'expression aux opinions inverses. En effet, la multiplication des unanimismes pourrait laisser penser à une sorte de grand complot immigrationniste du grand remplacement, et vous savez, avec les réseaux sociaux, on a vite fait de faire des amalgames...
- Comme vous y allez ! Vous savez que ça aurait fait le jeu du Front National, et que de faire revivre les Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire. Comme disait Gramsci, le ventre est encore fécond... "
Le discours fut interrompu par un cri : " Mais c'est la barbarie à visage humain ! Laissez-moi ! " suivi d'un grand "Schlack", et d'une joyeuse et immense clameur.
" Aphatie, Duhamel !
- Ah, ça va être à nous.
- Je voyais ça plus grand, une guillotine. "