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aspexplorer
13 March 2019 @ 07:57 am
Rotterdam, Rotterdam, le poète ne t'a-t-il pas dite "plus belle ville du monde" ? Eh bien non, et on le comprend.

J'arrive donc à la gare de Rotterdam en temps et en heures, bagage léger et quelque peu inquiet du temps qui menace, sur le coup de 11h du matin, et in petto, me dirige pédestrement vers le musée Bojmans van Beuningen, principal attrait culturel de la ville. Celui-ci est certes ouvert, et présente d'ailleurs une belle exposition sur le Bauhaus, mais pour ce qui est des collections, l'établissement étant sur le point de fermer pour travaux, une bonne moitié est déjà dans des caisses. Par contre, la moitié du prix du billet n'est pas absente, elle. Quant au café du musée, qui promettait monts et merveilles, en fait, à part deux sandwich et une part de tarte... Bref, un peu déçu, je ressors dans la grise froidure de Rotterdam et me dirige vers une des rares rues épargnées par les bombardements Allemands de 1940, où je sais trouver quelques restaurants. La spécialité locale semble être une sorte de boulette de viande géante et sucrée, par temps froid c'est appréciable.

L'après-midi est donc déjà bien entamée quand je sors profiter des multiples attraits du centre-ville, de préférence ceux qui sont couverts, car il flotte. Il y a une boutique de BD, un McDonalds, et joie, un étrange bâtiment en forme de fer à cheval retourné, qui offre une vaste halle où nombre de commerçants madrés et volubiles, ouvrent leurs échoppes chamarrées à qui tient absolument à acheter un kebab. En outre, un marché ouvert se tient juste devant. Mais putain, IL CAILLE et il commence à venter d'ailleurs.

Il est temps de découvrir notre hôtel, le Bornje van Mittoes, qui nous accueille dans un cadre très années 70 et consent à nous envoyer une réceptionniste après dix minutes d'attente (en pleine journée, un samedi...) Je prends l'ascenseur flippant datant de Louis X (le Hutin) et me rends à ma chambre, qui est certes propre, mais bien défraîchie. Je contemple la vue sur l'arrière-cour encombrée de détritus, battue par la pluie, et me réjouis déjà à la perspective d'entendre toute la nuit durant les petites connes de la chambre d'à-côté faire la fête débile qu'elles semblent y préparer.

Allez, filons maintenant à notre nuit de débauche, faite de drogue et de prostituées moldaves. Je me rends à la halle fer-à-cheval pour constater qu'il est déjà tard (18h30) et que donc, tout est en train de fermer, à part un restau italien. Je m'y installe (au comptoir, il n'y a plus de table vu que c'est apparemment le seul restau ouvert du quartier) et commande une pizza qui plusieurs éons plus tard, m'arrive, accompagnée d'une bière. La bière est bonne.

Puis je rentre à l'hôtel et m'endors devant la Discovery Channel, voilà.

Bon, je suis quand même réveillé à plusieurs reprises par la fête des poules à côté, mais je parviens à me rendormir et à faire une nuit décente. Le lendemain matin, pas plus désireux que ça de rester, je check-outte et file dans les rues de Rotterdam, il est genre 9h30.

Il apparaît qu'à Rotterdam, le dimanche matin, il n'y a pas beaucoup plus d'animation qu'au Puy-en-Velais. Les rares humains que je croise sont des touristes Chinois tout aussi désolés que moi, et des SDF. Il fait froid. Il pleut sans discontinuer. Et de surcroît, le vent rend hasardeuse toute sortie du parapluie. Je me retrouve donc devant un cruèle dilemne :
- Mourir de froid derrière un rocher, comme un naufragé de l'Everest
- Aller à la messe
- Prendre quelque chose au McDo repréré la veille.

Je reste donc devant mon McYogourt jusqu'à 11h, heure d'ouverture des musées, et vais au musée maritime. Du coup, lui, il est bien, il faut en particulier faire l'animation sur les plate-formes pétrolières. Il y a aussi deux bateaux à visiter sur le quai, à ne pas manquer.

Le concert étant à 15h, je me dirige doucement vers le métro. Le bon plan, pour ce qui me conerne, est de prendre le pass à la journée. J'arrive sur la presqu'île où a lieu notre affaire, constatant que le vent forcissant fait se lever des vagues impressionnantes dans le port - qui est un port fluvial, hein - et remonte des ris sur les 750m qui me séparent de la Kantine Walhalla.

Fin de concert. Il pleut. Je file sans demander mon reste. Le métro est direct jusqu'à la gare, je n'ai pas envie de traîner. J'arrive sur place très à l'avance, genre deux heures avant mon train, sans prêter trop d'attention à l'attroupement d'andouilles francophones ni aux annonces, même si l'une d'entre elles finit par attirer mon attention : "no train to Belgium and France".

Godverdom ! La ligne est coupée suite aux intempéries.

Un très sympathique numide du Thalys nous enjoint de prendre un Eurostar affrété pour évacuer les réfugiés, qui doit nous conduire à Bruxelles. L'Eurostar arrive en effet, avec trois quarts d'heure de retard sur l'horaire annoncé, bourré d'andouilles en provenance d'Amsterdam. Je fais le trajet jusqu'à Bruxelles debout, derrière un gamin braillard qui finira par dégobiller sur une jeune passagère qui avait eu la mauvaise idée de s'asseoir. Ça prend bien deux heures. A Bruxelles, nous sommes envoyés au quai 4, qui annonce un train pour Amsterdam, où je n'ai PUTAIN DE RIEN A FOUTRE ! Je redescends dans la gare, pour entendre un agent indiquer à d'autres Français le quai 12. Bien content de n'avoir pour bagage que mon petit sac à dos, je file comme le vent, et, sur le coup de 20h30 monte dans le Thalys dit de 21h13. J'y trouve une station de pisse, une place assise et chauffée, et la patience d'attendre jusqu'à 22h19 qu'il veuille bien décoller (sans évidemment aucune annonce de quiconque). Le chef de train nous fait bien rigoler avec son apologie du bar - inaccessible et de toute façon vide - et sa recommandation, pour ceux qui circulent dans le train, de garder par devers eux leur titre de transport (car il est impossible de circuler dans le train, les allées sont encombrées de gens assis ou couchés et de leurs valises). En France, le train avance bien et j'arrive à Paris avec deux heures de retard sur mon horaire initial, je m'en tire bien.

Je n'ai jamais été aussi heureux de voir la Gare du Nord.