April 24th, 2019

kikerumono

Kuimono

Comment prépare-t-on le kuimono, plat traditionnel japonais ?

Allez au fin fond des montagnes, dans la préfecture de Kokokarajima, où habitent les derniers producteurs de kuimono traditionnel. Ils sont tout petits, tout vieux et tout voûtés, ils ont probablement connu l'époque des samouraïs. Ils sont penchés sur leurs champs de kuimono qui sont tout petits, tout vieux et tout voûtés aussi. Après des mois de soin et d'amour, à gratter la terre à la microserpette et à la loupe binoculaire, ils récoltent le meilleur kuimono du Japon qu'ils entassent fièrement dans leur grange, avant de le vendre à prix d'or au dernier affineur de kuimono traditionnel.

Là, dans une grange qui date de l'ère Heian, il saupoudre le kuimono de poudre de moisissure, et il attend que le kuimono moisisse. Au bout de trois mois, quand le kuimono est bien moisi, il l'enferme hermétiquement dans une cuve en bois qui date de l'ère Jomon et attend encore une année que le kuimono moisi macère dans le jus pourri. Puis, il presse le tout, sépare le solide du liquide, et, selon l'inspiration du moment, il va jeter une des fractions et vendre l'autre aux touristes (les Japonais, en effet, répugnent à consommer de la nourriture moisie).


La société Bakagaijin presse le kuimono depuis la fin de l'ère glaciaire