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aspexplorer
03 May 2019 @ 07:07 am
6 juin 1944, le jour décisif. A bord de l'USS Horatio J. Poindexter, le dernier né des cuirassés de l'US Navy, le capitaine Grimshaw fulmine en voyant partir les barges de débarquement vers Omaha. Il s'est engagé pour écraser du boche sous ses semelles, pas pour tirer au canon sur de vagues falaises à 15km de distance. Observant à la jumelle la pénible situation des GIs cloués sur la plage, il finit par hurler sa rage.
" Fuck it ! Virez de bord, pleine vapeur, éperonnez-moi ça !
- Ça quoi, capitaine ? Demande le Lieutenant de Vaisseau William Biniew.
- Eh bien ça, là, devant, allez, zou, on fonce !
- Mais c'est la plage...
- PLEINE VAPEUR ! "
Rompant la ligne, les 220m du massif Poindexter vire alors de bord et file vingt nœuds droit sur les galets de Normandie, dépassant bientôt des nuées de barges, tanks à boudins et autres esquifs improbables autant qu'hallucinés. Sur la plage, Hans et Fritz se regardent et échangent un " was ? ".
" Je crains qu'il n'y ai des mines ou des...
- ON S'EN FOUT ! TUT TUUUUUT C'EST LE GROS BATEAU ! "
Et le gros bateau lancé à pleine vitesse vient fendre la plage avec une telle vigueur qu'il s'enfonce de près d'une centaine de mètres dans les terres, offrant aux GIs un abri inespéré pour enfin faire la percée de la sanglante Omaha. Mais le capitaine, ranimé au bout de vingt minutes par le bosco (sous le choc, sa tête avait heurté le bastinguage), n'en a pas fini de ses exploits. Il titube vers le parlophone du pont, et hurle à la chaufferie :
" Comment ça se fait qu'on soit arrêtés, PLEINE VAPEUR, BANDE DE PEDES ! FAITES CHAUFFER LES MOTEURS AU ROUGE, DU NERF !
- Mais capitaine, nous sommes échoué.
- Si quelque chose doit être clair entre nous, Lieutenant, à ce stade de nos relations, c'est que J'EN AI RIEN A FOUTRE ! AH AH AH ! "
Et donc, voici que les machinistes remettent les moteurs en route, contre toute logique, les hélices de bronze se remettent à tourner de plus en plus vite, brassant l'eau de mer, les galets et les cadavres de Georgiens de 19ans, à une telle vitesse qu'à nouveau, le Horation J Poindexter s'ébranle, de quelques centimètres, puis d'un ou deux mètres... Puis semble même prendre de la vitesse, jusqu'à couper les barbelés, monter à l'assaut des collines, et retomber lourdement sur les nids de mitrailleuses allemandes situées derrière. Le fier navire poursuivra sa route dans le bocage normand sous les vivats des piou-pious, tandis que son capitaine, descendu de son poste d'observation, vocifère à la proue les absurdités les plus absconses. On imagine la stupeur du Général Manfred Von und Zu Battenbratwurst lorsqu'il découvrit avec horreur la silhouette noire de ce cuirassé géant prenant par le flanc la XXVIe Division Blindée "Muskadnuß", crachant la mort de ses canons de 360 et de ses pièces anti-aériennes dans le large sillon laissé par son étrave. Mais le triomphe allait être de courte durée.
" Ben quoi, on s'arrête ?
- On n'a plus de fuel, capitaine, nous sommes à sec.
- Diantre. Lieutenant, mon sabre je vous prie.
- Le voici, capitaine.
- Messieurs, ce fut un honneur de vous commander. "
Le capitaine Grimshaw descendit à terre le long de la chaîne d'ancre, salua son navire, puis courut vers l'est, sabre au clair, en braillant des obscénités et en sabrant tout soldat SS, Wermacht, vache ou fermière Normande passant à sa portée. On dit qu'il ne fut arrêté que par un feu nourri de trois divisions de panzer aux alentours de Blois. Quant à l'USS Horatio J. Poindexter, sa carcasse rouillée est toujours la principale attraction touristique du village de Crottebourg, dans le Calvados, qui se situe quand même à 12km des côtes.

Il est triste que les jeunes générations ne soient pas plus au fait des exploits de ces héros de la liberté qui nous ont libérés du joug nazi. De nos jours, certains révisionnistes aux arrière-pensées rances autant que transparentes, souhaiteraient même discréditer ces hauts faits d'armes en les qualifiant d'affabulations. N'ayons pour ces misérables que le mépris dû aux traitres.


TUT TUUUUUUUUUT