November 9th, 2020

Papy Asp

Y bouge comment le petit cheval déjà ?

Ça fait plus d'un an que j'ai Netflix et j'y vais principalement pour revoir des vieux films et séries que je connais déjà. J'évite les séries à la mode, parce que je ne suis pas forcément la cible, et que je n'ai pas le temps. J'ai bien essayé "Emily in Paris", mais j'ai pas tenu un épisode. Alors du coup, je ne sais pas exactement pourquoi je me suis lancé dans "The queen's gambit".


L'argument est assez suspicieux de prime abord : l'ascension d'une jeune orpheline surdouée dans le milieu des échecs dans les années 60. Suspicieux parce que ça sent quand même le mélo prêchi-prêcha woke inclusif à la Netflix. Déjà, il y a un anachronisme flagrant : il n'y a pas eu de femme compétitive aux échecs au niveau mondial avant les années 80 (face aux hommes, j'entends). Le seul équivalent de Beth Harmon serait Judit Plogar, qui fut le plus jeune Grand Maître de tous les temps, mais qui ne fut active qu'à partir des années 90. En fait, Beth est un décalque féminin de Bobby Fischer. Bien sûr, le thème de la condition féminine est abordé, mais d'une manière que je qualifierai de plus humaine et plus réaliste que dans la doxa moderne SJW. Cela dit, Beth pourrait tout autant être un personnage masculin, et on ne perdrait pas grand chose des difficultés et des questionnements qu'elle traverse, tant ces questions sont universelles.

Ajoutons à ceci que c'est filmé avec un soin réel, avec parfois des scènes de toute beauté mettant en valeur l'étrange visage et les yeux démesurés de l'étonnante Anya Taylor-Joy. Les parties d'échec sont inspirées de parties réelles ayant opposé des maîtres légendaires de l'époque, et le monde des échecs est décrit de façon aussi réaliste que possible (quelques consultants qui semblent à peu près compétents y ont veillé).