aspexplorer (aspexplorer) wrote,
aspexplorer
aspexplorer

Chiche, aujourd'hui on pète les 100 comz furibards ?

L'autre jour, j'ai vu à la télévision la rediffusion d'un documentaire intitulé "coup de chaud sur la planète" ou quelque chose de ce genre, un documentaire français (donc nul) que le présentateur introduisait à peu près en ces termes : "fonte de la banquise, cyclone Katrina, tempête du siècle, tous ces phénomènes sont dûs au réchauffement climatique". Mon buffer à connerie étant d'entrée surchargé par un flot aussi soudain qu'abondant, vomi par ce gros con de journaliste bouffi d'inculture, j'ai zappé.

Je ne crois pas au réchauffement climatique, tout simplement parce que je ne le vois pas. En été il fait chaud, en hiver il fait froid. Pour autant que je me souvienne, ça s'est toujours passé ainsi. Des fois il pleut. Des fois même, il pleut beaucoup et longtemps. C'est déprimant, ça fait des infiltrations, dans certains coins il y a des inondations. Et donc ? Des fois il ne pleut plus du tout pendant des semaines et les paysans pleurnichent. C'était pas déjà comme ça avant ? Le jour où on bronzera en short à Noël on en reparlera, mais des histoires de dixièmes de degrés toutes les X générations, franchement, c'est tout au fond de ma liste de préoccupations, quelque part entre les 404 de 4chan et ma prochaine lessive d'affaires de sport.

Je ne crois pas au réchauffement climatique parce que dans mon jeune temps, j'ai tâté un peu de la recherche scientifique. Pas en climatologie, certes, et pas longtemps, mais assez toutefois pour saisir la manière dont fonctionnent les scientifiques. Assez pour comprendre que jamais un chercheur ne publiera un résultat qui aurait pour conséquence de diminuer le financement de son laboratoire. C'est pas beau, c'est pas glorieux, mais c'est un fait : la science a besoin d'argent pour fonctionner. La climatologie, c'est le sujet à la mode. Les millions de subventions publiques pleuvent sur les savants qui s'y intéressent, à telle enseigne que dorénavant, pour étudier un sujet quelconque (la vie sexuelle de la marmotte cendrée du Pérou, ou le fossile d'un petit dinosaure indonésien), il est souvent nécessaire de rajouter dans l'abstract présentant le projet "... et les perturbations du cycle menstruel induites par le réchauffement" ou "et l'impact du changement climatique du paléocène supérieur sur sa disparition".

Je ne crois pas au réchauffement climatique parce que, précisément, de nombreux scientifiques émettent des doutes à son sujet, et que des officines peu suspectes d'honnêteté intellectuelle - Greenpeace, disons-le - s'échinent à les dénigrer par pur calcul idéologique, usant pour ce faire d'un langage stéréotypé (les "pseudo-scientifiques"), de moyens déloyaux et de toutes les ressources de la désinformation moderne.

Je ne crois pas au réchauffement climatique car derrière les gesticulations altermondialistes, il existe une convergence d'intérêts évidente entre les milieux d'affaire néolibéraux qui souhaitent réduire le niveau de vie des classes moyennes pour enrichir les classes supérieures, et les milieux écologistes qui souhaitent réduire le niveau de vie des classes moyennes pour diminuer l'impact de l'humanité sur l'environnement.

Je ne crois pas au réchauffement climatique parce que tiens, c'est bizarre au fait, vous avez remarqué ? On parle de ce truc pile-poil au moment précis où les réserves de pétrole se mettent à diminuer ! C'est fou ce que la nature fait bien les choses tout de même : pendant des décennies on a cramé du pitroul à tire-larigot dans l'insouciance la plus totale, et maintenant que la pompe se tarit, maintenant qu'on n'en trouve plus que dans des pays pas super amis, comme par hasard, c'est dramatique pour l'environnement d'avoir une voiture. Eh, ce serait fait exprès, ce serait pas pire.

Holà, du calme ! Bon, c'est vrai que dit comme ça, ça fait un peu théorie du complot. Déjà, entendons-nous bien sur ce que j'appelle "le réchauffement climatique". Ce n'est pas seulement le fait que l'atmosphère terrestre se réchauffe. C'est tout le "pack intellectuel" en cinq points qui va avec, à savoir :
  1. - L'atmosphère se réchauffe
  2. - C'est catastrophique
  3. - C'est à cause de l'activité humaine
  4. - Il faut changer notre mode de vie
  5. - Sinon on va tous mourir

Mais c'est vrai que je ne suis pas le mieux informé sur Terre pour parler de ces choses. Je ne suis pas climatologue. Je donne un avis basé sur ce que je ressens et sur mes maigres connaissances, nous sommes dans le domaine des "truthiness" chères à Steve Colbert. Alors comment vous convaincre que j'ai raison ? Eh bien, c'est fort simple : sachant qu'il n'existe pas de vérité absolue, et que si elle existe, il est illusoire de chercher à la prouver (vous référer pour ce point à n'importe quel prof de philo), on postulera ici que "la vérité", c'est ce qu'il est UTILE de croire. Mais en quoi donc serait-ce utile, pour moi et pour tout le monde, de croire que le réchauffement climatique, c'est de la guignolade ?

Le "pack 5" semble être devenu le fondement d'une politique qui fait consensus en Europe, dont l'objet est de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Tous les partis politiques dits "de gouvernement" appuient cette vision stratégique dans un bel ensemble. Il y aurait pourtant à dire quand au processus démocratique ayant conduit à cette option, qui engage profondément l'avenir et la vie quotidienne de tous les citoyens européens. Il y aurait surtout à redire quand à la présentation des faits telle qu'elle a été faite aux peuples. Car si la lutte contre le réchauffement climatique est depuis quelques années présentée comme une nécessité indiscutable, un horizon insurpassable de l'Europe, on s'est bien gardé d'expliquer aux gens en quoi ça allait finalement ressembler, le monde de l'après-émissions.

Rappelons les chiffres : en 2005, la France s'est engagée, à réduire de 75% (oui, diviser par quatre !) ses émissions de gaz à effet de serre. Et tout le monde d'applaudir, de se congratuler, de se féliciter d'être citoyen d'un pays qui s'engage avec une telle ambition sur la voie du progrès responsable. Ouais. Bon. Et qui c'est qui va arrêter son moteur, alors ? Parce que les émissions de CO2, elles ne sortent pas d'un chapeau de prestidigitateur. Personne ne se lève le matin en disant : "Tiens, aujourd'hui, j'ai bien envie de cramer 300g de CO2 pour faire chier les ours polaires". Les émissions correspondent à des fonctions, qui le plus souvent ne peuvent pas être accomplies sans émission. Par exemple, si vous voulez construire un bâtiment, ou même une éolienne (pour faire bio), il faut fabriquer beaucoup de béton. Pour ça, il faut fabriquer du ciment. Et il se trouve que fabriquer du ciment, ça dégage du CO2. Faire de l'acier aussi : ça nécessite de brûler du charbon. Alors on fait quoi, on arrête de fabriquer du béton et de l'acier ? On les fait fabriquer dans d'autres pays pour que ça ne rentre plus dans nos quotas ? Non, bien sûr. Il y a des émissions incompressibles. Dans certains pays, l'essentiel de l'électricité vient des énergies fossiles, il est donc possible de remplacer ces centrales par d'autres, moins polluantes, pour atteindre des objectifs ambitieux. Mais en France, manque de bol, on est déjà à 80% au nucléaire, le reste c'est surtout de l'hydraulique. On n'a donc pas cette marge de manoeuvre. Alors, les 75%, il faudra les prendre dans les transports. Mais alors, les ambulances, par exemple, vous croyez qu'on va s'en passer ? Les hélicos qui viennent chercher les skieurs en montagne et les marins en mer ? Et les bus ? Les voitures des médecins ? Les cars de flics ? Et vous croyez que les camionneurs vont se laisser éradiquer sans rien dire ? Et les taxis, si influents ? Et les paysans avec leurs tracteurs, vous croyez vraiment qu'ils pourraient faire le même boulot à la main ? Bien sûr que non. Tous ces gens, pour des raison bonnes ou mauvaises, vont conserver intact leur "privilège" de produire du CO2. Alors, qui c'est qui va devoir envoyer sa bagnole à la casse ? Eh oui bozo, c'est toi. Et c'est plus grave que tu ne le penses.

Parce que notre société est fondée sur la voiture. Prenez Paris. Il y a à Paris 2,15 millions d'habitants. Vous pensiez que c'était plus ? Bien sûr, il faut ajouter à ça pas mal de banlieusards pour arriver aux 10,5 millions de franciliens. Supprimons les voitures. On fait comment maintenant ? On fait avec les transports en commun, allez-vous dire. Oui mais voilà, les transports en commun, en Ile-de-France, sont déjà saturés. Les gens décalent déjà leurs départs entre 8h et 10h pour étaler le rush, ça n'empêche pas les RER d'être bourrés. Les bus, aux heures de pointe, il ne faut même pas y penser, et le métro n'a pas été conçu pour ça. Et puis, les transports en commun, c'est une idée d'écolo, mais dans la pratique, une bonne moitié des franciliens d'y a pas un accès commode. Ce n'est pas un manque de bonne volonté des pouvoirs publics : les infrastructures de l'agglomération sont parmi les meilleures du monde. C'est tout simplement que le concept même de transport en commun est inadapté à un habitat dispersé, comme celui de la grande banlieue. Parce que bizarrement, dans les années 70, les gens ont préféré vivre dans des pavillons plutôt que dans des barres de 15 étage aux noms fleuris et aux cloisons en cartonnette de polypropylène extrudé. C'est comme ça. Et ces banlieusards là, on ne peut pas leur poser un abribus tous les cent mètres, c'est pas rentable (et puis vous imaginez les émissions de CO2 !). Bref, tout cet habitat présuppose que les gens ont une voiture. Pour aller au boulot, à l'école, au supermarché, pour sortir le week-end. C'est tout un mode de vie qui a été conçu autour de la voiture. Sans automobile, que vont devenir tous ces gens ? Eh bien, ils vont s'entasser à Paris. Si on compte que Paris + petite couronne font 300 km2, on obtient une densité de 30 000 habitants par km2, qui n'est pas très éloignée de celle des quartiers les plus populeux de Hong Kong (signalons toutefois qu'il faudra aménager des espaces pour les bureaux, les entrepôts, les magasins, les usines qu'il ne faudra pas trop éloigner etc...). Bref, c'est possible. Reste à savoir dans quelles conditions de logement, d'hygiène, de sécurité. Sans compter la paix civile, car jadis, Paris a compté 5 millions d'habitants dans ses murs. Et combien de révolutions ?

La fin des pavillons individuels va en tout cas réjouir les écologistes, qui préfèrent de loin - eh oui - les grands ensembles. C'est un problème de chauffage : une famille en pavillon consomme plus qu'une famille en HLM pour se chauffer. Du coup, plus de CO2 dans l'air, et le climat se réchauffe. Quel tracas ! Heureusement, en logeant tout le monde dans des clapiers superposés, on résoud deux problèmes d'un coup : le transport et le chauffage. J'exagère à peine, grattez un peu et vous verrez que dans les milieux écologistes, on envisage sérieusement l'interdiction du chauffage des habitations l'hiver (étant entendu que le sort de l'automobile individuelle est réglé depuis longtemps) !

Et puis, autre fait à prendre en compte, la bagnole libère la femme. Ayant moins de temps à consacrer à faire les courses, à mener les gosses à l'école et toutes ces tâches, la ménagère, eh bien, elle travaille. Sans voiture, bobonne, elle retourne à la maison torcher les mômes et faire ses confitures en attendant le retour du mâle à la maison. Un grand progrès de civilisation pas tout à fait anodin, vous en conviendrez.

Bref, tout ça pour dire que non, je n'ai aucune intention de modifier mon mode de vie pour faire plaisir aux iliens du Vanuatu. Non, je n'ai pas l'intention de porter un anorak chez moi sous prétexte que c'est l'hiver, je ne suis pas un romanichel. Je n'ai pas l'intention de faire moins de recherches sur google sous prétexte que ça coûte de l'énergie. Je n'ai pas l'intention de me priver de bagnole si j'en ai un jour besoin. Et bien que Parisien, je considère comme tout à fait estimables et dignes de respect les gens qui ont choisi de vivre dans des maisons en banlieue. La "simplicité choisie", j'appelle ça par son nom : la pauvreté, et je redoute fort le jour pas si lointain où elle ne sera plus "choisie" mais "obligatoire". Et j'emmerde les inuits et leur permafrost de merde !

Mais le plus important dans cette affaire, c'est que ce débat sur les émissions de CO2 ne concerne au final que l'Europe et le Japon. Le reste du monde n'en a strictement rien à carrer, et ils ont bien raison. Vous pensez vraiment que l'ingénieur indien qui vient d'acheter sa première Tata à crédit veut s'entendre dire "eh, salaud, elle pollue ta bagnole, jette là et marche à pied" ? Vous croyez vraiment que les américains vont subitement découvrir les joies du rail pour aller de Detroit à San Francisco en trois jours ? Vous êtes sûr que le village chinois auquel on a installé l'électricité il y a 5 ans va se faire une joie de débrancher les prises parce que les coraux blanchissent ? Eh, les mecs, vous croyez vraiment que tous ces gens vont retourner volontairement dans l'âge des ténèbres ?

Eh oh, les gars, on se réveille !

L'application du protocole de Kyoto est impossible, en l'état actuel ou prévisible de la technique, sans transformer l'Europe en pays du tiers-monde. Impossible sans diminuer considérablement le niveau de vie des pays développés, et maintenir dans la misère les pays sous-développés. Impossible sans engendrer des millions de chômeurs. Impossible sans engendrer de grands mouvements sociaux et politiques. Les effets sont tels qu'en comparaison, même la catastrophe climatique annoncée par les déclinologues carbonistes les plus pessimistes paraît un moindre mal. Sauf que les conséquences de la ruine volontaire de notre civilisation sont mécaniques et aisément estimables. Les conséquences de l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère restent largement sujettes à caution, et les prédications grandiloquentes des écologistes ont de bonne chance de tourner, au final, en eau de boudin. Ils sont du reste coutumiers du fait : il y a 30 ans, ces mêmes climatologues ne prévoyaient-ils pas avec le même aplomb l'avènement d'un nouvel âge glaciaire ?

Bref, compte-tenu d'une part de la fragilité de l'argumentaire scientifique, et d'autre part de l'énormité des conséquences prévisibles du pack-5, j'estime qu'il est raisonnable de considérer que c'est de la vaste foutaise, et je ne doute pas que cette idée progressera peu à peu dans l'opinion à mesure que les citoyens découvriront ce qu'implique réellement, au quotidien, la "décroissance".
Tags: opinion
Subscribe
  • Post a new comment

    Error

    default userpic

    Your IP address will be recorded 

    When you submit the form an invisible reCAPTCHA check will be performed.
    You must follow the Privacy Policy and Google Terms of use.
  • 137 comments
Previous
← Ctrl ← Alt
Next
Ctrl → Alt →
Previous
← Ctrl ← Alt
Next
Ctrl → Alt →