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Où il est l'argent ?

Vous avez sans doute entendu comme moi toutes sortes de fadaises sur la prétendue crise du capitalisme, rien ne sera jamais plus comme avant, gnagnagna. Vous avez tous lu les titres alarmistes de ces canards décérébrés qui, après avoir des années durant fait leurs couvertures sur "mieux vivre votre argent", "propriétés en Sologne", "berlines allemandes" et autres "bonnes affaires du vin", viennent nous faire une morale à deux balles, parce que parait-il l'argent fou rend fous les spéculateurs fous, parce que le système est devenu fou, avec tous ces trédeurs de wolstrite et les 35-heures qui détraquent le climat, voyez-vous madame Michu. Et puis la gauche... Déjà que ces cons d'écologistes ne se sentaient plus péter depuis qu'ils avaient convaincu des politiques crédules et des journaleux en mal de sujet avec leurs conneries de réchauffement climatique, voilà maintenant que Besancenot & co redeviennent crédibles, puisque la chute du capitalisme, "ils l'avaient prédite". Ouais. Marx aussi. Dans les années 1850. Et partout revient la question lancinante : mais d'où sortent tous ces milliers de milliards de dollars qu'on donne aux gros banquiers pleins de fric ? Hein ? Mais voyons, de la poche du contribuable qui n'en peut plus, madame Michu !

Et puis d'aucuns s'interrogent sur la grande question : mais qui donc a profité du système ? Poser la question, c'est y répondre : c'est bien sûr les gros banquiers pleins de fric qui se sont engraissés sur le dos des braves gens qui travaillent. Salauds d'banquiers ! Sauf que :
  • Depuis quinze ans, de nombreux ménages français ont profité des taux d'intérêt pour devenir propriétaires.
  • Aurais-je pu acheter une BMW il y a dix ans ? Non. Et aujourd'hui ? Oui.
  • Entre 2001 et 2008, la croissance économique mondiale a été de 4% par an.

Donc, à la question "qui s'est enrichi", la réponse est "la plupart des gens". Et pour une fois, pas seulement dans les pays riches. Des nations autrefois condamnées à gérer des problèmes de famine et d'épidémies se sont équipées d'infrastructures, d'usines, de bureaux, de tout ce qui fait un pays moderne. Vous croyez que ça sort d'où tout ça ? Ça ne vient pas d'un tour de magicien, c'est le résultat d'une surabondance de liquidités. Une bonne partie de ces liquidités a alimenté la spéculation, et a été créée par cette même spéculation. Mais une partie a alimenté largement l'économie réelle, ce qui est bon pour tout le monde. C'est ça qu'a créé "le système", qui au final, a plutôt fait du bon boulot ces dernières années.

Eh bien, figurez-vous que "le système", au bout d'un certain temps, il a des ratés. Ça n'a rien d'étonnant, ça s'est déjà produit à de nombreuses reprises, comme on dit en bourse, "les arbres ne montent pas jusqu'au ciel". Des gens perdent leur emploi. Des usines ferment. Des entreprises disparaissent. Des imbéciles piaillent à l'avènement du Grand Soir. Le PNB recule. Oui, mais est-ce que les ingénieurs Indiens formés à grands frais vont oublier leur métier ? Est-ce que les égouts creusés sous les villes africaines vont se boucher du jour au lendemain parce que General Electric perd 10% ? A-t-on déjà vu un immeuble se désintégrer suite à la ruine de son propriétaire ? Les gains faits par l'économie réelle, ils sont toujours là. Et plus important : des gens qui étaient pauvres sont devenus moins pauvres. Ils ont perdu l'habitude fâcheuse d'être pauvres. Et ils n'ont aucune intention de redevenir pauvre, alors ils vont se sortir les doigts du fion, et ils ont maintenant les moyens physiques et intellectuels de se sortir les doigts du fion.

Le système fonctionne. C'est tant mieux, vu que c'est le seul qu'on a.
Tags: couilles en or
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