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01 December 2008 @ 07:20 am
Les 440  
Vous connaissez les 300 ? Mais si, ces légendaires spartiates qui en 480, sous le commandement du roi Leonidas, résistèrent héroïquement à des armées perses incroyablement supérieures en nombre, pour permettre aux grecs coalisés d'organiser leur défense. Par leur courage, ces merveilleux soldats continuent de par le monde à émerveiller tous les jeunes gens qui se destinent au métier des armes.

Mais si les 300 des Thermopyles sont devenus légendaires, on a bien moins gardé le souvenir des 440 de Sphactérie.

Rappel des faits : 55 ans après l'exploit des hommes de Leonidas, en 425, la guerre du Péloponnèse fait rage depuis cinq ans. Athènes et Sparte sont en conflit, et derrière chacune d'entre elles, la moitié de la Grèce. La flotte Athénienne fit un jour halte à Pylos, en territoire spartiate, et comme il faisait mauvais et qu'il fallait bien occuper les hommes, ils décidèrent de fortifier l'endroit. Pylos est une baie abritée formant une excellente base d'opération pour les Athéniens, dont l'accès est commandé par une île appelée Sphactérie. Les Spartiates, apprenant cela, envoyèrent à la fois une armée et une flotte histoire de reprendre la place. Le dispositif se composait donc de 60 trières bloquant la baie (afin d'empêcher un ravitaillement des Athéniens par la mer), d'une quantité inconnue de soldats encerclant les fortifications proprement dites, et de 440 hoplites débarqués sur Sphactérie pour empêcher que des Athéniens taquins ne s'approchent trop des trières par la terre.

Or, les Athéniens tinrent bon derrière leurs fortifications (les Spartiates avaient la réputation d'être incapables de prendre d'assaut une place forte). Et la flotte Athénienne revint, avec une cinquantaine de navires. La bataille navale s'engage dans la baie, et malgré l'infériorité numérique, la qualité supérieure des marins de l'Attique a tôt fait d'envoyer la flotte Lacédémonienne se faire voir chez les grecs. Les troupes terrestres se replient alors. Sauf bien sûr les hoplites de Sphactérie, qui était, si vous avez suivi, une île ! Eux qui venaient pour mener un siège, voilà qu'ils en subissaient un.

Bien que les Athéniens soient plus nombreux, ils éprouvaient une certaine réticence à débarquer leurs propres hoplites pour faire une belle bataille comme les Grecs aimaient tant en faire, avec de jolies formations rectangulaires, des chocs de boucliers et des hurlements virils. La réputation de la phalange Spartiate était alors des plus flatteuses, et personne ne souhaitait affronter à la loyale cette machine de mort. Mais après diverses tergiversations et deux mois de siège, les courageux Athéniens se décident finalement à débarquer en quasi-infériorité numérique, à seulement 1000 hoplites contre 440. Ils bousculent les défenses de l'île, puis marchent vers les Lacédémoniens. Mais les hoplites Athéniens ne sont pas venus seuls ! Ils ont amené avec eux des combattants légers, peltastes et archers, bien plus mobiles que les lourds hoplites en cuirasse, qui harcèlent la phalange Péloponnésienne sur ses flancs. Les pertes s'accumulent, les Spartiates reculent, se replient sur un poste fortifié, puis, épuisés, décimés, voilà qu'à la stupéfaction de leurs ennemis, ils font ce que personne n'attendait d'eux : ils capitulent !

Ils ne sont plus que 292 vivants, parmi lesquels 120 "homoioi", les citoyens Spartiates. Capturés, ils sont ramenés à Athènes. Ces prisonniers sont incroyablement précieux ! Sparte ne comptait que très peu de citoyens de première classe, la perte de 120 d'entre eux était une catastrophe que semble-t-il, la cité ne pouvait se permettre d'assumer. La mainmise de Sparte sur le Péloponnèse et son prestige auprès de ses alliés reposait en effet sur la réputation de son irréductible phalange. Cela peut sembler étonnant si l'on considère que la guerre du Péloponnèse a occis des Grecs par dizaines de milliers, mais sans doute cela faisait-il sens pour les gens de ce temps. Terrifiés, les Spartiates négocieront des années durant pour que leurs hommes leur soient rendus, et y perdront tout à la fois leur confiance en eux et le respect qu'ils inspiraient à leurs voisins.

Un des vainqueurs, raillant un prisonnier, s'écria : "Vous êtes des lâches, alors que vos camarades tombés à Pylos étaient de vrais braves". Ce à quoi le Spartiate répond : "Les flèches des Athéniens sont remarquables, puisqu'elles peuvent distinguer les courageux des couards." Lorsque finalement, les prisonniers purent rentrer chez eux, ils on s'avisa qu'ils auraient dû être bannis de la cité selon les lois en vigueur. Mais comme Sparte ne pouvait se passer de ces hommes à ce moment là, il fut décidé "qu'en ce jour, il fallait laisser dormir les lois". Des formules que l'on pourra qualifier de laconiques, mais qui ne font que masquer le peu de vertu morale auquel était alors réduit ce peuple.

Alors, les Spartiates étaient-ils vraiment des guerriers implacables, incidemment poussés au deshonneur par des circonstances extraordinaires ? Ou bien était-ce un peuple comme un autre, qui vivait sur sa réputation confortée par une et sur une série de victoires devant plus au hasard qu'à autre chose ? Est-ce qu'ils étaient vraiment supérieurs aux autres Grecs, ou bien est-ce qu'ils se la racontaient ?

En tout cas, les Spartiates finirent par vaincre Athènes au bout de 27 ans de conflit, sans remporter de grande bataille d'hoplite contre Athènes, mais en coulant sa flotte grâce à une flotte supérieure en nombre, payée par les Perses.

Qu'en aurait dit Leonidas ?

 
 
 
(Anonymous) on December 1st, 2008 06:25 am (UTC)
Qu'en aurait dit Leonidas ?

"This is madness !", sans aucun doute.
Ou alors "I can has Sparta", peut etre, à la rigueur.


MD,
dP,
preums, pour une fois.
hiyami: Splodey!hiyami on December 1st, 2008 07:03 am (UTC)
"I can has Sparta"
LULZ
aspexploreraspexplorer on December 1st, 2008 07:05 am (UTC)
Tiens, tu l'as eu ton perroquet ?
(Anonymous) on December 1st, 2008 06:39 am (UTC)
De bon matin, bonjour à tous !
Je suggère que nous attendions avec humilité et patience le commentaire sans nul doute cinglant et rempli de bon sens de notre expert ès Ahou, 300, Léonidas, torses huilés, toussa, l'éminent, que dis-je ! le magnifique Wlad !

Freiherr Viktor von Wolff zu Fatalis, genou à terre ...
(Anonymous) on December 1st, 2008 07:11 am (UTC)
Yé! Sur les flancs, sur les flancs, dis-Je!

Le Créateur Fou, flan refusé :/
(Anonymous) on December 1st, 2008 06:45 pm (UTC)
Le flan, c'est le destin !

Kyp.
(Anonymous) on December 4th, 2008 07:07 am (UTC)
KERADOOOOC!

Le Créateur Fou, mais J'ai trouvé quand même...
Wladoushkoïwl4d on December 1st, 2008 09:26 am (UTC)
À cet instant, Leonidas n'avait qu'un mot à la bouche : "Braaaaaaaaaaaains...".

Blague à part, le fulgurant roi chocolatier n'aurait pas laissé une telle ignominie se produire. Il aurait d'abord brisé l'isthme reliant Sphactérie au continent d'un puissant coup de pied, pour empêcher l'avancée des troupes sodomites. Ensuite, tel un Appolon flamboyant, il aurait saisi une assiette en carton ou en terre cuite, et par la grâce de sa maîtrise du noble art du discobole, il aurait sectionné les mâts des navires athéniens. Une autre solution, plus noble et virile, eut consisté à se dévêtir, lui et ses hommes (BtK, si ça t'excite trop, tu peux arrêter ta lecture), se huiler intégralement, et employer l'hydrophobie ainsi obtenue pour marcher sur l'eau jusqu'aux bâteaux, où la puissance spartiate aurait ruiné la gueule de ces fiottes à coups d'éventration à la rame et autres empalements sur des planches brisées.
bananasplitounebananasplitoune on December 1st, 2008 03:36 pm (UTC)
mouhouahahaha
Oh non, je ne connaîtrai jamais la fin...

Allez tant pis, fi de mes pulsions, je termine de lire.

BtK, SPAARTAAAA !!
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on February 7th, 2011 12:18 am (UTC)
Re: mouhouahahaha
On en apprend des choses en passant par les archives.
Jean-Jacques Rousseau: Zorro chevaljjrousseau on December 1st, 2008 05:17 pm (UTC)
fort interessant cet article papy ASP. Mais je crois qu'il me manque un élément pour bien comprendre ce texte :


Ki cé lé méchan ?
(Anonymous) on December 1st, 2008 05:46 pm (UTC)
Les espérantstes bien sûr.
(Anonymous) on December 1st, 2008 05:50 pm (UTC)
Il fallait donc lire "Les espérantistes bien sûr."

Ca m'apprendra à taper avec un kebab dans les mains.
Jean-Jacques Rousseau: lapinjjrousseau on December 1st, 2008 07:02 pm (UTC)
et les gentils ?

(non parceque moi si on ne m'oriente pas dirèctement, je me perd, cela devient flou, et je me perds dans les remous inextriquables de la folie passagère et de ses flots bouillonnants qui envahissent mon esprit tel un golem d'acier se jettant avec férocité sur un barde niveau 1 n'ayant pas même eu le temps d'écrire une lettre à sa mère qui trente ans plutôt avait rencontré l'homme d'un instant dans le bordel d'un port trés passant ... Tenez, qu'est ce que je disais ?!!)



PS : aujourd'hui je me suis appliqué pour mon article, j'estime donc avoir droit à des compliments.
(Anonymous) on December 1st, 2008 09:40 pm (UTC)
Compliments

Sven, pas de commentaires par contre(réprime un rire hystérique).
(Anonymous) on December 1st, 2008 08:18 pm (UTC)
Merci asp pour cette (pas si) petite histoire.

Je reste persuadé que les spartiates avaient une très bonne infanterie (vu les efforts qu'ils y mettaient ça parait logique), mais il n'y a pas que la qualité des troupes qui décide l'issue des guerres.

- Enkidu
aspexploreraspexplorer on December 1st, 2008 08:46 pm (UTC)
Ah ouais, j'oubliais la bilibolographie :

- La guerre du Péloponnèse, Victor Davis Hanson, Flammarion
- La Grèce et Rome par les anecdotes, Justin Favrod, InFolio
- Wikipedia, Anonymous, UseFuckingGoogle