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Le siège de Platées

Deux ans après qu'Archidamos - à la demande des Thébains - eut mis le siège devant Platées, les défenseurs de la petite cité, réduits aux dernières extrémités, mirent au point un plan pour s'évader et rejoindre l'Attique, où leurs alliés Athéniens leur avaient accordé droit de cité.

Les Lacédémoniens, en effet, avaient édifié devant Platées un ouvrage de circonvallation constitué de deux murs consécutifs, l'un pour empêcher les Platéens de sortir, l'autre pour éviter d'être surpris par des Athéniens en maraude. De loin en loin, des tours fortifiées segmentaient la double muraille. Cependant, peu au fait de l'art d'édifier les fortifications (les Spartiates estimaient qu'il s'agissait de peu honorables substituts à la valeur militaire), ils avaient édifié les tours de façon à ce qu'il fallait nécessairement les traverser pour se rendre d'un segment à l'autre de la muraille, détail qui n'avait pas échappé aux assiégés. Ceux-ci gagèrent qu'en s'emparant de deux tours consécutives, ils s'assureraient du même coup le contrôle d'un large pan de muraille, par où nombre de braves pourraient s'échapper. Bien sûr, un tel plan ne pouvait s'accomplir que de nuit, par mauvais temps pour que le vent couvre le bruit du déplacement et le fracas des armes. Afin de franchir les murailles, ils avaient construit des échelles à la hauteur exacte de la fortification, qu'ils avaient calculée en observant un pan de mur dont l'enduit s'était érodé, et qui permettait de compter le nombre de briques le constituant. Sachant la hauteur d'une brique, ils avaient la hauteur du mur.

Un soir propice arriva enfin. La moitié environ des défenseurs, finalement, resta dans la place, par crainte ou par faiblesse, on ne sait. Ils jurèrent néanmoins d'aider leurs camarades en lançant une attaque de diversion sur un pan opposé de la muraille, lorsque le temps serait venu. Le temps était épouvantable, la visibilité déplorable, donc propice à l'entreprise. Ils se mirent en marche en boitant, car ils ne s'étaient chaussés que d'un seul pied, afin de ne pas glisser dans le sol boueux du glacis entourant Platées. Ils arrivèrent au pied du mur sans se faire remarquer des sentinelles, y adossèrent leurs échelles et commencèrent l'escalade. C'est là, nous dit Thucydide, que Pamphilos, fils d'Argiéon, fut pris d'un accès de folie qui manqua de coûter perdre les fuyards. Sans doute torturé par les privations d'un si long siège, s'écria à l'adresse de son ami Araneos qui montait devant lui : "Accroche-toi à ton aspis, je retire l'échelle !".



Je vous renvoie à Thucydide pour connaître le destin des Platéens.
Tags: textes divers
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