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La catin de Baentcher II - Chapitre 14

Chapitre 14. Où il se passe plein de trucs



Le niveau inférieur n’était occupé que par les chambrées des dirigeants de la secte, qui étaient ailleurs. Vertu y découvrit un dispositif ingénieux : une plate-forme servant de monte-charge, que nos rusés voleurs mirent à profit à la façon d’un ascenseur à bras. Finis, donc, les pénibles acrobaties. En temps normal, ils auraient profité de l’aubaine pour visiter de fond en combles les chambres et en dérober tout le contenu de valeur, mais ils avaient leur content de richesses malhonnêtement acquises, et préféraient poursuivre leur périple, secourir promptement la princesse et s’enfuir vite fait plutôt que de tenter le diable.
A l’étage suivant s’activaient des valets et des cuistots, trop occupés à préparer quelque banquet pour noter les louches activités d’un groupe d’intrus. Encore plus bas, sur deux niveaux, des cellules collectives pour les adeptes moins influents, et encore en dessous, la fameuse salle d’armes, bourrée de gardes aussi impressionnants que distraits. Ah, c’est vrai qu’ils auraient eu du mal à pénétrer par l’entrée principale, car outre les arbalétriers qui dormaient devant, il y avait de pleins cageots de grosses pierres prêtes à dégringoler sur la tête d’assaillants s’ils s’étaient avancés, ainsi qu’un scorpion pointé sur la porte.
Tandis qu’ils descendaient, une musique se faisait plus distincte et entêtante. Elle provenait sans aucun doute possible de l’étage suivant.
« Quelle air démoniaque et malfaisant, remarqua Vertu avec dégoût, sans doute le genre de morceau que joue le Malin sur son flûtiau aigrelet pour faire danser les brebis de Satan.
- « The orgy », Basil Poledouris.
- Eh ?
- C’est le nom du morceau. »
Ils descendirent donc avec circonspection, pour découvrir avec répulsion le temple. Dans une tièdeur moite où les épices consacrées répandues avec largesse peinaient à couvrir les remugles de sang et de putréfaction, des adeptes du parløj absorbés dans leur adoration impie se trémoussaient en cadence, leur raison abandonnée à une transe maléfique alors que plus loin, devant un, le prêtre fou, Riton des Mauxfaits en personne, menait la cérémonie en agitant comme un dément une dague d’argent incrustée de rubis et en psalmodiant dans sa langue de sauvage les malédictions les plus ignobles. Un autel de l’abomination avait été dressé devant un large puits circulaire, et une fille nue, vraisemblablement droguée comme en témoignaient ses yeux perdus dans le vide, attendait en rêvant le moment où elle serait utile à la célébration.
« Voyez, la princesse, là !
- Jolie silhouette, approuva Dizuiteurtrente.
- On n’est pas là pour ça, il faut la ramener vivante.
- On ne peut pas y aller comme ça, observa Vertu avec sagacité. Ils sont au moins une centaine.
- Attendez, intervint derechef le stagiaire, si je me souviens bien de mes cours, ce genre de temple est toujours fait pareil. Descendons encore un peu... »
A l’étage suivant, ils furent assaillis par une atroce odeur de charogne faisandée et d’excrément animal. Un boyau circulaire, semblable à un égout, était la seule issue. Ils l’empruntèrent pour arriver dans une vaste caverne au sol entièrement recouvert d’ossements humains. Soyons juste, presque entièrement recouvert. Il y avait quand même une grande portion qui était occupée par le serpent géant. Seules les lueurs apocalyptiques provenant du Temple éclairaient l’animal au travers de l’orifice par lequel, selon toute vraisemblance, on lui lançait régulièrement ses proies. Il était difficile d’évaluer la longueur du monstre lové en un tas compact, mais son corps musculeux recouvert d’écailles noires et jaunes luisantes avait par endroit la largeur d’une belle barrique.
« Houlà ! S’alarma Ange. Beau bestiau.
- Que Seth me foudroie, s’exclama Toudot, c’est le plus gros serpent géant que j’ai jamais vu dans un temple maudit !
- Quelqu’un a une tactique à proposer ? Demanda Vertu sans façon, bien que poser une telle question fut formellement déconseillée dans le guide « Le management d’un groupe d’aventuriers pour les nuls ».
- Encerclons-le, et attaquons-le de tous côtés ! Proposa Corbin. Nous avons l’effet de surprise, profitons-en pour le tuer avant qu’il ne comprenne ce qui lui arrive.
- Euh... fit Dizuiteurtrente.
- Exact, approuva Toudot, il sera désorienté.
- Il me semble que d’après les Normes Donjonniques, c’est un Epicrates Megalotis, expliqua doctement le stagiaire.
- Ton savoir est une source d’émerveillement sans bornes, lui répondit Vertu. Bon, alors vous deux vous allez sur le côté gauche, moi je...
- Megalotis, ça veut dire « à grandes oreilles ».
- Oui, oui, on est contents de l’apprendre.
- Ce serpent est connu pour être le seul de son genre à avoir une ouie correcte.
- Ah ?
- Et même excellente. Il est capable d’entendre un moustique voler à trois cent mètres.
- Mais alors...
- Mais alors il nous a forcément entendus arriver.
- C’est pourri ça.
- Surtout que c’est intelligent ces bêtes, alors si ça se trouve, il comprend très bien ce qu’on raconte.
- Merde. Du coup ça expliquerait pourquoi il relève sa grosse tête pour nous attaquer.
- Sûrement. »
Le reptile se dressa de toute sa hauteur, dominant largement la demi-douzaine de pauvres bipèdes désemparés qui s’agitaient devant lui. Un serpent, même intelligent, ça reste assez simple dans sa vision du monde. Ça évalue son environnement en terme de calories. Par exemple, se dresser, élargir son cou et cracher de manière menaçante : -60 calories. Lancer les glandes à venin à plein régime : -380 calories à l’heure. Préchauffage de l’estomac et émission de sucs gastriques : -250 calories. Balancer un coup de queue sur la droite pour cueillir le petit malin qui essayait de faire un contournement : -40 calories. D’un autre côté : six adultes à 280 000 calories pièce environ, plus un enfant à 100 000 calories. Bénéfice à prévoir : au moins quatre mois à dormir et une bonne mue.
Ces dispositions d’esprit vous expliquent donc pourquoi le monstre s’en prit à Corbin, qui parmi les protagonistes, était le plus massif. Celui-ci, armé d’une dague, n’avait pas vraiment la puissance de feu nécessaire pour se défendre, aussi opta-t-il sagement pour une esquive spectaculaire en sautant au-dessus de la tête monumentale du reptile pour atterrir à cheval sur son cou. L’animal toutefois avait oublié d’être bête, à moins que ce ne fussent ses instincts combattants, et il se retourna pour écraser l’importun par terre. Sentant venir le coup, Corbin joua derechef l’anguille, et atterrit cette fois parmi les anneaux mouvants de l’animal, qui assez maladroitement, exposait maintenant ses écailles ventrales au reste de la troupe. Toudot, armé d’une targe de fer et d’un large cimeterre, tenta alors de profiter de l’aubaine pour égorger le serpent, mais au moment de porter son attaque, il trébucha et laissa une demi-seconde de répit au serpent, qui se reprit et, oubliant Corbin, mordit cruellement le mercenaire à la cuisse, le transperçant d’un de ses cruels crochets, et le souleva à bonne hauteur. Très professionnel cependant, Toudot fit une belle démonstration de souplesse et d’abdominaux en portant un coup de taille à l’œil de l’ophidien qui le malmenait si rudement, coup qui ne causa que des dommages périphériques à l’orbite écailleuse, mais obligea l’animal à lâcher sa proie. Vertu profita alors de ce qu’il avait ouvert sa gueule répugnante pour lui coller une flèche bien sentie dans le gosier, ce qui lui déplut quelque peu. Faisant fi de toute prudence, le serpent se lança à l’assaut de la jeune femme, bien décidé à l’écraser sous son poids contre le mur de la tour. Bien sûr, il ne put compter sur le concours de sa cible, qui s’esquiva latéralement et se mit à courir en rond autour de la pièce, poursuivie par le titan à sang froid. Tant était grande la colère du serpent qu’il en oublia ses autres ennemis, et en particulier Dizuiteurtrente qui, ayant un peu récupéré du coup de queue pris au début du combat, s’était lové contre le mur, tirant profit de sa petite taille et de divers débris humains qui traînaient par terre. Et lorsque le corps sinueux passa en sifflant près de lui, il sortit son arme qu’il tenait dissimulée derrière lui, en planta le pommeau dans un trou entre deux solides dalles du sol, et poussa la pointe jusqu’à ce qu’elle trouve l’interstice entre deux écailles. C’était ce que les spécialistes appellent une réception de charge, et il est dit dans les « Normes Donjonniques » que ça fait drôlement mal à celui qui charge. L’épée se brisa sous le choc – ce qui n’était pas une très grande perte, il s’agissait d’une de ces épées militaires fabriquées à la chaîne pour les besoins des armées, trop lourde et trop longue pour le travail du voleur et dont notre héros envisageait de se débarrasser au profit d’un instrument mieux adapté à son sacerdoce. La lame se cassa près de la garde, tout en se fendant en deux dans le sens de la longueur, et les deux morceaux pénétrèrent profondément – et douloureusement – dans les boyaux de la bête qui se tortilla alors dans un spasme horrible. Vertu en profita pour loger une deuxième flèche dans sa gueule, Ange, qui s’était tenu dans l’ombre, en sortit brusquement pour lui ouvrir le ventre en appuyant de tout son poids sur grand couteau, le docteur jeta une fiole d’urine de Bardite (remède souverain contre les dents qui se déchaussent), la fillette jeta des petits os qu’elle avait ramassé par terre, au final, ce fut Vertu qui porta l’estocade en glissant sa rapière dans l’œil du monstre, jusqu’à la cervelle.
Il tomba aussitôt comme une masse.
Sans attendre la fin des soubresauts d’agonie de l’affreuse créature, nos héros se massèrent autour de Toudot qui, à demi conscient, souffrait des plus graves blessures. Son triste état bouleversait Vertu.
« Le malheureux ! Docteur, avez-vous de quoi le soigner ?
- Il se vide de son sang, il sera mort bientôt. Je pourrais lui faire un garrot, mais ce ne serait pas charitable et n’aboutirait qu’à prolonger son agonie. Approchez-vous, sentez comme la blessure empeste le poison !
- Horreur ! Il est perdu... Oh mais j’y songe, ces poisons, ne peut-on pas les détruire une fois qu’ils sont dans la chair ?
- Il faudrait un contre-poison, mais je n’en ai aucun sur moi.
- Le feu ! Le feu détruit les poisons, non ?
- Les venins des bêtes en tout cas, c’est ce qu’on dit.
- Vous, bâillonnez-le et tenez-le fermement. »
Sans attendre la fin de la phrase, elle s’empara d’une des torches éteintes plantées dans des torchères le long des murs de la pièce, l’alluma promptement avec de l’huile de sa lanterne et s’approcha de la plaie.
« Mon ami, ça va me faire plus de mal qu’à toi. »
Elle plongea alors la torche braisillante dans les chairs à vif, éveillant tout à fait le pauvre Toudot qui souffrit les tourments les plus abominables. Les bras du docteur et des trois voleurs mâles ne furent pas de trop pour immobiliser le robuste guerrier, dont toutes les fibres se révoltaient contre le traitement indigne qu’il subissait, et sans la sage précaution de Vertu qui l’avait fait bâillonner, nul doute que ses hurlements auraient ameuté tout ce que la Tour comptait de sectateurs fous. L’odeur des chairs grillées emplit l’air à mesure qu’elle progressait dans son opération, qui dura un temps infini, c’est du moins ce qu’il sembla à tous les protagonistes. Elle prit un soin maniaque à carboniser profondément les muscles, à liquéfier les graisses jusqu’à l’os afin que nulle trace de poison ne subsiste plus dans la périphérie, et ne laissa derrière elle qu’un cratère fumant semblable à ce que les envahisseurs barbares laissent d’un village après l’avoir pillé.
« Ah ben finalement non, ça lui a fait plus de mal qu’à moi.
- C’est un travail abominable que vous avez fait ! J’aurais pu l’amputer plus proprement et moins douloureusement !
- Oui, mais il aurait définitivement perdu sa jambe, expliqua Vertu en défaisant le bâillon du malheureux qui, bien qu’ayant survécu à l’épreuve, n’avait plus guère de vigueur qu’une poupée de chiffon.
- Je crois que là, de toute façon...
- Mais ne dites pas de bêtise, si j’ai fait ça, c’est parce que j’ai ici une potion idoine. Tiens, bois ceci, camarade. »
Vertu sortit l’une des fioles de potions qu’elle avait prises à Elnantel et la porta aux lèvres du guerrier, qui en but le contenu avec avidité.
« Bandez sa cuisse, il devrait être remis d’ici quelques minutes.
- Si vous le dites.
- Bon, en attendant que ça fasse effet, on en était où de nos histoires déjà ?
- Pof ! »
Craignant une nouvelle attaque, nos vaillants héros se retournèrent, vifs comme l’éclair, pour constater que la menace était modeste. Mais au moins, l’événement eu un effet mnémotechnique bienvenu, leur rappelant ce qu’ils étaient venus faire dans les tréfonds de cette tour. Car le corps sans vie de la princesse Quenessy venait de choir par terre depuis le niveau supérieur, sa peau laiteuse maculée du sang qui s’écoulait de la blessure qu’on lui avait faite au flanc.
« Oups, trop tard.
- Non, voyez, elle bouge encore, elle n’est pas tout à fait morte.
- Je ne sais pas comment elle fait, on l’a poignardée en plein cœur. Bon, les gars, c’est ma dernière potion, alors déconnez plus, hein. »
Le mystérieux fluide magique eut l’effet escompté, et quelques instants plus tard, tant la princesse que Toudot avaient repris des forces, bien qu’ils fussent l’un et l’autre bien flageolants.
« Ah, vous revoici. Son altesse verra-t-elle un inconvénient à ce qu’on s’enfuie ? »
Elle fit non de la tête, visiblement apeurée. Sans doute le fait de se faire occire par l’ignoble Riton des Mauxfaits pour la gloire de sa secte fanatique avait-il quelque peu douché son zèle pour le parløj.
« Bien, en route.
- Eh mais, remarqua Dizuiteurtrente, vous n’avez pas l’impression que la musique a changé ?
- Ah oui, celle-ci est beaucoup plus enlevée.
- Je crains que ce ne soit « Battle of the mound », toujours de Basil Poledouris.
- Et alors ?
- Je me demande si on n’aurait pas été repérés.
- Merde. »

Trois sectateurs armés jusqu’aux dents sautèrent dans le puits et se jetèrent sur nos héros fatigués en poussant des hurlements de bête enragée, ce qui confirma le soupçon du stagiaire. Vertu, qui était la plus proche, en sécha un par pur réflexe, Ange et Corbin parvinrent à retenir les deux autres suffisamment longtemps pour que la Guêpe Ecarlate eut le temps de tirer deux autres flèches, tout aussi mortelles. Deux autres fanatiques guère plus pragmatiques descendirent aussitôt à la suite de leurs collègues, et recommencèrent le même cirque.
« Malédiction, fit Corbin avec emphase et un certain sens de la platitude, nous sommes faits comme des rats !
- Il y a une autre sortie, par là-bas !
- Quoi, cet égout ?
- Cours-y et rampe au lieu de discourir niaisement, je vous couvre. Regarde, le stagiaire a déjà trouvé le chemin. »
Effectivement, Dizuiteurtrente jouissait d’évidentes dispositions pour la fuite, et en avait fait une nouvelle fois la démonstration en rampant dans l’étroit boyau tel un hamster. Le docteur fit montre d’une vitalité remarquable pour un homme de son âge en lui emboîtant le pas, suivi de la princesse et d’Ange, qui était ravi de la situation, puis vint Corbin. Pendant tout ce temps, l’arc mortel de Vertu vibra vingt fois, faisant mordre la poussière à autant de ces tristes parløphones qui, au bout d’un moment, furent quand même pris d’une bien légitime circonspection dans leur assaut, en se massant à l’autre extrémité de la pièce, un peu intimidés tout de même par l’amoncellement des cadavres. Comme de bien entendu, aucun de ces nigauds n’avait eu l’idée pourtant simple de se munir d’une quelconque arme de jet (mais pouvait-on attendre une quelconque once de réflexion de la part de parløphones, engeance par atavisme rétive à toute pensée cohérente ?)
Vertu avait pour sa part reculé jusqu’à l’égout, et s’apprêtait à s’y faufiler lorsque son attention fut attirée par quelque chose qui lui tiraillait le pantalon. C’était encore cette foutue gamine qui désignait un objet métallique pendu à un clou, juste au-dessus de l’entrée du trou. Une grande clé de cuivre, hors de la portée de l’enfant.
« Quoi ? Tu veux ça ? Allez, tiens, prends-le et file. »
Elle empocha son trésor et ne se le fit pas dire deux fois. Vertu attendit encore quelques secondes que le boyau fut vide sur une longueur suffisante, tua distraitement deux autres abrutis qui s’étaient trop avancés à son goût – encouragés en cela par leur maître Riton qui avait fini par descendre lui-même – puis elle se coula dans la canalisation avec habileté, supposant avec raison qu’elle serait plus rapide à cet exercice qu’aucun de ses poursuivants.

Elle finit par déboucher à l’air libre sur un promontoire de modeste superficie, où l’attendaient tous ses compagnons. La fraîcheur incisive de l’air nocturne lui fit le plus grand bien. En revanche, l’inactivité de ses amis l’inquiéta.
« Eh bien, qu’attendez-vous, fuyez !
- Mais où ? S’emporta Ange. Nous sommes coincés, regarde ! Il fait nuit noire, et nous voici au bord d’un gouffre dont on ne voit pas le fond !
- Tsss... Fit-elle d’un air navré. Crois-tu qu’on vive éternellement ? »
Et devant ses camarades médusés par tant d’audace, elle prit son élan et sauta dans le trou d’obscurité qui s’ouvrait sous ses pas. Elle sombra alors dans les eaux noires du lac, plantée telle un couteau dans la neige fraîche.
Notez que le courage de Vertu était tout relatif, elle avait en effet étudié la topographie des lieux, conservé son sens de l’orientation, et évalué au final que vu la profondeur du puits, la surface du plan d’eau ne devait pas se trouver à plus d’une ou deux hauteurs d’homme sous ses pas. Néanmoins, sa hardiesse impressionna grandement ses compagnons, qui rassurés, l’imitèrent aussitôt à grands renforts de cris de bataille et autres viriles forfanteries.

Tremblant de fureur, Riton se présenta à son tour sur le promontoire, après que deux de ses hommes portant torche lui eurent ouvert le passage. Il avisa les eaux ténébreuses à la surface desquelles, déjà, les remous de la fuite des iconoclastes se faisaient difficiles à suivre. On les devinait encore, de loin en loin, lorsque leur présence interférait avec le reflet de la pauvre lune que l’on avait cette nuit là. Alors le maître du parløj se calma, se redressa de toute sa superbe, et concoctant un mortel sortilège, déclara :
« Ils vont savoir pourquoi ils craignent la nuit, ils vont savoir pourquoi ils ont peur du noir ! »
Puis on entendit un « chtouc ».
Puis Riton bascula lentement, très lentement vers l’avant, et tomba dans l’eau tête la première, pour n’en plus jamais ressortir.

Conseil : si jamais vous êtes un jour dans la situation ci-dessus décrite, apprenez qu’il est déraisonnable de parier que Vertu est incapable d’atteindre une cible à trente mètres tout en nageant.
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