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On veut des ronds

Agoravox a besoin de vous ! Agoravox a besoin de sous ! Malgré le nombre toujours croissant de ses lecteurs, Agoravox peine à trouver l'équilibre financier, et requiert votre participation à sa continuation. Pourquoi ces difficultés ? Mais c'est la crise, ma pov'dame. Ces salauds d'publicitaires arrêtent de faire de la pub dans le site, du coup, couic, revenus en baisse. Oui, admettons. Mais d'un autre côté, est-ce qu'Agoravox n'a pas un peu commis le même pêché qu'il reproche à la presse traditionnelle ?

Car si on se penche sur les difficultés de la "vraie presse", il y a deux écoles de pensée. La première, la version officielle des vrais journalistes, c'est que c'est la culture de la gratuité sur internet qui fait du tort aux journaux. La vraie raison, c'est surtout le niveau dramatiquement bas de la presse payante, en particulier dans notre pays, ou sa connivence avec les pouvoirs de l'argent et de la politique est chaque jour cruellement mise en lumière. Honnêtement, si je veux être informé factuellement, internet ne manque pas de sources fiables, rapides et sans bavardage. Certes, il me manque l'analyse du "vrai journaliste", mais pour qui se souvient des éructations joffrino-julyennes à l'issue du référendum de 2005, on peut se demander si ça vaut vraiment la peine de payer pour l'éditorial bâclé et sot d'un âne qui n'a pas rencontré un vrai français depuis les années 70. En somme, si la presse payante se casse la gueule, c'est qu'elle ne vaut pas le prix qu'elle coûte.

Pour en revenir à Agoravox, je ne nie pas qu'un média participatif soit une bonne idée. Mais dans la pratique, ça donne quoi ? Un déversoir, un égout où se rencontre tous les monologues autosatisfaits de groupuscules suffisants aux prosélytismes importuns, les vociférations sans nuance, les analyses à sens unique indignes d'un devoir d'histoire-géo de troisième, les borborygmes séniles de zélotes décérébrés aux idéaux rances, les psalmodies marmonnées de sectes improbables oubliées de l'histoire, bref, la bauge immonde où chaque jour viennent chier complotistes du 11-septembre, anti-vaccins, malades des ondes du wi-fi, contraileux, ovnipèdes et autres variétés de farfelus. Pourtant, il y a aussi, chaque jour, des articles de qualité, qui vous apprennent des choses. Mais si vous êtes, mettons, un universitaire qui souhaite faire partager sa passion pour la Régence, vous écrivez un article érudit et bien composé, aussi intéressant que possible, vous le faites publier, et avec un peu de chance, le voilà qui sort. Vous récoltez trois pauvres commentaires. Le même jour, un article sur "le scandale Ruquier" (qui a mis en cause la compétence du professeur M. Kassowitz, titulaire de chaire de science des matériaux au CNRS, et de J.M. Bigard, Ingénieur en Chef chez Eiffage, dans leur brillante analyse des zones d'ombre entourant la mystérieuse tour 7 du WTC). 400 commentaires. Décourageant non ? Ça ne vous donnerait pas envie d'aller poster ailleurs ?

Et que dire de l'annonceur qui par mégarde trouvera son message mêlé à cette bouillie immonde ? Imaginez la gueule du dircom de Wall Street Institute lorsqu'il tombe sur sa publicité en haut d'un article très intéressant de Krokodilo sur la scandaleuse domination linguistique anglo-saxonne et l'opportunité de liquider tous les rosbifs dans des chambres à gaz ?

Bref, avant d'accuser la crise, la conjoncture, le mépris des média officiels qui mentent et le complot juif des Atlantes de Mû, il serait peut-être opportun que l'équipe d'Agoravox fasse un peu le ménage parmi ses contributeurs, liquide les clans de modérateurs qui se sont donné le droit de vie et de mort sur les articles et fasse un vrai travail de rédaction. Comme des professionnels, en somme.
Tags: news
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