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Futur 2000 - bureau du professeur Richards

L'autre jour j'ai revu le pilote d'une série britannique de qualité qui illumina bien des tristes dimanches après-midi pluvieuses : Cosmos 1999. Cette série mettant en scène Martin Landau, Barbara Bain (qui étaient mariés dans la vie, même qu'ils ont eu une fille qui a joué dans Buffy) et Barry Morse (à chaque fois je me figurais un mammifère marin à grandes dents, c'était rigolo), se déroulait dans un futur lointain, en 1999.

[Cosmos 1999]


En ces temps éloignés, les scénaristes avaient logiquement imaginé que les hommes étaient devenus plus sages avec le temps (ça se déroule dans un futur lointain, je rappelle) et avaient décidé d'enterrer leurs querelles nationales pour exploiter conjointement les merveilles de l'énergie nucléaire et explorer le cosmos. C'est ainsi que les trois cent et quelques colons de la base Alpha, sur la lune (qu'ils ont eu tout le temps de construire, car c'est dans un futur bien éloigné) ont principalement la charge de veiller sur les sites de stockage de déchets radioactifs, où l'humanité se débarrasse de toute éternité (ça se passe très loin dans le futur) de ses encombrants résidus de fission. Or, voici que ces dépôts de déchets explosent, faisant sortir de son orbite la lune toute entière, qui s'en va donc voguer vers l'infini, toujours occupée par les colons de la base Alpha. Pour les jeunes qui se demandent de quoi je parle, c'est plutôt sympa. C'est un peu le même principe que "Star Trek", avec son commandant Koenig écrasé de responsabilités, mais qui n'oublie pas de sauter le docteur Russel quand il en a l'occasion, ses extraterrestres baba-cool, ses redshirts qui périssent par douzaines à chaque épisode (un petit malin avait compté qu'en deux saisons, la base Alpha aurait logiquement dû être vidée de ses occupants), tout ça avec un gros satellite poussiéreux à la place de l'Enterprise.

[Les joyeux sauvageons]


Faisons un peu de prospective maintenant, et dans le monde réel, imaginons que nous sommes... allez, soyons fou, dix ans plus tard, en 2009. Bon, ben la réalité est un peu différente. Pour ce qui est de l'humanité qui unit ses efforts, on en est loin. Ou alors pour libéraliser les échanges, ou nous interdire d'avoir une bagnole, ça c'est sûr ils sont forts, mais pour ce qui est de coloniser la lune, y'a plus personne. L'énergie nucléaire a été quasi-abandonnée après l'accident de Tchernobyl, et on n'y revient que maintenant, vingt ans plus tard, mais sans le dire trop fort parce que sinon on risque de réveiller les terribles écologistes (bouh!). Et pour l'espace...

[♥une♥petite♥asiat♥aux♥cheveux♥courts♥]


Bon, c'est sûr, c'est difficile de faire de la prospective. Surtout quand on est marionnettiste à la BBC. Mais puisque j'ai quelques vacillantes lumières sur la science astronautique, je vais tenter de vous faire une petite prédiction sur la suite du grand effort de l'humanité pour s'affranchir des limites de notre monde.

[Bain + Landau]


  1. Alors d'abord, les navettes vont filer au musée l'an prochain, ça c'est sûr.
  2. Ensuite, les Américains vont poursuivre le développement de leur système Arès, qui va prendre du retard. Il en faudra pas compter sur un vol habité avant 2018.
  3. Entre-temps, l'ISS à peine achevée va se retrouver confrontée à un problème : il n'y a pas de vaisseau pour la desservir, à part l'antique Soyouz, qui emporte trois cosmonautes et quelques dizaines de kilos de matériel. L'ISS a six places, et nécessite des tonnes de ravitaillement chaque année...
  4. Donc, on va doucement abandonner l'ISS à son triste sort, mettons vers 2016. Ça tombe bien, on a besoin d'argent pour aller sur la lune, construire la base Armstrong ! Mais oui, c'est le marchepied idéal pour aller sur mars !
  5. Vers 2025, on s'aperçoit que mars est bien loin, et que les budgets sont bien serrés.
  6. Vers 2030, abandon du projet de base Armstrong, auquel de toute façon, plus personne ne croyait.
  7. Vers 2040, le dernier vol habité de l'humanité (probablement un Soyouz).
  8. Vers 2050, date prévisible de mon décès - mais si le dieu du Cancer ou celui des plaquettes de frein m'est favorable, il m'épargnera d'assister à quelques-unes des navrantes péripéties ci-dessus.


[Crash Eagle]
Tags: science
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