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Ralala ma bonne dame...

1945

A la fin de la seconde guerre mondiale, les cieux Allemands étaient quotidiennement survolés par d'imposantes formations de bombardiers ayant mission de réduire en cendres les villes l'Allemagne. Poussés par le désespoir, les responsables de la Luftwaffe, alors largement surclassée en terme de supériorité aérienne, mirent au point une technique voisine de celle des Japonais : l'attaque suicide. Il s'agissait, pour les pilotes de Goering, d'aborder les bombardiers ennemis à grande vitesse pour les endommager, de préférence à l'endroit le plus faible du fuselage, derrière l'emplanture des ailes (ça peut théoriquement couper un avion en deux). Officiellement, ce n'était pas véritablement des missions kamikaze : le pilote était sensé avoir une chance de s'en tirer en sautant juste avant l'impact.

Une unité fut spécialement montée pour l'occasion au sein de la Jagdgeschwader 300. Lors d'une sortie, l'un des pilotes, pris à parti à haute altitude par cinq P-51, fut touché au bras et plongea pour se dégager. Ce faisant, il eut la surprise de trouver en dessous de lui uune formation de B-17 que, à tout prendre, il décida d'aborder. Arrivant à grande vitesse par l'arrière, il encastra son BF-109 dans la queue de la forteresse volante. Après quoi il eut la chance de pouvoir sortir de son avion et d'ouvrir son parachute, ce qui lui permit de vivre assez vieux pour raconter ses exploits à ses petits-enfants. Ce succès fut toutefois un des rares cas d'abordage couronné de succès, et il était, de toute façon, trop tard pour inverser le cours de la guerre.

Mais le plus étonnant dans cette histoire, c'est que le B-17 a continué à voler. Il avait pourtant perdu ses gouvernes de profondeur et de lacet, et perdait des bouts de dérive (en plus, il avait une aile de BF-109 plantée en travers). Craignant de partir en vrille s'il utilisait les ailerons, le pilote joua sur la puissance des moteurs pour faire de larges virages à plat et ramener son appareil jusqu'à un aérodrome, sauvant ainsi son équipage.

-oOo-


1985

En ce 12 août, il fait beau au-dessus de Tokyo pour le décollage du vol 123. L'appareil, un boeing 747 vieux de 11 ans, est exploité sur la ligne intérieure Tokyo-Osaka. Il roule sur la piste, décolle, s'élève gracieusement dans les cieux et monte, monte, monte jusqu'à son altitude de croisière... où une violente explosion se fait entendre. Aussitôt, la cabine se dépressurise. Le pilote a beau s'acharner sur le manche et le palonnier, il a perdu toute influence sur les commandes de vol. Et pour cause !

A l'arrière de l'avion se trouve une grande pièce en forme de dôme appelée "régulateur de pression", qui ferme le fuselage contenant les passagers (l'arrière de la queue, conique, n'est pas pressurisé). C'est cette pièce qui vient de céder. L'air, en s'échappant, a endommagé les structures situées dans la queue, en particulier le système hydraulique qui actionne les gouvernes.

A ce stade, le 747 est dans la même situation que le B-17 de 1945. Mais ça ne se termine pas aussi bien. Après une heure à essayer de contrôler l'avion à l'aide de la manette des gaz, les pilotes ne peuvent empêcher l'appareil de heurter une montagne près du Fuji. Il y aura 520 morts et 4 survivants. Des essais menés ultérieurement en simulateur montreront qu'aucun équipage n'aurait pu faire beaucoup mieux.

-oOo-


Comment se fait-il que les avions d'il y a 60 ans pouvaient ramener leurs passagers à bon port après de tels dégâts, tandis que les avions "modernes" - issus du même constructeur - ne le peuvent ?

Décidément, le progrès, c'était mieux avant.
Tags: belles histoires
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