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La catin de Baentcher II - Chapitre 15

Chapitre 15. La halte



Par rapport à la tour, le lac était situé à l’exact opposé du bois où ils avaient laissé leur carriole. Donc, une fois arrivés sur la rive, ils durent décrire une large courbe de contournement parmi les collines broussailleuses et les traîtres cailloux, transis de froid dans leurs vêtements trempés – car même au printemps, le vent nocturne est frais dans la région. La manœuvre était tactiquement hasardeuse, toutefois ils ne furent pas rejoints par les parløphones, d’une part parce que ceux-ci avaient perdu leur chef, et d’autre part parce que, comme je l’ai déjà signalé, cette secte comptait principalement parmi ses membres des veuves aisées entre deux âges, des professeurs bedonnants et autres variétés d’oisifs sédentaires qui avaient en commun d’avoir du temps à perdre et guère de goût pour l’exercice physique.
Il faisait encore nuit noire lorsqu’ils retrouvèrent leur âne et leur matériel, et toujours sans allumer le moindre feu, se mirent en route immédiatement pour Baentcher. Ils progressèrent à bonne allure jusqu’à l’aurore, puis, dès que le paysage fut lisible, ils obliquèrent vers un pré à moutons ceinturé d’un muret de pierres disjointes, juché sur une éminence, en lisière d’un bosquet. Un abri de berger faisait une tanière tout à fait acceptable, ils établirent un feu dans le foyer, et tandis entamèrent l’examen de la situation.
« Bien, alors c’est sûr qu’on n’en écrira jamais des chansons ni ne nous élèvera des statues, c’était un donjon un peu freestyle, mais dans l’ensemble, on s’en est bien tirés, c’est l’essentiel. Dizuiteurtrente !
- Oui, dame Vertu ?
- Dans cette affaire, tu t’es comporté honorablement, tu as combattu avec courage et astuce, et porté un coup décisif à cet affreux serpent. Je te félicite pour ton sang-froid et ton esprit d’à-propos, et je compte recommander ta titularisation auprès du Sénéchal.
- Cette nouvelle me remplit d’une exultation sans nom, dame Vertu, et croyez que j’en apprécie le prix à sa juste valeur.
- J’ai toutefois quelques réserves à exprimer quant à ton aptitude au combat. J’ai noté diverses maladresses, rien de dramatique, mais il faudra que tu t’entraînes. Tous les problèmes ne se résolvent pas avec des ruses et des beaux discours, des fois, il faut manier la dague.
- Je suis conscient de mes lacunes, madame. Mais puisque vous-même avez en ces matières quelques lumières de plus que moi, pourrais-je suggérer que vous me prodiguiez d’utiles leçons ? Je ne pense pas pouvoir trouver meilleur maître que vous.
- Ma science a ses limites, mais si le cœur t’en dit, je pourrais effectivement te faire profiter de quelques tours que j’ai appris. En tout cas, bienvenue parmi nous.
- Il lui faut un surnom, maintenant qu’il est des nôtres, dit Ange avec gravité.
- C’est exact. Vous avez des suggestions ?
- J’avais pensé à « l’Apôtre de la Mort », suggéra l’intéressé avant d’être interrompu par Ange.
- Silence, jeune coq, reste à la place qui est la tienne. Ce n’est pas à toi de choisir un surnom, c’est aux compagnons qui t’accueillent parmi eux.
- Ah, pardon.
- Je suggère donc : « Broute-menu », car tu n’es pas bien grand.
- J’ai toujours eu envie d’appeler quelqu’un « Croche-couilles », rêvassa Corbin. Pourquoi pas Croche-couilles ?
- Ou bien « Dix pouces », parce qu’il n’est quand même pas très adroit.
- « Onze pouces » serait plus amusant !
- Ou bien « Souricette », rappela Vertu, en souvenir de la manière dont il a cavalé dans le théâtre en couinant sous les fauteuils !
- Euh...
- Et qu’est-ce que vous pensez de « le Petit Pédestre » ?
- Ou bien « Totor l’anguille » ?
- « El Barto ».
- « Blondin » ? Hasarda la princesse. « Bebert le Herisson » ? « la Scoumoune » ?
- Pas mal, pas mal. Attendez, j’en ai un autre : « Zgegman » !
- Hum... sans vous offenser, je préfèrerai porter un surnom plus...
- Plus ?
- Enfin moins... typique. Vous voyez, du genre « le Prince du Crime », ou « le Roi de la Cambriole », ou « le Marquis de l’Entourloupe »...
- C'est-à-dire que c’est plus ou moins la tradition de la Guilde de donner des surnoms grotesques. Dans ton cas c’est pas facile vu que tu n’a pas de particularité physique du genre « Trois doigts » ou « Zyeux en biais » ou « la Vérole », alors on se creuse un peu la cervelle. Mais si c’est vraiment ça que tu veux, on peut te donner un surnom qui claque. Tiens, pourquoi pas « le Roi » ?
- Ah, ben voilà, bonne idée.
- Allez, disons Dizuiteurtrente « le Roi » Percemouche. Maintenant, faut assumer derrière.
- Promis. »

Ces formalités accomplies, on passa au partage du butin, partage théorique puisque nul fourgue ne battait la campagne. Là encore, Vertu parla.
« J’ai calculé les parts en chemin, et voici le résultat. Déduction faite du tarif fixe promis au docteur, le plus simple est de se figurer que le trésor est fragmenté en soixante-trois parts égales. Monsieur « le Roi » étant en apprentissage au moment du donjon, il n’a droit qu’à neuf part, les trois autres compagnons, à savoir moi-même, monsieur « le Chien » et monsieur « Bébé », ayant dix-huit parts brutes chacun. Appliquons la règle du tiers, vous trois me devez respectivement, trois parts pour « le Roi », six parts pour les deux autres, il vous reste donc soit six, soit douze parts nettes. J’ai par devers moi dix-huit parts brutes, plus quinze parts de réversion, trente-trois parts. J’en dois le tiers à mon supérieur, soient onze, il m’en reste vingt-deux. Pour fixer les idées, si comme je le crois, nous parvenons à obtenir quatre-mille askenis de ces gemmes et joyaux, cela fait dans les soixante askenis la part. Le partage vous semble-t-il équitable ? »
Dizuiteurtrente allait protester comme quoi il en avait fait autant que les autres, mais un rapide calcul mental lui apprit que ses six parts, fois soixante, représentaient le salaire d’une année pour un fonctionnaire bien payé, non-imposable, ce qui l’incita à la rêverie et à la mutité.
« Et moi dans tout ça ? S’insurgea la princesse, qui avait trouvé à se couvrir d’une chemise d’ouvrier agricole dérobée sur un épouvantail, et heureusement pour sa pudeur, bien trop longue. Comment se fait-il que je n’aie droit à rien ?
- Vous n’avez droit à rien, votre altesse, pour la simple raison que vous n’avez pas rang de compagnon dans cette aventure, mais que vous êtes, en quelque sorte, une partie du butin. Ce serait sans exemple que le butin touche une part du butin.
- Butin ? »
Elle s’empourpra, et certainement pas par timidité. Mais Vertu ne lui laissa pas le temps de se mettre en colère.
« Sinon, Toudot a récupéré sa princesse, je crois que là-dessus on est quittes.
- Tout à fait, et j’en profiterai d’ailleurs pour vous remercier de votre concours.
- Hélà, une minute, fit la princesse, c’est quoi cette histoire ?
- C’est ce que j’essayais de vous expliquer. Ce n’est pas par hasard que nous vous avons tirée de ce faux pas, ce charmant jeune homme ici présent, qui ne fait pas partie de notre guilde de vol… de joyeux aventuriers, a joint ses forces aux nôtres dans le but de vous délivrer, stipendié qu’il est par monsieur votre royal père. Ce qui explique qu’il ne touche pas sa part du butin, puisqu’il sera rétribué ultérieurement.
- Ah d’accord, je comprends. Alors si j’avais été Mauricette-la-Roture, fille de ferme, vous m’auriez laissée me faire poignarder par cette secte de cinglés sans réagir ?
- C’est assez vraisemblable. Voyez qu’il y a des avantages à la noblesse.
- Et s’il me déplait, à moi, que vous me rameniez à mon père ?
- Je suppose que monsieur Toudot se fera une joie de vous traîner par la peau des miches jusqu’au riant castel de papa.
- J’aimerais bien voir ça.
- Eh bien vous allez le voir, menaça Toudot avec lassitude.
- C’est toujours la même chose avec les princesses, réfléchit Vertu à haute voix. Elles se tirent de chez elles parce qu’elles s’ennuient chez papa-maman, elles fréquentent des personnes de mauvaise compagnie, se mettent dans des situations impossibles, survient un blanc paladin qui les sauve, et elles sont toujours pas contentes. Ah je vous jure, triste engeance…
- Eh, dis-donc, la morue, pour qui tu me prends ? Tu crois que je me suis engagée chez les parløj pour le plaisir d’apprendre cet affreux bichlamar et de me faire une foulure à la langue ? Je suis la princesse Quenessy de Nordcuncumberland, je ne suis pas n’importe quelle cruche. Non mais est-ce que j’ai l’air blonde ? »

Le fait est qu’elle était aussi brune que Vertu. Il convient ici que j’interrompe mon récit pour vous décrire succinctement la princesse Quenessy, ce qui indiquera d’ailleurs aux plus perspicaces d’entre-vous que ce personnage aura quelque importance dans la suite de l’action. Evanescent papillon, douce libellule, enfant innocente et effacée n’étaient certes pas les qualificatifs qu’on lui accolait d’ordinaire. Le royaume du Nordcuncumberland n’avait pas l’habitude d’enfanter des princes avortons, et si la princesse était de petite taille, sa largeur d’épaule indiquait qu’elle avait passé plus de temps à chevaucher dans les bois, le faucon au poing, qu’à s’éventer la figure dans des bals mondains. Toute la compagnie l’ayant vue dans la tenue de sa naissance, ils avaient pu apprécier la tonicité de ses cuisses, la définition de ses abdominaux une l’absence de graisse corporelle qui ne devait rien à la famine. Bref, bien qu’elle fut de figure relativement avenante, on l’imaginait mal coiffée d’un hennin, soupirant du haut de sa tour en songeant à quelque bellâtre hippophile.

« Oh, toutes mes excuses les plus plates, madame la royale cruche. Comment plait-il à Son Amphorie que je la serve ?
- Les moqueries des gens du commun ne m’atteignent pas, madame. Ah, nigauds que vous êtes tous. Non, je ne suis pas du genre à me faire embringuer parmi tous ces cinglés. Je ne sais pas ce que mon père vous a raconté, mais il a sans doute dû omettre de mentionner que je suis, outre une princesse, une puissante sorcière.
- Ah bon ?
- Le roi Iskor m’en a en effet touché deux mots, se souvint Toudot. Pour être exact, il a mentionné vaguement le fait qu’elle connaissait « un ou deux tours », pas qu’elle était puissante.
- Le roi Iskor ne connaît rien à la magie. Il n’a jamais rien compris, c’est un vieil imbécile. Pour lui, il n’y a rien en dehors de son petit royaume, de ses petites terres, de ses bouseux et des quelques fils de fermiers enrichis qu’il appelle ses « chevaliers ».
- Bon, admettons, on ne va pas polémiquer. Mais qu’est-ce que vous faisiez dans cette secte, alors ?
- Mes recherches m’avaient mis sur la piste d’une puissante relique, qui m’apporterait gloire et richesse. Pour ce faire, j’avais besoin d’infiltrer les sectateurs du parløj, d’où mon adhésion de façade à leur cause.
- Mais ils ont découvert vos intentions.
- Pas du tout. Il se trouve simplement que ce répugnant Riton des Mauxfaits, qu’il rôtisse en enfer, ce chien, Riton donc m’avait proposé d’accéder à « l’illumination par l’ascension spirituelle ». Je pensais que c’était une épreuve quelconque qui me permettrait d’accroître mon influence dans la secte, ou bien qu’il avait l’intention de me sauter. J’ignorais qu’il allait me droguer et me poignarder avant de me jeter à son serpent.
- Non mais vous croyez qu’il leur arrive quoi aux princesses, dans les sectes maléfiques ?
- Je n’en sais rien, c’était la première que je fréquentais.
- Vous dites qu’il y avait une puissante relique dans la tour ?
- Non, je n’ai jamais dit de tel... »
Ce n’est qu’à cet instant que Quenessy se rendit compte qu’elle avait peut-être un peu trop ouvert sa gueule. Elle avait prononcé les mots magiques : « puissante relique », et vu l’attention qu’elle lisait dans les yeux de ses compagnons, il était peu probable que les aventuriers ne missent fin à la conversation avant qu’elle n’eut été plus explicite. Car il est certaines expressions qui font sur certaines catégories de personnes le même effet qu’imiter la nage du phoque blessé à proximité d’un troupeau de requins affamés.
« Bon, accouche, il y avait une relique, oui ou non ?
- Non. La relique dont je parle est simplement enfermée dans un lieu, et pour la libérer, il faut trois clés. L’une de ces clés est dans la tour, je ne sais où.
- Et donc, poursuivit Vertu en jetant un œil aussi discret que possible à la petite fille qui dormait en boule dans un coin, donc, vous espériez mettre la main dessus, seule et sans expérience.
- Je pensais que mes talents magiques me suffiraient. Hélas, il n’en a rien été.
- Il faut un peu de métier pour ce genre d’entreprise.
- C’est ce que j’ai vu.
- Et si possible des compagnons.
- Probablement, mais vous en connaissez, vous, des av... Ouh, attends, je vous vois venir là ! Vous voulez me suivre dans ma quête, c’est ça ?
- Ça se pourrait. Ça pose un problème ?
- Oui, fit Toudot, à moi. J’ai sauvé la dame une fois, j’ai fait mon boulot, j’ai une belle bourse d’or qui m’attend au Nordcuncumberland, alors le plan, c’est que je ramène Sa Majesté chez son père, et puis c’est marre. Si après elle veut encore faire le mur, c’est son problème, mais...
- Allons, allons, on peut toujours discuter, ça ne coûte rien. Donc, chère princesse Quenessy, si d’aventure nous trouvions un terrain d’entente, vous déplairait-il de jouir de notre compagnie ? Car il est clair que seule, vous ne parviendrez qu’à vous faire occire. Nous sommes expérimentés, comme vous l’avez pu constater, et nous jouissons d’une certaine bonne fortune ainsi que de confortables moyens.
- C’est que l’artefact dont je vous parle n’est pas vraiment sécable. C’est une arme.
- Ah oui ? Et de quoi s’agit-il exactement ?
- Eh bien voici, puisqu’on parle en toute franchise. Tenez-vous bien, c’est du sérieux. Avez-vous entendu parler d’Avogadro ? »
Les compagnons de Vertu se regardèrent. Les lèvres se crispèrent. Les yeux roulèrent dans leurs orbites. Le rouge monta aux joues de certains, lesquelles joues s’arrondirent.
Puis ils partirent tous franchement d’un fou-rire d’autant plus inextinguible qu’il venait après une rude journée riche en tension nerveuse.
« Qu’est-ce qui vous fait rire ?
- Avogadro ? Tu cherches Avogadro ?
- Exactement. Et il n’y a rien de drôle.
- Waaah ah ah ! »
Après un nouvel intermède, Vertu sécha ses larmes et tenta de reprendre, entre deux hoquets.
« Bien, donc vous cherchez Avogadro.
- Noble quête ! Fit Toudot, hilare, déclenchant à nouveau de rire.
- Non, sérieux. Bien, la quête d’Avogadro. La fameuse épée magique, hein, c’est ça.
- C’est ça.
- Celle des légendes.
- Celle des légendes.
- Enfin, je devrais surtout dire, celle des contes pour enfants. Non mais franchement, je ne sais pas ce qu’on raconte aux marmots dans le Nordcuncumberland, mais par chez nous, on leur lit l’histoire fabuleuse de Max Mac Ratichon l’héroïque marchand de haricots et de son épée Avogadro, grâce à laquelle il combat le Fenouil Géant.
- J’ai une histoire du même tonneau dans mon pays, renchérit Toudot. On dit aux gosses que le monde est un énorme gâteau à la crème et qu’Avogadro, c’est le nom de l’épée qui a servi à le couper en parts, qui sont devenues les continents. Et dans le Thessol, les indigènes ont encore des fadaises de la même veine. Avec le Baobab Sacré de la déesse Porc-Epic.
- Hegan, viens-moi en aide, implora la princesse. Mais que vous êtes sots, mais sots... »
Elle se renfrogna, comme si elle cherchait un moyen de faire passer un concept compliqué à un auditoire de crétins. Puis elle eut une illumination.
« Vous connaissez la formule magique « abracadabra » ?
- Evidemment.
- Elle sert à quoi ?
- A faire apparaître les lapins dans les chapeaux. C’est ce que disent les illusionnistes quand ils font leur numéro.
- Est-ce une véritable formule magique ?
- Bien sûr que non.
- Je pensais comme vous avant de me lancer dans l’étude de la magie. Et puis un jour, au détour d’un bouquin, j’ai découvert un fait surprenant : abracadabra, c’est pas du bidon, c’est une formule tout à fait sérieuse.
- Oh ? Tu nous fais marcher ?
- Demande à n’importe quel imbécile qui a fait des études mystiques, il te le dira. Abracadabra est la forme vulgaire, à peine altérée, de l’expression Avra Kedabra qui, en langue desmotique, signifie « je crée par la parole », ou quelque chose dans le genre. C’est une puissante formule, si populaire parmi les magiciens qu’elle est passée dans le domaine courant, et qu’elle est maintenant employée par les profanes et les charlatans qui ignorent tout de son sens et de sa portée.
- Intéressant. C’est bon à savoir. Et le rapport avec Avogadro, c’est...
- C’est que c’est très exactement la même chose. Avogadro est, pour la plupart des gens, un sujet de plaisanterie, une poudre de perlimpinpin, un agréable souvenir d’enfance. Mais à la base de ces contes innocents, il y a eu une réalité bien tangible, et qui n’avait rien d’innocente, celle-là. Une arme réelle, une épée d’une grande puissance. Vous comprenez, maintenant ? C’est ça que je cherche.
- Attends une minute, tu es en train de nous dire qu’Avogadro existe bel et bien, quelque part, et que si on trouve juste deux clés, on pourra mettre la main dessus ?
- Trois clés. C’est exactement ça.
- Deux clés, on a récupéré celle de la tour.
- Hein ?
- Non mais c’est impossible, c’est trop gros. Tu te rends compte de ce que tu nous dis ? Tu te rends compte de ce que tu nous demandes de croire ?
- Les recherches que j’ai effectuées sont formelles, Avogadro, l’épée légendaire, existe bel et bien, et qui plus est, elle est dans la région.
- Bouffre ! J’aimerais bien te croire, mais c’est décidément un peu trop extravagant pour moi. J’en ai vu des choses surprenantes dans ma vie, mais ça...
- Je te comprends, voleuse, et je vais te dire franchement, tu as peut-être raison. Peut-être que je me suis monté la tête avec des sottises, à trop lire dans la bibliothèque du château. C’est possible. Mais tu m’as l’air de quelqu’un d’instruit et capable de raisonner. Alors dis-moi, si Avogadro n’est qu’un ingrédient d’une fable comique, comment se fait-il que ce nom, inchangé, inaltéré, soit connu depuis les rivages de Khneb jusqu’aux tribus du Thessol, à deux continents de là ? »

Et la remarque frappa Vertu avec la force d’un train de marchandises dévalant la Cordillère des Andes.
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