aspexplorer (aspexplorer) wrote,
aspexplorer
aspexplorer

Et ça nous gouverne...

[Une belle paire]

Vous imaginez Himmler et Goebbles qui viendraient débattre pour déterminer la cause de la mystérieuse disparition de la culture Yiddish en Europe centrale (sans doute due au réchauffement climatique) ?

Non ?

Passez le début du bla-bla (ils essaient de nous convaincre qu'ils ont tout compris, qu'ils avaient tout prévu et que le pire est devant nous, ce qui est une bonne nouvelle car par définition, Minc et Attali se trompent tout le temps) et allez direct à la deuxième moitié : on y apprend que ces salauds de banquiers ont causé la ruine de l'économie mondiale et c'est uniquement grâce à l'action des hommes politiques, au premier rang desquels Notre Président Nicolas Sarkozy, que le dollar vaut encore quelque chose, que nous ne sommes pas payés en kilo de rutabaga, que le chaos n'a pas envahi le monde et que Galactus n'a pas mangé la Terre. Ce discours n'a rien de neuf. Il a tellement été rabaché ces derniers mois que les salauds eud'banquiers s'étaient goinfrés de bonus indécents pendant qu'ils sabotaient l'économie que l'on a un peu oublié un fait pourtant signifiant : en fait, ils ne sont pas pour grand chose dans ce qui s'est passé (oui, je sais, je me quote moi-même). On a peine à voir en quoi ils ont tiré profit de la crise, et on discerne difficilement en quoi ils auraient pu faire autrement pour l'éviter.

Car pour résumer la situation qui prévalait alors, il y avait sur le marché beaucoup d'argent, car les taux d'intérêt étaient artificiellement bas. Les banquiers, les assureurs, les entreprises, les particuliers, tout le monde avait accès à d'énormes masses d'argent et souhaitait donc le placer. Or, un bon placement, c'est rare, voici pourquoi les investisseurs ont couru après des produits de plus en plus baroques, de plus en plus risqués, de moins en moins rentable, parce qu'enfin, on ne va tout de même pas laisser le liquide sur le compte à la banque. Comme tout le monde achetait n'importe quoi, n'importe quoi a commencé à monter, de sorte que si le rendement des investissements diminuait, c'était masqué par l'immensité des plus-values déjà faites par les petits malins qui avaient acheté plus tôt, ce qui incitait les nouveaux entrants à acheter à leur tour, et ainsi de suite. C'est ce qu'on appelle une bulle spéculative. La bulle a crevé, comme toutes les bulles depuis que le monde est monde, voilà toute l'histoire. Qu'auraient pu faire les banquiers pour l'éviter ? Arrêter de prêter de l'argent ? Arrêter de le placer ? Se reconvertir en loueurs de bagnoles ou en laveurs de carreaux ?

Il y a un axiome de la science économique, qui vaut ce qu'il vaut, et qui veut que les acteurs de l'économie, à tout moment, tentent de gagner le maximum d'argent compte-tenu de leur situation et des informations à leur connaissance. Un axiome dont, du reste, il me semble assez aisé de démontrer la fausseté, ce qui expliquerait que la science économique ne soit que de très loin une science, mais là n'est pas la question. Peut-on imaginer un banquier se comporter autrement qu'en faisant circuler de l'argent à son plus grand profit ? Bien sûr que non, et c'est là que réside l'hypocrisie de nos compères, qui savent très bien tout ça.

Parce que c'est qui, Minc et Attali ? L'un a passé sa vie à "conseiller" des chefs d'entreprise, c'est en gros un intermédiaire, dont le métier n'est guère différent de celui des mystérieux porteurs d'affaire faisant la liaison entre tel marchand d'arme mafieux et tel général Ougandais. S'il se faisait encore discret, comme tous ses congénères, il ne serait qu'un riche parasite parmi tant d'autres, mais ce mec a l'étrange passion d'ouvrir sa gueule sur tous les sujets. Et l'autre ? Brillant énarque, conseiller de Mitterrand, il dirige la BERD, chargée de financer la reconstruction de l'Europe de l'Est après la chute du communisme. C'est quoi, le "B" de BERD, déjà ? Oh, c'est pas vrai, Attali a dirigé une banque ?

Bref, ce débat entre deux personnes que rien n'oppose n'est qu'un dialogue d'outres pleines de vent, destiné à enfumer le débat et à dévier la colère populaire des seuls véritables responsables de la crise. Mais qui donc ? Revenons trois paragraphes plus haut, il y avait sur le marché beaucoup d'argent. Qui l'y avait mis ? Mais les politiques, voyons, en baissant les taux d'intérêt. Et pourquoi ? Ben, pour gagner les élections, cette idée ! Et pourquoi n'ont-ils pas empêché les banquiers de monter des produits financiers bidons ? Parce qu'ils n'étaient pas au courant ? Parce qu'ils n'ont rien vu venir ? Parce qu'ils n'ont pas reçu les mails de spam leur offrant du "free mortgage no revenue needed call now" ? LOL, qui va gober ça ? Evidemment, qu'ils étaient au courant des risques que prenaient les banquiers, et ils les ENCOURAGEAIENT, même ! Et nos amis Minc et Attali n'étaient d'ailleurs pas les derniers à leur emboîter le pas, hululant de conserve "Trichet, des souuuuuuus !" Vous vous souvenez peut-être d'un politicard qui, au printemps 2007, alors que déjà dans les chiffres de la FNAIM, on voyait la "baisse de la vitesse d'augmentation de la hausse de l'immobilier", nous vendait dans son programme les subprimes à la française.

Ce même gars, aujourd'hui, est évidemment en première ligne pour la régulation des banques et la chasse aux bonus.
Tags: bfg-9000, couilles en or
Subscribe
  • Post a new comment

    Error

    default userpic

    Your IP address will be recorded 

    When you submit the form an invisible reCAPTCHA check will be performed.
    You must follow the Privacy Policy and Google Terms of use.
  • 29 comments