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Il est pas près de rentrer chez lui

Eh oui, c'est bien triste, mais à l'heure où la NASA tire ses dernières navettes, c'en sera aussi bientôt fini des joyeux rovers martiens. No, nay, never ne roulera plus le petit Spirit dans les terres glacées du cratère Gusev, et s'il continuera à émettre péniblement ses données tous les matins, on comprend bien que c'est un peu terminé pour lui.



Il a pas eu de bol, Spirit. Déjà, c'est le premier qui est arrivé sur Mars. A l'ouverture des caméras, c'est un peu la déception. Au lieu des affleurements alluviaux que laissaient espérer les relevés satellitaires, c'est dans une plaine sableuse semée de cailloux qu'ont rebondi les airbags du bonhomme, un endroit qui ressemble en tous points à ce que les sondes Viking avaient déjà vu en long, en large et en travers. Enfin bref, on sort de l'atterrisseur, on fait quelques mètres histoire de voir que tout va bien, on grattouille un rocher, et pan, la panne ! L'ordinateur embarqué se met en vrille. En cause : un léger problème avec les mémoires flash qui causait le reboot permanent du robot. Après avoir "booté sur le bios" (ou l'équivalent) et flashé le système à distance, les ingénieurs reprennent le contrôle de l'engin... et corrigent préemptivement le bug qui aurait aussi affecté son jumeau Opportunity. Bref, y'a rien à voir dans le coin, allons voir plus loin si l'herbe est plus verte. Justement, sur le panorama, on voit les Columbia Hills (nommées ainsi en l'honneur de la navette perdue et de ses astronautes) qui semblent prometteuses. Juste le problème, c'est que c'est super loin. En chemin, Spirit ira visiter le cratère Bonneville, sans se risquer dedans. Il n'y a guère d'affleurement rocheux digne d'intérêt. On a alors dépassé les cent jours de mission, et les collines sont encore loin. Deux mois plus tard, toutefois, nous sommes à pied d'œuvre. L'animal va s'évertuer, dans les années qui suivent, à grimper tout en haut du massif, soit quand même 130 mètres de dénivelé, histoire de prendre des panoramas du cratère Gusev et de gratter quelques cailloux au passage. Spirit va ensuite passer l'hiver martien (qui dure un an terrestre) penché à flanc de colline, pour que ses panneaux solaires reçoivent un maximum de lumière. Une bonne surprise égaiera les ingénieurs de la NASA un beau jour où lesdits panneaux, fort poussiéreux, seront nettoyés par un petit tourbillon de vent martien et recouvreront la quasi-totalité de leur puissance nominale. Le petit robot reprendra alors ses activités, tentant de grimper la colline McCool, jusqu'à connaître des problèmes de roue avant. En fin de compte, la poussière accumulée sur les panneaux et les problèmes de roulette réduiront progressivement la mobilité du vaillant petit véhicule.



Arpentant Mars depuis janvier 2004, Spirit était prévu pour durer 90 jours. Il a bien mérité sa semi-retraite.
Tags: science
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