aspexplorer (aspexplorer) wrote,
aspexplorer
aspexplorer

Pourquoi il faut tuer les écologistes.

L'histoire universelle abonde en exemples de l'absurde férocité avec laquelle les classes possédantes défendent leurs privilèges. Marx a nommé ceci "lutte des classes", et si, anesthésiés par des décennies de propagande médiatico-politique, beaucoup d'entre nous ne le voient plus clairement, soyez assurés que ces possédants, eux, sont pleinement conscients des enjeux découlant du partage des richesses du monde. Cette férocité, je la dis absurde, car la prospérité générale, au final, finit aussi par bénéficier aux possédants, qui n'ont, en dernière analyse, aucun avantage à vivre dans un monde peuplé de miséreux n'ayant rien à perdre. Toutefois, il ne suffit pas au riche d'être riche ; encore faut-il en plus que les autres soient pauvres pour que son bonheur soit complet, voici pourquoi en définitive, tout système politique ne prévoyant aucun moyen coercitif pour redistribuer les richesses finit par détruire ces richesses et par s'effondrer.

Partant de ce constat, il faut avoir la conscience politique d'une courge pour acquiescer sans discuter à une idéologie revendiquant pour objectif, quelles qu'en soient par ailleurs les justifications, un appauvrissement planifié du plus grand nombre. L'écologie politique moderne n'a rien à voir avec la défense de l'environnement. Elle est l'alliance de trois courants qui n'avaient pourtant, à l'origine, aucune raison de se rencontrer, mais que des intérêts convergents ont fini par rapprocher.

Le premier de ces courants, c'est celui des technophobes. Il s'agit d'une école de pensée profondément conservatrice, qui ne s'est jamais totalement remise de l'invention de la roue et du feu, et qui considère en définitive que l'abandon de millénaires de progrès technique est la solution miracle à tous les problèmes du monde. Les technophobes sont nombreux dans la population générale, ou pour être plus précis, la technophobie est devenue petit à petit un mode de pensée dominant. Il semble que vivre dans des grottes vêtus de peaux de bêtes conduirait notre espèce à la sagesse et nos individus à l'accomplissement de soi. Les personnes ayant tenté l'expérience ont cependant noté que ce mode de vie conduit surtout à crever de froid et de faim, et n'ont de cesse de louer les vertus d'un bon bain chaud et d'un repas copieux servi sur une table et dans une assiette. Toujours est-il que les tenants du "c'était mieux avant" sévissent depuis que le monde est monde, et à mesure que les rigueurs des modes de vie traditionnels se perdent dans l'oubli du temps, ils se font de plus en plus nombreux à regretter l'époque où les rues de Paris étaient jonchées de crottin de cheval.

Le second courant est celui des humanophobes. Ces individus ont tendance à dénigrer l'espèce humaine, coupable par nature de toutes les turpitudes, tandis que l'Animal, lui, est paré de toutes les vertus. L'aboutissement de cette école de pensée est logiquement la suppression de l'espèce humaine (je leur suggèrerai du reste de commencer par eux-mêmes). Une opinion certes un peu extrême, mais qui trouve des échos dans les clameurs malthusiennes que l'on recommence à lire ici ou là, prônant le "contrôle de la population". Une version atténuée et plus répandue de cette idéologie est celle qui consiste à prêter à l'animal les mêmes droits qu'à l'homme, sous prétexte que c'est un "être sensible". Un des acquis de la civilisation occidentale est pourtant le fait que l'homme est une créature particulière, dont la vie est sacrée. C'est précisément pour marquer cette barrière symbolique qu'existent des coutumes telles que la corrida ou les abattages rituels : l'homme marque sa maîtrise de l'animal, et donc, se différencie de lui. Si l'on élève la vie animale au même degré de considération que la vie humaine, cela implique que la vie d'un homme ne vaut pas plus que celle d'un insecte ; voudriez-vous vivre dans un tel monde ? Les implications immédiates de cette mécanique intellectuelle ne semblent pourtant pas troubler outre mesure les anti-fourrure, les anti-corrida, ou les végétariens qui organisaient hier leur "journée mondiale pour l'interdiction de la viande".

Le troisième courant est celui des milieux d'affaires conservateurs, qui ont vite compris que les écologistes politiques modernes, contrairement à leurs ancêtres des années 70, n'avaient nullement l'intention de faire la révolution, de prôner l'amour libre et de collectiviser les moyens de production. Pour des raisons d'efficacité, ce n'est pas après les riches - peu nombreux - qu'ils en ont, mais après la masse des pauvres gens qui consomment chacun peu, mais qui sont si nombreux à le faire ! La collusion entre certaines franges des milieux d'affaires et l'écologie politique est mise en lumière par un certain nombre d'affaires récentes, comme la mise en cause du professeur Pachauri dans un conflit d'intérêt avec l'industriel Tata, ou le financement suivi de la promotion massive et suspecte des films d'Al Gore, Yann Arthus-Bertrand et Nicolas Hulot.

Voici pourquoi il découle de tout ceci que l'écologie, souvent classée à gauche pour des raisons historiques, est en fait devenue une idéologie réactionnaire visant à imposer la "loi naturelle" aux masses, et à accentuer les différences entre classes sociales. C'est donc fondamentalement un mouvement de droite, voire d'extrême-droite, dont les présupposés philosophiques ne me semblent pas beaucoup plus sains que ceux du national-socialisme (qui au moins, prônait dans sa théorie un développement matériel et moral des classes prolétariennes).
Tags: opinion
Subscribe
  • Post a new comment

    Error

    default userpic

    Your IP address will be recorded 

    When you submit the form an invisible reCAPTCHA check will be performed.
    You must follow the Privacy Policy and Google Terms of use.
  • 78 comments