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Suite du post d'hier

Ce qui est bien avec ce genre de post, c'est que ça me tient deux jours en fait. Donc pour mettre les choses au clair, voici en gros mon opinion sur cette affaire.

La triste vérité, c'est qu'il y a en France deux communautés religieuses qui se détestent, tant pour des raisons tenant à l'histoire de la France que pour des raisons extérieures à notre pays. La tension entre juifs et musulmans n'a cessé de croître ces vingt dernières années, seul un âne ou un journaliste le contesterait. Si on n'en est pas aux batailles rangées, ces rivalités dégénèrent parfois ponctuellement du fait de jeunes gens pas très malins, habituellement influencés par des gens un peu moins jeunes et pas vraiment plus malins. Il arrive qu'il y ai de blessés, voire des morts.

Vu que j'aime mon pays et que je n'ai d'animosité particulière ni envers les juifs, ni envers les musulmans (même si je trouve remarquablement débile de se battre parce qu'on n'a pas le même ami imaginaire), eh bien, cette situation me désole et m'inquiète. Maintenant, je vois deux moyens pour éviter que ça ne dégénère. Le premier consiste à bruyamment dénoncer le problème, à en faire tout un battage pour que chacun ai bien conscience de la situation, et finalement, comme nous sommes des adultes responsables, on trouvera bien une solution en ayant le courage d'affronter la réalité en face, en montant par exemple un genre de Grenelle. Le deuxième consiste à faire comme si de rien n'était, à se boucher yeux et oreilles, à se cacher la tête sous terre, à ne surtout pas en parler dans la presse et attendre en priant que ça se tasse, gagner du temps, quoi, en espérant que ça s'arrange.

A mon sens, la deuxième solution n'est pas nécessairement la moins bonne.

Maintenant, il semble à lire la presse que l'on ai adopté les deux solutions à la fois. Quand un juif est assassiné par des criminels de confession musulmane, c'est Auschwitz qui recommence, et nous ne pourrions pas dire "nous ne savions pas", et le ventre est encore fécond ceci-cela, et tout le gouvernement se déplace pour faire la bise à Mme Halimi mère. Quand un arabe se fait lyncher par six jeunes juifs probablement proches de l'extrême-droite betar-ldj, c'est "un vigile" qui est victime de "jeunes" au cours d'une affaire "confuse".

Notez que la justice continue à faire son petit bonhomme de chemin. Aux dernières nouvelles, quatre des six suspects sont encore en prison, on ne peut pas vraiment dire, comme Dieudonné, qu'il y ai une impunité de certains criminels. Du reste, y a-t-il eu crime ? L'enquête est encore en cours et, comme le veut l'usage, "faisons confiance à la police". Ce n'est pas la question. Ce qui m'interroge, c'est l'asymétrie du traitement médiatique. Car si la situation était inversée, nous savons tous à quel tintamarre barnumesque nous aurions eu droit. Que la presse évite de faire trop de bruit sur cette affaire, cela peut se comprendre, il faut éviter de mettre les banlieues à feu et à sang, oui mais... pourquoi dans le même temps faire tant de barouf autour de l'agression d'un jeune homme à Strasbourg, fait divers hélas sans grande originalité, si ce n'est que ledit badaud arborait une kippa ?

On comprend qu'entre l'interdiction de la burka (que personne ne porte en France), la nomination de l'ex-patron du RAID à la préfecture du 9-3 et de façon générale, la liquidation de tout le vernis beuriste de l'UMP en prévision de la branlée de 2012, le déploiement de la Leibstandarte dans les banlieues et les caméras qui fleurissent partout (mais ça c'est pour tout le monde), la communauté musulmane se sente en ce moment en état d'alerte. S'il s'y ajoute le sentiment qu'il y a en France deux poids et deux mesures et que justice n'est pas faite correctement, on va droit vers des ennuis autrement plus graves que quelques "émeutes". Or, la presse, par son silence dans certains cas, son emportement dans d'autres, alimente ce sentiment.

Je ne sais ni comment, ni pourquoi, ni qui a fait quoi et dans quel but, ou si seulement il y a un but. Ce que je sais, c'est que je suis né dans un pays prospère, tranquille et réputé pour son art de vivre. Aujourd'hui, je vis dans un pays au bord de la guerre civile, et ça m'emmerde parce que c'est le même.
Tags: opinion
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